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Artériopathie : Aie, j’ai mal aux jambes !

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Artériopathie : Aie, j’ai mal aux jambes !

L’artérite des membres inférieurs ou artériopathie périphérique est une atteinte des artères qui est dûe à la conséquence de l’oblitération progressive de la lumière destinée aux membres inférieurs. Elle est le témoin de la présence de l’athérosclérose chez un individu. Le Dr Taoufik Bouhamed, angiologue phlébologue et membre de la société tunisienne de médecine vasculaire, nous en parle.

par Imen Ben Abdelkader

L’artériopathie périphérique provoque de manière progressive l’occlusion des artères irriguant les membres inférieurs. Elle se traduit par une douleur à la jambe survenant pendant la marche et s’achevant moins de 10 minutes après l’arrêt de l’effort. La localisation de la douleur indique les artères atteintes par cette pathologie. Il s’agit d’une maladie grave qui peut entraîner des complications cardiaques et cérébrales.
Elle est en effet un signe d’apparition ultérieure de complications délétères, cardiaques ou vasculaires».

Ça me fait mal aux jambes !

Le plus souvent, l’artérite des membres inférieurs se traduit par une diminution du débit, donc un défaut d’oxygénation, ce qui entraîne des douleurs.

Cette situation est encore plus flagrante en cas d’effort, lorsque le débit sanguin a besoin d’être augmenté. «Les douleurs des membres inférieurs à la marche sont nommées claudication intermittente. A un stade plus avancé, les douleurs apparaissent également au repos, notamment la nuit. Et du fait d’un manque d’oxygénation, les tissus se dégradent et conduisent à des lésions cutanées.
En cas de caillot ou thrombose, le débit sanguin s’interrompt brutalement, provoquant une douleur très vive. Une extrémité ou un membre tout entier, tel qu’un pied ou un orteil, prend un aspect pâle et progressivement bleu et noir». Cette pathologie est facile à dépister. Une douleur à la jambe en marchant, après 50 ans, doit pouvoir vous alerter. D’ailleurs, les effets du vieillissement ont des répercutions importantes sur l’apparition de l’artériopathie périphérique qui peut aller jusqu’à la gangrène et l’amputation.
Une personne atteinte d’artériopathie périphérique risque 1 à 1,5 fois plus qu’un sujet indemne de développer un accident vasculaire cérébral mortel et 4 fois plus de développer un accident coronaire.
«L’artérite des membres inférieurs est dûe à 95% à l’athérosclérose. Tabac, diabète, hypertension artérielle, cholestérol, âge et hérédité sont les principaux facteurs de risque de cette affection».

Fluidifier le sang

Le traitement de l’artérite des membres inférieurs est d’abord médical. Il passe par la prévention et le traitement des facteurs de risque. Sont également prescrits des médicaments fluidifiant le sang, afin que celui-ci circule mieux à travers l’artère rétrécie. Ils sont appelés antiagrégants plaquettaires, car ils empêchent les plaquettes de former des caillots.

D’autres médicaments appelés vasodilatateurs permettent d’augmenter le calibre des artères.
Ainsi, la chirurgie permet de restaurer un calibre artériel suffisant. La première technique consiste à sectionner un nerf appelé nerf sympathique, qui est responsable de la contraction des muscles artériels, donc de la diminution du calibre. La seconde technique permet par l’intermédiaire de ballons gonflables introduits dans l’artère malade, de dilater celle-ci pour élargir le diamètre interne. Quant à la chirurgie classique, elle permet de remplacer l’artère malade par une prothèse synthétique ou naturelle, et ce, en prenant une veine.

Mais il vaut mieux se prémunir en suivant une hygiène de vie correcte, en évitant le tabagisme, en diminuant les graisses et le sel dans l’alimentation, et en exerçant une activité physique régulière.