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Les canons de la beauté à travers les siècles

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Les canons de la beauté à travers les siècles

Au fil du temps, les mentalités changent et, selon l’évolution de la mode et de l’époque, les idéaux et standards de beauté aussi. Au fil des siècles, ceux-ci se sont succédés ; des formes généreuses de l’Antiquité, aux mannequins androgynes du XXIème siècle. Les canons de la beauté ont bien évolué.

par Myriam Bennour Azooz

Qu’est-ce qu’un canon de beauté ?

Eh bien, c’est un idéal, une norme considérée comme belle à un moment et à un endroit donné. Canon voulant dire la règle, il désigne l’ensemble des critères de proportion des membres qui définissent la beauté à certaines époques.

Pourquoi change-t-il ?

La notion de beauté est avant tout culturelle. Elle dépend de notre culture, de la société dans laquelle on évolue. Ainsi, l’idéal de beauté peut aller jusqu’à la modification du corps ou même jusqu’à sa mutilation. On peut citer le pied de lotus en Chine jusqu’au  début du XXème siècle ou encore la femme girafe en Malaisie. Bref, ce qui est beau et recherché dans une société ne l’est pas forcément dans l’autre.

L’Egypte antique : tout est dans la féminité

Tout au long de la civilisation égyptienne, le modèle de la femme idéal est resté plus ou moins fidèle à une même représentation, il est donc resté relativement stable. Parmi les femmes célèbres pour leur beauté, on peut citer Ahmes-Nefertari, épouse d’Ahmes et mère d’Aménophis premier. Elle faisait l’objet d’un culte de la personnalité et d’un rite divin. Elle symbolise à elle seule le canon de beauté, représenté comme une beauté africaine élancée, mince et musclée, aux jambes longues et aux fesses rebondies, aux seins menus et à la taille large. Elle est souvent vêtue d’une robe de lin laissant paraître ses formes par transparence. La représentation du visage dans l’art obéit à des règles précises : la peau est peinte en ocre jaune pour illustrer le fait que la femme étant à la maison, est à l’abri du soleil. L’œil, souvent exagérément ouvert, est souligné d’un trait de khôl qui intensifie le regard. Enfin, la femme idéale égyptienne est éternellement jeune.

Leur astuce beauté : Pour hydrater leur peau, les femmes égyptiennes utilisaient de l’huile d’amande amère, de laitue, de cumin ou encore de lys.

L’Antiquité : la beauté grecque : un corps presque masculin

Pendant cette  période la beauté est fortement assimilée à la notion de bien, de piété, d’honneur ou de sacrifice. Cet idéal est alors incarné par un jeune homme, entre adolescence et âge adulte. Les femmes, quant à elles, sont drapées dans des tuniques laissant voir la forme de leur corps aussi athlétique que celui des hommes. En effet, à cette époque, la beauté réside dans l’harmonie du corps et non dans un quelconque artifice : seul l’exercice physique peut permettre d’obtenir le  corps musclé adéquat. 

Leur astuce beauté : Si l’idéal féminin était très naturel cela n’empêchait pas les femmes de se peindre les lèvres avec de la terre rouge, de s’appliquer du safran sur les paupières et du noir de fumée sur les cils et les sourcils.

Le Moyen Âge : interdiction du maquillage

Au Moyen Âge, le maquillage, sous prétexte qu’il travestit les créatures de Dieu est interdit par l’Eglise toute puissante. Une seule couleur est tolérée : le rouge de la pudeur. La Vierge Marie est alors généralement représentée comme une statue sans aucune féminité. Le teint très pâle est pour eux symbole de pureté, mais aussi de richesse et d’oisiveté. La blancheur de la peau est alors très recherchée. 
Les femmes du Moyen Âge avaient aussi pour habitude de s’épiler le front, une manière à conserver un visage aussi juvénile que possible et de mettre le regard en valeur. Généralement dissimulé sous des vêtements amples, le corps doit obéir à des canons très particuliers : la jeunesse, là encore, est mise en avant ; la femme doit être large d’épaules et avoir de petits seins écartés, une taille de guêpe, des hanches étroites et un ventre rebondi.

Leur astuce beauté : les femmes de l’époque s’appliquaient un mélange de chaux et de sulfure naturel d’arsenic sur le front pour l’épiler. Ensuite, pour empêcher la repousse, elles s’appliquaient du sang de chauve-souris ou de grenouille.

La Renaissance : vive la féminité

Pendant la Renaissance, le principal critère de beauté pour les femmes est le teint pâle. Elles utilisent le rouge pour les lèvres, cette couleur symbolise la pureté et la sensualité. Elles doivent aussi être assez en formes. Mais les aristocrates admirent autant les beautés froides de Raphaël que les rondeurs des femmes et  leur embonpoint, signes de richesse. Elles devaient aussi avoir une taille longue, de petites oreilles, de petits pieds, enfin le teint blanc et les joues rouges. Quant à La Vénus de Botticelli, elle a tout de la statue : une blancheur d’ivoire, sans le moindre poil ni bourrelet, elle est l’archétype de la beauté de marbre. Une divinité plus qu’une femme, au corps entièrement idéalisé. 

Leur astuce beauté : Pour obtenir un blond vénitien, les femmes de la Renaissance s’enduisaient la chevelure d’un mélange de safran et de citron, puis restaient au soleil la tête couverte d’un chapeau sans calotte, pour se protéger le visage.

Fin du  XIXème siècle : vive la santé

A la fin du XIXème siècle, un nouveau type de beauté est mis en avant : au cabaret ou dans des cadres plus intimes, des demi-mondaines dévoilent leurs formes sous un flot de jupons ou se montrent alors qu’elles font leur  toilette. La minceur devient bientôt synonyme de bonne santé. Le canon de beauté à l’honneur est une femme libérée et en bonne santé.

1920’s : les années de la garçonne

Dites aussi les Années Folles, cette période, connait la mode garçonne : cheveux coupés court ou au carré, légère et court vêtue, la nouvelle beauté est androgyne. 

Les fesses et le ventre doivent être aplatis, les seins petits et bien séparés tandis que les robes sans manches et arrêtées au genou doivent laisser voir des bras musclés et des jambes fines.

1950’s : la femme sensuelle

L’actrice hollywoodienne Marilyn Monroe incarne le canon de beauté de ces années à la perfection ; poitrine généreuse, lèvres pulpeuses, à la fois pure et sensuelle, volcanique et enfantine. 
Après la Seconde Guerre Mondiale, la minceur est devenue un signe de mauvaise santé. Les femmes commencent alors à préférer l’élégance et le chic symbolisés par des femmes pulpeuses.

1960’s : liberté !

Déjà, à cette époque, le cinéma contribuait pour beaucoup à la création de l’image idéale de la femme à travers les pays. Des modèles tels que Liz Taylor ou encore Sophia Loren inondent le grand écran. Dans les publicités, on fait la connaissance des pin-up : ces femmes sensuelles et maternelles, leur corps est celui de l’abondance et de la bonne santé. Le teint devient hâlé, synonyme d’une vie sportive et aérée.

1990’s : modèle oldschool

On retourne trente ans en arrière en privilégiant les petites silhouettes longilignes incarnées par le top Kate Moss et son corps de femme-enfant qui ne cesse aujourd’hui de fasciner.

Et aujourd’hui alors ?

Une décennie plus tard, l’idéal descend d’un cran pour se concentrer au niveau des fesses, scandaleusement incarné par Kim Kardashian et ses pairs. Les courbes sont de nouveau à l’ordre du jour, parfois même trop ! Qu’en sera-t-il dans quelques années ? Une chose est sûre, si cette perfection a beaucoup évolué, ébranlant la confiance de celles à qui elle tente de s’imposer, elle reste très subjective et surtout ne saura surpasser la Nature.

Soyez vous-même, telle que vous êtes et ça sera parfait !