Tourist or not tourist ?!?

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Tourisme à Monastir, Tunisie
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Décidément, il se passe des trucs de plus en plus mystérieux sous nos cieux ensoleillés par un doux soleil d’avril entrecoupé d’averses fines (je fais aussi madame Météo à mes heures perdues)…
La schizophrénie est à son comble.
 

Un psy est demandé au chevet de ma Tunisie et je ne suis qu’à moitié ironique.

D’un côté, on se déhanche, on se démène, on se tortille, on gémit, on espère, on aboie, on est aux abois, on discute, on brainstorm, on drague à mort Sieur Touriste le suppliant de revenir en Tunisie, y étaler en all inclusive ses flasques quadriceps sur nos transats, s’y délecter à gogo de bière dégueulasse et tiédasse ou de boissons colorées coulant à flots, d’y refaire ses lolos, son pif ou de faire disparaître sa graisse (ça nous changera des déchets nucléaires), d’y couler ses vieux jours en dinars (quelques superbes maisons de retraites de luxe viennent d’ouvrir leurs portes), de s’y faire masser, chouchouter, dorloter (certains de nos spas sont vraiment fantastiques), d’y investir, d’y suivre la « route des vins » …
 
On prie Dieu et nos amis ambassadeurs pour que les fatwas européennes qui ont placé la Tunisie dans les pays à éviter soient archivées, jetées aux oubliettes de la douloureuse histoire du terrorisme islamiteux.
On prépare des campagnes de promo de la destination Tunisie à coups de millions d’euros, souvenez vous la fameuse #Tunisiemoijyvais à laquelle même Charles Anavour (qui n’est jamais venu finalement) avait participé. On organise l’opération « Djerba invite la France », de mai à septembre – qui sera reproduite au printemps 2018 à Sousse.
 
On tergiverse, on s’avance mais pas trop, on circonvolutionne comme on peut entre les « le mal terroriste est sur le point (sic !) d’être vaincu », « La sécurité est rétablie bien qu’il ne puisse exister de risque zéro », voeux pieux de Selma Elloumi Rekik, ministre tunisienne du Tourisme et de l’Artisanat au Sénat français.
 
Même le nouvel ambassadeur de France qui, contrairement à plusieurs de ces prédécesseurs, est tombé littéralement
amoureux de notre pays, mouille la chemise.
On accueille en 2020 le Sommet de la francophonie, une première Maghrébine !
 
Bref, on se (dé)bat !
 
Et, d’un autre côté, on ausculte attentivement le pauvre anus déjà pas mal malmené et qui n’en demandait pas tant de pauvres gars (qui souffrent assez comme ça au sein de d’une société hypocrite) soupçonnés d’homosexualité.
On jette en prison ces gens là Monsieur ! Sachant aussi que l’un des pays qu’on drague le plus, la France (mais ils ne sont pas les seuls) vient d’autoriser les mariages homos et que, dans ceux qui ne l’ont pas encore fait, l’homosexualité n’est considérée ni comme une maladie ni, encore moins, comme un crime. Ce qui veut dire que demain un couple d’homos qui viendrait bronzer son derrière risque la prison !
D’un autre côté, on condamne un DJ, qui a présenté ses excuses, à un an de prison (ce qui a fait la « Une » de Libé
et autres canards européens assoiffés de news sympas provenant de leur petit voisin d’en face) pour avoir mixé l’appel à la prière. Han, tant que ça !!!
 
D’un autre côté, on permet à des barbus barbares de rassembler des dizaines de fidèles crédules pour leur faire croire qu’ils peuvent guérir leur cancer à coup de prières et de litanies, voire de transes spirituelles. On laisse des charlatans envahir les trottoirs d’étals proposant des produits divers et avariés provenant de la contrebande.
 
D’un autre côté, décidément la population carcérale tunisienne devient sacrément distinguée, on jette en prison des médecins pour homicide sans la moindre enquête. Et ça, c’est le pompon ! Non, le médecin n’est pas au-dessus des lois. Mais il est le gardien de la Vie. Il se bat tous les jours avec des moyens souvent misérables pour que ses patients ne la perdent pas. Quand il échoue, il est déjà livré à ses démons intérieurs pour ne pas encore le soumettre à l’enfer carcéral. Il mérite donc que le législateur et la Justice respectent la spécificité de cette noble profession et prennent les mesures qui s’imposent pour que cela n’arrive plus jamais !
 
Welcome back in Tunisia.