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Ado et cannabis : Que faut-il en penser

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Ado et cannabis : Que faut-il en penser

Le ministère de l’Education l’a confirmé le 18 septembre 2015, des tests de dépistage au cannabis seront mis en place dans les établissements scolaires. Certains établissements pour commencer, puis, petit à petit, sur tout le territoire de la République. Comment les élèves voient-ils cette nouvelle disposition ?

par Kmar Ghazeli

Alors que le projet de réforme de la loi « 52 » va prochainement être discuté à l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) où la question d’abolir la peine de prison pour les consommateurs sera notamment à l’ordre du jour, on peut s’interroger sur le bien-fondé de l’instauration d’un contrôle dans les établissements scolaires qui a plus des allures de répression que de sensibilisation. En attendant la nouvelle version de la loi, voici ce que le texte actuel dit :
La loi n°92-52, plus connue sous le nom de la « loi 52 », relative à la consommation et au trafic de cannabis promulguée le 18 mai 1992 est un des textes les plus répressifs de l’ancien régime et condamne dans son article 4 : « tout consommateur ou détenteur à usage de consommation personnelle de plantes ou matières stupéfiantes » à des peines allant de un à cinq ans de prison, et à 1 000 à 3 000 dinars d’amende. La loi ne fait, par ailleurs, aucune distinction entre les récidivistes et les fumeurs qui touchent au cannabis pour la première fois, tout en ne prévoyant aucune circonstance atténuante.

Par ailleurs, la dernière enquête statistique menée par le ministère de l’Education et le ministère de la Santé publique, révèle que 12 élèves sur 30 inscrits dans même un établissement scolaire avouent avoir déjà eu accès à de la drogue au sein même de l’établissement. Ce qui voudrait dire que 40 % des élèves se droguent. Même si il ne faut pas se voiler la face, cela reviendrait à dire que pratiquement 50 % des lycéens et étudiants sont des consommateurs occasionnels ou réguliers.

Qu’en pensent les premiers concernés ?

Ce que l’on peut retenir, c’est qu’à travers toutes les expériences menées par les divers gouvernements de différents pays, il n’existe pas de politiques antidrogues parfaites. Mais certaines restent pires que le mal qu’elles veulent combattre. Ne pas reconnaître que ces substances répondent malheureusement, telles des marchandises, aux lois de l’offre et la demande, est un leurre.
Retenir également que ce fléau touche toutes les catégories de la société et qu’il n’y a pas de différence entre les classes sociales, aisées ou non.

Cannabis, le vrai du faux

VRAI et FAUX

La consommation ponctuelle et sans suite de cannabis n’aura pas d’impact global sur les études. Cependant, lorsque l’on fume du cannabis, on connaît très bien la différence avec une cigarette « normale » qui ne va pas altérer la concentration alors que c’est moins évident pour le cannabis, dont l’usage régulier provoque rapidement apathie, démotivation, et affecte la mémoire et les capacités d’assimilation intellectuelle. On constate une chute rapide des résultats scolaires, conséquence presque systématique de la consommation de cannabis.

Fumer un joint aide à résoudre ses problèmes.

FAUX

Fumer un joint n’aide pas à résoudre ses problèmes. Le cannabis apporte une sensation d’euphorie, d’apaisement et de détente et une légère somnolence pendant le temps de son action. Dès que l’effet du cannabis s’est estompé, comme pour toutes les drogues, les problèmes resurgissent. Par ailleurs, des problèmes physiques et psychiques apparaîtront à plus ou moins long terme.

Le cannabis est une drogue « douce »

FAUX

Le cannabis n’est pas une drogue douce. Le terme de « drogue douce » est un argument marketing inventé pour en banaliser l’usage, produit d’accroche pour les jeunes aux drogues. Même si tous les consommateurs de cannabis ne basculent pas vers des drogues dures (héroïne, cocaïne etc.), en revanche tous les consommateurs de drogues dures ont commencé par le cannabis. On pourrait appeler plutôt le cannabis, une drogue « lente » car ses effets sont les mêmes que les autres drogues mais sa dangerosité met plus longtemps à se révéler.

C’est une plante naturelle donc non toxique

FAUX

Cette plante, contient un principe actif, le Tetrahydrocannabinol (THC), qui a été découvert en 1964. Le THC à l’état pur est un hallucinogène particulièrement actif et nocif. Le THC se trouve dans les tiges, les feuilles et plus encore dans les fleurs des plants femelles. Sa nocivité est aussi liée aux autres produits toxiques dégagés par sa combustion, en quantité bien supérieure à celle du tabac.