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Ado – Parent « Je t’aime, moi non plus »

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Ado – Parent  « Je t’aime, moi non plus »

L’adolescence, souvent perçue comme une phase de transition entre l’enfance et l’âge adulte, est parfois difficile à vivre pour les jeunes, et surtout à gérer par les parents. La relation parents/adolescents oscille entre l’amour, le besoin et la rébellion.

par Saima Ksibi

La crise d’adolescence : un passage obligatoire

La crise d’adolescence est souvent un moment tant redouté par les parents.
Quand l’adolescent vit un certain équilibre pendant son enfance, il dépasse cette période (dite transitoire) sans trop de dégâts: 85 % des jeunes terminent cette étape de leur développement sans incident particulier, et sur les 15 % qui restent, 10 % auront résolu leurs problèmes lorsqu’ils auront atteint l’âge adulte.

L’importance d’un climat familial favorable

Le climat familial et l’éducation reçue pendant l’enfance peuvent assurer une certaine stabilité chez l’adolescent, ce qui l’aide à dépasser le cap en toute sérénité. Seulement, il est important que les parents soient compréhensifs et acceptent d’accompagner leur enfant, tout en douceur, d’être un peu plus flexibles et surtout de communiquer afin de dépasser cette période où le jeune commence à se chercher, à se comprendre et parfois à s’imposer.

L’adolescent exprime son besoin d’autonomie

Dès le début de l’adolescence, et avec les premiers changements dus à la puberté, le jeune commence à se chercher et à se construire une nouvelle personnalité. Les adolescents se sentent suffisamment « grands » pour imposer leurs règles ce qui peut créer cette crise avec les parents, essentiellement due à l’incompréhension mutuelle et à l’égocentrisme de l’adolescent, (souvent perçu comme égocentrisme par les parents, mais qui, en réalité est juste un désir de liberté). Loin d’être un égoïsme, c’est plutôt un besoin de liberté et d’autonomie que demande le jeune pour s’affirmer. L’adolescent peut devenir blessant, voire insolent par simple défense, et par besoin de s’affirmer et de construire tout seul sa personnalité.

Une relation qui change

L’adolescent devient de plus en plus « pudique » quant aux expressions de tendresse, qui repousse les gestes d’amour paternel, ce qui fait que même les parents deviennent de plus en plus avares de démonstrations d’amour à leur tour.
Le jeune qui a grandi, qui a une petite moustache et une voix plus roque, ne veut plus de cette image de « petit bout de chou » ou « enfant chouchouté par sa maman », il se voit grand, viril, et se veut l’homme de la maison, ce qui peut créer certaines tensions avec le papa généralement, ou avec la maman qui a du mal à comprendre que son petit bébé a grandi, et qu’il ne faut plus aller le chercher devant le collège en l’appelant « mon chou » devant ses potes.

Mon enfant est en pleine crise d’adolescence, comment vivre avec ?

1- Lui fixer une ligne rouge

Votre fils adolescent peut parfois recourir à la provocation afin de tester ses limites. Il est important pour un parent d’être compréhensif et flexible dans certains cas, mais sans pour autant lui donner le droit de sortir tard le soir ou de claquer la porte de sa chambre. Les parents doivent savoir mettre des limites à leur fils adolescent.

2- Etre compréhensif mais FERME :

Depuis que vous lui imposez ses limites, votre ado vous mène la vie dure. Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal pour un adolescent. Essayez de lui parler, de lui expliquer qu’il doit respecter les limites fixées par vous les parents et surtout restez ferme ! Ce n’est pas une négociation, la décision vous revient et il doit obéir.
Mais attention, rester ferme ne signifie pas rester hermétique. La communication est obligatoire, donnez-lui des arguments et expliquez-lui les raisons de votre refus.

3- Respecter son intimité

On a souvent peur pour son ado, quand il s’enferme dans sa chambre, quand il rentre tard, ou quand on soupçonne sa fille adolescente d’avoir un petit ami, on se fait mille et une idées en tête. Gardez un oeil sur le comportement
de votre adolescent, sans pour autant vous mêler de chaque détail de sa vie pour ne pas s’exposer à une rébellion.
Votre adolescent a le droit d’avoir un jardin secret, essayez de respecter ceci tout en vous montrant présent
et ouvert pour discuter avec lui et le conseiller quand il en a besoin.

4- Supportez-le et témoignez-lui votre amour :

Les adolescents traversent une période difficile et ils en sont parfaitement conscients. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont besoin d’être soutenus et aimés, même s’ils se montrent très fatigants parfois. Même s’il fait une grosse bêtise, ne le réduisez pas à son acte, ne le traitez pas de « raté », de « nul » ou de « looser », mais montrez lui comment surpasser ces bêtises et apprenez lui à être meilleur.

5- Surtout, n’oubliez pas que c’est passager

Malgré les difficultés, la crise qui peut s’aggraver et la communication qui peut devenir impossible avec votre adolescent, ne perdez pas espoir et souvenez vous que ce n’est que passager. Toutefois, si vous remarquez que votre fils vit mal son adolescence, et qu’il cumule plusieurs symptômes (échec scolaire, tristesse, isolation), il est important de consulter un psy afin de l’aider à surmonter petit à petit ses difficultés.

Syrine, 24 ans, étudiante en master

Je me rappelle quand mes parents se sont permis de fouiller dans mes SMS et de lire mes conversations avec mon chéri quand j’avais 15ans. J’ai eu beaucoup de mal à accepter cette violation de mon intimité, surtout que je sentais qu’ils me surveillaient là où j’allais. J’ai choisi de m’isoler, je passais la plupart de mon temps enfermée dans ma chambre, avec mon téléphone et mon ordinateur, le monde virtuel était mon refuge face à cette absence totale de communication avec mes parents. Pour moi, ils étaient mes ennemis et ne voulaient pas mon bonheur. Là, avec un peu de recul et beaucoup de maturité, je comprends que c’était une période délicate et que mes parents avaient vraiment peur pour moi.

Fedy, 21ans, étudiant

Je me rappelle de mes premières années d’adolescence. J’étais au collège et je me sentais déjà assez grand pour réclamer mon autonomie et je n’acceptais pas du tout que mes parents m’imposent des limites. Mon père avait plutôt un rapport de force avec moi, il voulait me réduire au petit adolescent rebelle et refusait catégoriquement toutes mes demandes. J’ai eu beaucoup de mal à vivre ces premières années d’adolescence, je ne voulais pas d’une personnalité effacée, et j’ai même tenté de fuguer deux fois. Heureusement que maman était là pour me soutenir malgré tout, et était beaucoup plus compréhensive.