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Quand les ados vivent leur premier chagrin d’amour

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Vivre une première histoire d’amour à 14 ans est souvent magique. Mais vivre une première rupture à l’adolescence pourrait être très mal vécu par le jeune, voire toucher directement son estime de soi.

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Avoir un premier échec en amour, n’est ni une malédiction, ni une malchance, c’est une expérience structurante qui, comme toutes les expériences qui jalonnent notre vie, vaut la peine d’être vécue et facilite le passage de l’adolescence à la vie adulte.

La tristesse profonde n’est pas obligatoirement une dépression :

Toute rupture amoureuse provoque en nous un certain bouleversement psychique. Que dire quand il s’agit de jeunes adolescents encore inexpérimentés, fougueux et passionnés ?
Quand un adolescent vit sa première rupture, il se sent entièrement anéanti, perdu, et commence tout de suite à s’autoculpabiliser, et surtout à remettre en question son estime de soi. Certains jeunes peuvent aussi passer par la phase du déni et commencent même à rejeter la responsabilité sur les autres. «Il m’a quitté parce que maman s’opposait à notre amour ! », ou encore nier cet échec carrément « Même si elle m’a quitté, je sais qu’elle m’aime encore » ou encore, quelques filles commencent à suivre des régimes farfelus parce qu’elles pensent que leurs mecs sont partis parce qu’ils les trouvaient très grosses.
Tous ces troubles du comportement sont des systèmes d’autoprotection. C’est une réaction tout à fait normale, et souvent passagère qui n’a rien d’alarmant.

Les filles et les garçons réagissent différemment :

Les filles et les garçons ne réagissent pas de la même manière face à une rupture amoureuse.
Les filles ont tendance à intérioriser plus leur tristesse : elles somatisent par des maux de ventre ou de tête. Quant aux garçons, ils cachent leur douleur sous des airs indifférents.
Les filles n’ont pas de difficulté à exprimer leur souffrance, elles se confient à leurs amies, ou tiennent un journal intime alors que les garçons réagissent par les actes : ils deviennent plus agressifs, et tentent d’oublier cette déception en sortant avec quelqu’un d’autre.

Parents : vous devez valider son chagrin

Inutile de paniquer si vous remarquez que votre enfant sombre dans sa tristesse et préfère s’isoler, mais surtout ne le laissez pas se débrouiller tout seul. Pensez à le soutenir efficacement, en validant sa tristesse, en l’aidant à manifester ses émotions, qu’il extériorise sa tristesse, qu’il se fâche, et en respectant sa volonté de s’isoler ou d’éviter de voir du monde.
Essayez de le comprendre, mais aussi chouchoutez-le, préparez-lui son gâteau préféré, invitez ses amis à une soirée
barbecue, …
Valider la peine de son ado et l’aider, c’est aussi accepter qu’il ne réagisse pas comme un adulte. Inutile de lui demander de prendre de la distance, de faire le deuil ou de voir le bon côté des choses : pour lui, c’est une première rupture amoureuse !

L’importance de l’éducation sentimentale

Parler d’un chagrin d’amour, c’est avant tout tomber amoureux et découvrir les joies de l’amour. Aimer c’est aussi se découvrir, sortir du cercle.
Vivre un chagrin d’amour implique qu’on a pu… tomber amoureux.  » Cela signifie qu’on a pu sortir de l’OEdipe, aimer ailleurs que dans sa famille, quitter l’enfance pour devenir adulte, » précise Catherine Mathelin. « Et ça, c’est plus que positif.  »
Quoi de plus formateur que de découvrir que l’autre peut éprouver des sentiments très forts pour soi, mais que son amour n’est ni un dû ni un acquis. Quoi de plus enrichissant que d’expérimenter une nouvelle gamme de sentiments ? Quoi de plus excitant que de ressentir pour la première fois de troublants émois physiques ? Ce sont les premiers pas de l’éducation sentimentale.

Salima, 26 ans

«Je me rappelle de mon premier chagrin d’amour comme si c’était hier. J’étais amoureuse d’un garçon qui était dans la même classe que moi. Le jour où il a décidé de me quitter, j’étais anéantie. J’ai passé des nuits entières à pleurer, je ne me voyais pas aimer un autre. J’ai sombré dans la tristesse pendant deux semaines, et j’ai commencé à me trouver grosse au point de croire que c’était la raison pour laquelle il m’avait quittée. Mon seul refuge
était mon journal intime. Ça me permettait de me sentir mieux en écrivant tout ce qui me passait par la tête. Avec le temps, j’ai fini par l’oublier et je suis passée à autre chose. Aujourd’hui, je souris quand je me rappelle cette période de ma vie. C’était une expérience douloureuse à l’époque mais très bénéfique pour mon développement personnel. »

Samira, 46 ans

«J’ai remarqué que ma fille âgée de 14 ans ne mangeait plus, ne voulait plus sortir, et se désintéresse de plus en plus de ses études. Je la sentais très malheureuse, elle passait son temps à sangloter. C’était la première fois que je la voyais dans un tel état. J’ai essayé de lui parler, de la calmer, j’étais très inquiète, tellement inquiète que je me suis permis de fouiller dans ses affaires pour trouver la photo froissée d’un garçon, et c’était suffisant pour moi pour comprendre que ma fille ado venait de vivre son premier chagrin d’amour. Je l’ai laissée se calmer, je me suis montrée disponible et compréhensive. »

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