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Le jeûne chez les jeunes, quand les rythmes de vie divergent

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Le jeûne chez les jeunes, quand les rythmes de vie divergent

Le jeûne du mois de Ramadan est le troisième pilier de l’Islam, c’est le mois de la spiritualité et du pardon, c’est aussi le mois où on voit fermer la majorité des cafés et des restaurants, où les horaires de travail et le rythme de vie change, le monde de la distraction semble s’estomper jusqu’à la rupture du jeûne.

par Motaz Chourou

Au cours de ce mois les jeunes adaptent leur rythme de vie différemment, certains jeûnent, certains le font en passant toute la journée au lit, certains essayent de garder le même rythme, alors que d’autres se voient obligés de cacher leur choix de ne pas jeûner de peur d’être jugés par la famille et la société.

Le jeûne une accoutumance dés l’enfance

Le jeûne occupe une place importante dans dans les pays arabo-musulmans, dés leur jeûne âge et avant même de commencer à jeûner, les enfants s’accoutument à l’ambiance Ramadanesque et aux rituels religieux liés à la rupture du jeûne. Élevés dans cette atmosphère forte en spiritualité et motivé par leurs parents, les enfants n’hésiteront pas à essayer de jeûner dé 12 ans en commençant à jeûner une demi journée. Avec l’âge l’enfant devenu adolescent fera le jeûne toute au long de la journée. Mais au cours des années, les jeunes grandissent et développent une indépendance mentale, ainsi certains resteront fidèles à leurs rituels, il s’agit des jeunes fortement convaincus de la pratique du jeûne et d’autres, qui pratiquaient le jeûne seulement parce que leurs parents leur demandaient de le faire, seront susceptible d’arrêter la pratique, de plus avec l’âge, les jeunes passent par une phase où ils développent une réflexivité et commencent à remettre en questions des principes qu’ils ont hérités depuis l’enfance.

« Depuis Ramadan mon rythme de vie a changé, avant je sortais le matin mais maintenant je reste toute la journée à la maison entrain de regarder des séries ou de jouer à des jeux vidéos pour ne pas s’ennuyer et pour faire passer le temps, j’attends la nuit où je pourrais sortir avec mes amis, mais ceci a un effet bénéfique sur moi cela m’apprend le sens de la patience » Roueid 23 ans

Deux catégories de jeunes jeûneurs

Bien que le jeûne soit pratiqué par beaucoup de jeunes, chacun le fait à sa façon et l’adapte à son rythme de vie, lorsqu’il s’agit de Ramadan on peut diviser les jeunes jeûneurs en deux catégories, la première réunie les jeûneurs actifs et la deuxième catégorie rassemble les jeûneurs passifs.

Les jeûneurs actifs

Ces jeunes là sont loin d’être paresseux, en effet ces derniers essayent de garder durant le mois de Ramadan le même rythme de vie que le reste de l’année, tout en continuant à pratiquer normalement leurs rituels sans changer quoi que ce soit, sport, activités culturelles, voir des amis…, mais malgré leurs efforts, le nouveaux horaires de travail, et le rythme de vie de l’entourage se répercutent sur leurs rythmes, les salles de sports et les centres culturels sont susceptibles d’adopter les horaires ramadanesque de plus les amis de ces jeunes préfèrent rester cloîtrés pour éviter la chaleur. Les jeûneurs actifs se retrouve alors souvent obligé de rester chez eux l’après midi, et ce malgré eux.

« Quand je jeûne je dors beaucoup le jour, beaucoup plus que d’habitude pour je ne sais quelle raison, je ne sors pas non plus le matin je préfère rester à la maison, je dirais qu’à Ramadan ma journée commence après la rupture du jeune. » Ghada 21 ans

Les jeûneurs passifs

Ces jeunes là sont généralement peut actif ils préfèrent abandonnent toutes les activités et restent cloîtrés dans la maison dans le confort. Ils essayent d’éviter au maximum tout contact avec l’extérieur ne serait ce que pour faire des courses, certains passent même toute la journée à dormir pour ne se réveiller au coucher de soleil. Ce rythme adapté par de nombreuses personnes s’avère être nocif pour le corps ainsi que pour le moral, en effet même
si on jeûne, le corps a besoin de bouger, il est vrai qu’on est appelé à réduire notre activité physique mais sans pour autant l’abandonner, sortir se promener ou pratiquer une activité manuelle allégera la journée, de plus regarder des séries toute la journée et flâner d’un fauteuil à un autre ne vas pas améliorer l’état psychologique au contraire cela ne ferait que rendre la journée encore plus longue et pesante.

D’autres préfèrent ne pas jeûner …

Et oui ! Même s’ils ne sont pas visibles dans les lieux publics, ceux qui ne jeûnent pas existent belle et bien en
bonne quantité, qu’ils soient malades, des non-musulmans ou non-pratiquants. Bien qu’ils ne jeûnent pas, ces derniers peuvent également voir leur rythme de vie changer. En effet l’horaire de travail de Ramadan et la fermeture de la majorité des cafés et des restaurants les affectent, durant ce mois, ces personnes trouvent difficilement un endroit pour manger, sortir, se rassembler, … s’ils vivent seuls et qu’ils ne cuisinent pas c’est la galère, de plus ils se voient obligés de ne pas manger devant les gens non pas par conviction, mais de peur de les gêner, d’être jugés, ou même d’être arrêtés, ce qui ne facilite pas vraiment leur vie au cours de ce mois.

Mon enfant ne jeûne pas, que faire ?

Les non jeûneurs sont généralement invisible dans les lieux public, c’est pareil dans leurs maisons, il n’est pas rare de trouver des enfants qui ne jeûnent pas sans que leurs parents ne le sachent, en effet que cela soit par manque de volonté ou par manque de conviction vis-à-vis de la pratique, les jeunes n’hésiteront pas à cacher et à faire semblant de jeûner devant leurs parents pour ne pas les décevoir et les énerver et pour éviter de créer des tensions au sein de la famille. Il est aussi naturel que les parents pratiquants n’apprécient pas de voir leurs enfants transgresser les règles du jeûne sans raison.
Si vous surprenez votre enfant entrain de manger ne réagissez pas avec agressivité au contraire tout d’abord essayez de vous calmer, parler sous l’effet de la colère peut avoir un mauvaise impact sur la relation avec votre enfant. Une fois calmé, essayez d’en discuter afin de découvrir ses raisons et son point de vu vis-à-vis du jeûne, vous pouvez essayez, par des arguments, de le convaincre avec douceur sans pour autant le terrifier par des châtiments et des punitions car cela pourrait avoir un effet contraire qui repoussera l’enfant encore plus du jeûne
et ne fera qu’aggraver les choses, de plus cela pourrait avoir pour conséquence de créer une image mentale associant jeûne, peur et châtiments.

« Je serai très déçue et blessée si je découvre que ma fille ne jeûne pas, je crois fermement au jeûne et je ne veux pas que mes enfants soient un jour punis pour ce péché. Nos enfants sont assez matures et nous ne pourrons pas les obliger à jeûner, je dirais que le mieux serait d’essayer de les convaincre de reprendre cette pratique comme nous le leur avons initié depuis leur tendre jeunesse » Souha 51 ans

« Je ne jeûne pas, mes parents ne le savent pas, je passe toute la journée à flâner, si j’ai faim je mange un truc léger sans que personne ne s’aperçoive. La situation ne me dérange pas du tout. Pour moi Ramadan ne veut rien dire, mais mes parents sont super religieux donc je sais que si je mange devant eux ils seront blessés vu qu’ils considèrent cela comme un péché très grave. J’évite d’en parler pour être tranquille et éviter les débats religieux avec mes parents.» Chayma 22 ans