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Plaisir… solitaire ? Quand l’ado apprivoise son corps

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Plaisir… solitaire ? Quand l’ado apprivoise son corps

La masturbation est l’excitation des organes génitaux pour parvenir à l’orgasme. Longtemps considérée comme tabou, dégradante et souvent réprouvée, elle reste pourtant un acte tout à fait naturel pratiqué par les deux sexes.

par Amira Antir Nefzi

Néanmoins, il existe encore beaucoup d’idées reçues et de questions sur la masturbation. Nous vous aidons à y voir un peu plus clair en démêlant le vrai du faux.

VRAI La masturbation n’est pas uniquement une stimulation mécanique

La masturbation n’est pas uniquement une stimulation mécanique, l’excitation passe avant tout par la tête. Fantasmer, imaginer un scénario fait partie intégrante du processus de masturbation. Chez l’homme, cette phase d’excitation « mentale » est d’ailleurs indispensable à l’érection.

FAUX La masturbation se pratique de la même manière chez les deux sexes

Les hommes se masturbent plus précocement que les femmes et pratiquent plus souvent la masturbation. La plupart des hommes se masturbent par un geste mécanique en plaçant leur main sur leur pénis et en effectuant des mouvements de va- et-vient de plus en plus rapides

Les hommes abordent plus facilement que les femmes la pratique de la masturbation, une activité qui leur permet notamment de dépenser environ 100 calories.

FAUX La masturbation se fait toujours à un âge précis

Le bon âge c’est celui où on en ressent l’envie. A chacun son rythme ! Certains le font dès la petite adolescence vers 11 ou 12 ans, d’autres s’y mettent vers 14 ou 15 ans… Les bébés, quant à eux, le font déjà inconsciemment et les enfants s’y livrent régulièrement… sans vraiment le savoir.

FAUX La masturbation a des conséquences sur les organes sexuels

La masturbation ne change ni la forme ni la couleur du sexe, elle ne modifie pas non plus le fonctionnement de l’appareil génital (production du sperme, menstruations etc.). L’effet sur les organes sexuels est le même que lors d’un rapport sexuel à deux : érection, lubrification et contractions musculaires s’il y a orgasme.

VRAI La masturbation a des conséquences sur la sexualité

La masturbation permet de découvrir son corps, la manière dont il peut faire éprouver du plaisir et comment avoir un orgasme. Si l’on connait le mécanisme de son plaisir, on a plus de chance d’en éprouver lors d’un rapport à deux. Cela peut cependant avoir un côté négatif dans le sens où l’adolescent(e) s’habituerait à éprouver du plaisir tout(e) seul(e) d’une façon qu’il ne pourrait pas reproduire en couple…

FAUX La masturbation est seulement mécanique

Non. Il faut bien se rappeler que le premier organe sexuel c’est le cerveau et que l’amour, c’est avant tout dans la tête. Plus qu’un rapport sexuel, la masturbation nécessite toute une mise en condition préalable. Bref, l’excitation naît d’abord du petit scénario que l’on se crée dans la tête et des fantasmes que l’on cultive.

VRAI C’est normal de se masturber plusieurs fois par jour

C’est aussi normal que de ne pas le faire pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines, A chacun sa libido et ses envies !

FAUX On arrête automatiquement de se masturber quand on est «en couple»

Pas forcément. Cela dépend comment on vit les choses… Certains ne se masturbent que pour combler un manque et compenser ainsi l’absence de relation sexuelle. Ceux-là ne se masturbent donc pas quand ils sont avec quelqu’un. Pour d’autres c’est juste un autre versant de leur sexualité, un petit plaisir complémentaire.

FAUX La masturbation rend faible

L’homme, en répandant sa divine semence, perdrait de sa force herculéenne. Eh bien non… les hommes ne sont pas Hercule et se masturber n’affecte en rien les capacités physiques d’un jeune homme. Ni à court comme ni à long terme. Même si cela donne un peu envie de dormir sur le coup, c’est tout à fait naturel ! Pour les filles, évidemment, ça ne les affaiblit pas non plus.

VRAI La masturbation a des avantages

Pour la fille

Elle entraîne le corps à fonctionner, elle met en place les circuits du plaisir. En effet, une fille qui sait se donner du plaisir seule accédera plus facilement à l’orgasme en faisant l’amour avec son partenaire. Cela signifie que si une jeune fille ne s’est jamais masturbée, il lui faudra plus de temps pour éprouver l’orgasme pendant ses rapports. C’est comme si son corps commençait son entraînement sexuel plus tard dans la vie.

Pour le garçon

Il apprend à avoir confiance en son corps et à comprendre ses réactions. Il peut même s’entraîner à retarder son éjaculation pour être « à la hauteur » le jour où il aura ses premiers rapports.

L’avis du spécialiste:Dr Kamel Abdelhak Sexologue

A quel âge la masturbation se pratique-t-elle ?

La masturbation est le plus souvent pratiquée à l’adolescence.

Existe-t-il une différence entre les deux sexes ?

La pratique de la masturbation est égale chez les deux sexes, les hommes et les femmes ont le même corps en général. Et si différence il y a, aucune statistique précise ne démontre le contraire.

Aborder le sujet de la masturbation est-il toujours tabou ?

Le sujet de la masturbation n’est pas tabou, mais il existe une attitude un peu réservée quand on l’aborde avec les femmes. En général, lorsqu’on demande de l’aide on doit en parler.

Est-ce que l’on doit automatiquement arrêter de se masturber quand on est en couple ?

La masturbation est une réaction psychologique naturelle. Elle ne peut remplacer le rapport sexuel mais par contre elle peut être un remède et un moyen de guérir. Il faut faire la part des choses. Il est acceptable que le couple ait de temps en temps recours à la masturbation.

Quelles sont les conséquences de la masturbation sur les deux sexes ?

Il n’y a aucune conséquence négative, ni pour l’homme ni pour la femme.

Peut-on tomber malade en se masturbant ?

Il n’existe certes aucune conséquence néfaste de la masturbation sur la santé, mais psychologiquement la masturbation peut avoir un impact sur la santé mentale quand elle devient compulsive (régulièrement plusieurs fois par jour sans pouvoir se retenir), elle entre alors dans le cadre d’un TOC, trouble obsessionnel compulsif.