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Cyberdépendant : mon adolescent est-il l’esclave d’internet ?

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Pour les jeunes, les moyens pour se distraire ne manquent pas en allant des ordinateurs, en passant par les consoles de jeux jusqu’aux téléphones mobiles. Face à ce fléau, nombreux sont les parents mais aussi les professionnels dans le secteur psycho-social et préventif à se pencher sur cette tendance à l’addiction à internet et aux autres gadgets technologiques.

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Pas loin de ça, la toile fut renverser dernièrement par un nouveau fléau ; celui du suicide des enfants et adolescents, dont l’origine remonte à un enrôlement dans un jeu, celui de « la baleine bleue ». Des cas de suicide ont étés enregistres en Tunisie mais également dans le monde entier. Le phénomène sous jacent se conjugue dans cette addiction à un jeu macabre auquel on a accès via internet.
En effet, la controverse quant à l’utilisation « abusive » d’internet est bien présente depuis plusieurs années et le débat s’est instauré à l’aube de la révolution du World Wide Web.
Pour les psychologues, sociologues et/ou psychiatres, cette utilisation excessive de la toile est reconnue en tant que comportement problématique. Cependant pour certains autres professionnels, cela relève d’un trouble de dépendance à internet notamment théorisé en 1995 par Ivan Goldberg, un médecin américain qui le définit comme étant un besoin irrésistible et obsessionnel d’utiliser Internet. Ainsi, on retrouve dans la 5ème version du DSM (Diagnostic and Statistical Manual of mental Disorders/Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), une nouvelle catégorie qui inclut le jeu pathologique et par conséquent le trouble de l’addiction à internet ou ce qu’on appelle la cyberdépendance .

Dépendance à Internet : Quelles conséquences ?

Loin de la controverse autour du diagnostic, un consensus est instauré pour reconnaitre le caractère problématique de tout surinvestissement des jeunes sur internet. Ainsi, des recherches en cours on pu établir un lien entre une utilisation problématique d’internet et la négligence des autres dimensions de la vie notamment les compétences sociales, psychologiques, scolaires et professionnelles. En effet, l’exclusivité de l’utilisation d’internet ou des jeux vidéo en tant que loisir pendant les heures perdues a pour conséquences l’isolement social de l’internaute dans une bulle virtuelle excluant tout rapport et tout dialogue avec la famille et l’environnement externe.
D’une autre part, les « cyberaccro » sous investissent inévitablement leurs devoirs en consacrant des heures entières à surfer sur la toile et en exploitant l’ordinateur pendant tout le temps qu’ils ont après l’école et ceci bien évidement au dépend du travail scolaire. Les parents sont les premiers à en souffrir.
 
cyberdependance des enfants

Troubles physiques sous jacents

De plus, certains problèmes physiques et médicaux, ainsi que certains troubles psychologiques sont directement en lien avec la cyberdépendance. Pour ce qui concerne les problèmes médicaux, on cite les maux de dos, les maux de tête, la raideur musculaire et la sécheresse des yeux mais aussi le manque de sommeil qui peut être à l’origine d’une fatigue excessive créant souvent la diminution des performances académiques et professionnelles.

L’atteinte psychologique dans le collimateur

A leur tour, les conséquences psychologiques sont autant importantes pouvant se manifester par des pensées obsédantes, le sentiment de honte et de culpabilité, un sentiment de vide, une perte de contrôle sur sa vie, une faible estime de soi, etc. Enfin, comme il a été dit, l’impact n’est pas des moindres quant à la vie professionnelle, conjugale, amicale, récréative de la personne et de son entourage ce qui est directement liée à la santé mentale de celle-ci. Selon le département de prévention suisse, plus de la moitié des utilisateurs dépendants à internet souffriraient d’une autre addiction comme la drogue, l’alcool ou le sexe.
Par ailleurs, une vaste partie d’entre eux souffrirait de problèmes émotionnels comme la dépression, l’anxiété et d’autres troubles relatifs.
Cette constatation va de pair avec l’avis de certains chercheurs qui postulent que la cyberdépendance ne représente pas une pathologie en soi mais plutôt une conséquence qui découle de certaines difficultés. En effet, les jeunes et moins jeunes auraient recours à Internet comme échappatoire afin d’éviter les problèmes de la vie courante ou dans une recherche incessante d’un espace intime, une sorte de réalité propre à eux créer via un support virtuel dont le but est de nier une partie de leur réalité.

Adolescents Addicts : comment s’y prendre avec eux ?

Ce type de comportements excessifs ne doit pas être ignoré. De part et d’autre de leurs conséquences négatives pour le jeune que pour sa famille pouvant aller jusqu’à un décrochage scolaire ainsi qu’à une rupture du dialogue familial. L’approche parentale quant à cette dite addiction à Internet est délicate. En effet, le jeune peut se sentir incompris de ses parents qui réclament impérativement un investissement moindre et cela surtout lors des phases de préadolescence et d’adolescence où les conflits avec les parents prônent. La rupture du dialogue entre les générations peut aggraver le conflit relationnel et aboutir de ce fait à un repli encore plus accentué du jeune.
Face à cette situation, on observe souvent que les parents sont livrés à eux même dans un désarroi inconsolable. Dès lors la médiation d’une tierce personne est recommandée non seulement pour rétablir le dialogue mais aussi pour amener le « cyberdépendant » à prendre conscience de sa consommation excessive. Ainsi, une intervention auprès d’un psychologue et/ou d’un psychothérapeute aidera les parents et le jeune en question à mieux comprendre la situation et identifier les causes du problème afin de mettre en place les bonnes modalités pour modifier le comportement addictif.