Tunisie- Union Europeenne

Les enjeux de l’accord de libre échange entre la Tunisie et l’Union Européenne

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Le 20 octobre 2015 les négociations ont été officiellement entamées entre la Tunisie et l’Union Européenne en vue de la conclusion de l’ALECA (Accord de libre échange complet et approfondi).

Ce nouvel accord aura pour objet d’étendre le libre échange entre les deux parties, jusqu’ici limité au commerce des marchandises à celui des poursuites industrielles plus précisément à deux autres secteurs clés non couverts par l’accord de l’association de 1995 : les services et l’agriculture.

Si le nouvel accord venait à se réaliser il aurait un impact considérable pour l’économie nationale.

En effet, la libéralisation des échanges des services signifierait le libre accès au marché tunisien des fournisseurs des services européens c’est a dire les entreprises européennes opérant dans des secteurs clés comme le secteur financier (banque et assurance) les transports, grands travaux d’infrastructures, la grande distribution, la santé, l’enseignement, pour ne citer que les plus importants. Quant à la libéralisation des échanges agricoles, elle aurait pour conséquences le libre accès également des produits agricoles c’est à dire sans droit de douane sur notre marché.
 
Les risques pour l’économie nationale sont évidents. En effet, cette perspective mettrait en concurrence les opérateurs locaux dans les secteurs des services et les agriculteurs tunisiens avec des opérateurs européens, or selon les analyses de nouveaux experts le tourisme ne pourrait guère faire face à un tel défi.
Certes les défenseurs du projet au premier rang desquels l’Union Européenne font valoir les avantages substantiels qu’ils généreraient pour la Tunisie, tenant pour l’essentiel à un accroissement notable de l’investissement direct étranger, et au fait que, à titre de réciprocité, l’accès libre au marché européen serait assuré pour les exportateurs et fournisseurs des services tunisiens mais une telle réciprocité serait très difficilement réalisable du fait des contraintes qu’elle imposerait.
Au delà de ces données, il y en a bien d’autres de caractère très technique liées à l’accord de libre échange envisagé.
 
Une question toute simple s’impose : la Tunisie avec les graves et multiples problèmes affectant son économie pourrait-elle entrer dans une aventure très hasardeuse consistant à libéraliser totalement à terme ses échanges avec un géant économique mondial ?