Etre une Femme

Danse orientale : Le rythme dans la peau

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Danse orientale : Le rythme dans la peau

Que dire de cette femme dont les mouvements langoureux vont et viennent au rythme d’une musique entraînante ? Que dire aussi de ses formes épanouies parées de grâce et de délicatesse? Cette danseuse orientale, car c’est bien d’elle qu’il s’agit, incarne une féminité propre à toutes les femmes.

par Laure Bernardini – Dr Haj Romdhane Med Rached

Une et multiple à la fois, elle fait oublier les outrages qui blessent le corps, le coeur et l’esprit. En la regardant, on se sent envieuse, tandis qu’encouragée par la fièvre des regards, surtout masculins, elle se sent flattée et honorée.

Alors, pourquoi ne pas inverser les rôles et devenir soi-même cette danseuse aux formes tant convoitées! Loin d’être une facétie du genre, la danse orientale est une activité physique qui sollicite le système cardiovasculaire, agit sur la masse musculaire, accroît la souplesse, sans oublier qu’elle booste aussi l’estime de soi.

C’est bon pour le moral

La danse orientale, à la condition d’être dosée, progressive et régulière, s’adresse à toutes les femmes, quelle que soit leur appartenance sociale ou religieuse.
Idéale pour toutes celles qui n’ont pas l’occasion ou les moyens d’aller dans des salles de danse ou dans des clubs de gym, elle comporte peu ou pas de risques, et a l’avantage de se pratiquer à tout moment et en tous lieux.

Exécutée seule ou en groupe, la danse orientale sollicite toutes les parties du corps: nuque, épaules, bras, mains, taille, ventre, cuisses, hanches et fessiers se tendent et se raffermissent sous l’effet de l’effort. Cela dit, au-delà de l’effort physique, la danse orientale représente également une occasion de défoulement et de relaxation.

A ce titre, elle peut aussi être utilisée comme une thérapie psychique, morale et spirituelle. Véritable «danse de la joie», elle offre un moment rare où l’expression corporelle, tout imprégnée de féminité et de sensualité, va libérer la femme des sentiments qui l’inhibent et la complexent. Ainsi déchargée du poids des traditions et de la religion, qui bien souvent l’écrase, ainsi délivrée de sa gêne et de sa souffrance face aux outrages du temps, aux séquelles des grossesses et à l’usure de la vie quotidienne, la femme apprend à se dépasser.
Poussée par une émotion qui la porte bien au-delà d’elle-même, elle redécouvre cette part féminine qu’elle croyait perdue à tout jamais. En permettant à la femme de retrouver le galbe de son corps, de ses hanches, la fermeté de sa poitrine, de ses fessiers et de ses cuisses, la danse orientale ranime de vieux appétits, des désirs inavoués et des espoirs étouffés par des années de frustration.
En exhortant la femme à positiver le bilan de son corps, elle la rassure sur ses charmes et lui enseigne à ne plus se sentir pénalisée par un corps trop souvent vécu comme un fardeau. En exacerbant l’acceptation de soi-même, elle crée un lien harmonieux entre la beauté intérieure et la beauté extérieure, qui aide la femme à se réconcilier avec elle-même. Féminine jusqu’au bout de ses déhanchements, la danse orientale pare la femme d’une grâce unique.

Un sport complet

Le sport est un droit. Mieux encore, il devrait être considéré comme un devoir pour chaque être humain. Et à défaut de pouvoir systématiquement rajouter des années à la vie, il prétend «rajouter de la vie aux années».
Oui, la danse et notamment la danse orientale peut-être considérée comme une activité physique et sportive à part entière. Et il s’agit par-dessus tout d’un sport complet et symétrique faisant travailler la majorité des groupes musculaires et articulaires de l’organisme. Pour une analyse rationnelle de ce sujet, il est impératif de se débarrasser des idées reçues et des tabous folkloriques «réducteurs », et de ne considérer que les aspects scientifique et social. La danse représente en effet une alternative très intéressante pour les «oubliés du sport».

Je pense particulièrement à ces jeunes au foyer qui n’ont ni le temps ni le courage d’envisager des joggings dans leur quartier ni les moyens pour s’inscrire dans ces salles et clubs à la mode. Je pense à celles qui n’ont connu que les activités ménagères et qui s’écroulent de fatigue en fin de journée, en ne pensant qu’aux mêmes contraintes routinières du lendemain.

Je pense aussi à celles qui n’ont connu que les interdits et qui, avec les années, ont fini par se détester, accusant leur corps d’être à l’origine de leurs libertés opprimées. Je leur dis : oui, vous pouvez danser! Dansez chez vous, dans votre intimité, avec votre fille ou avec vos amies.

Et quand vous voulez, où vous voulez. Et vous n’avez rien à payer! Vous aussi, vous avez le droit de bénéficier des bienfaits des activités sportives qui sont multiples et concernent tout l’organisme. Le sport améliore les performances du coeur, enrichit la vascularisation, permet une meilleure ventilation pulmonaire et une meilleure oxygénation cellulaire.
Le sport prévient le diabète, réduit les lipides sanguins ainsi que la masse grasse. Sur le plan locomoteur, il améliore la force musculaire et procure tonus, réflexes et agilité améliorés tout en prévenant l’ostéoporose et en élevant le seuil de résistance à la douleur. Le tout sur un fond de sentiment de bien-être, tant recherché.

La danse, et particulièrement la danse orientale, permet à la femme de prendre en charge son corps et de la réconcilier avec lui. Devenu source d’inquiétudes et de soucis, il redevient source de plaisir et d’admiration! Respecter l’esthétique et la cadence gestuelle tout en conservant la grâce et la féminité nécessite la meilleure des coordinations et dépasse mille rééducations. Y aurait-il un meilleur agent antidépresseur? Et… sans frais ni effets indésirables!