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Femmes On doit s’en… fer !

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Femmes On doit s’en… fer !

Qu’on soit ado, enceinte ou ménopausée, ou même en toute période de notre vie, notre corps réclame plus de fer que celui de nos hommes, pratiquement deux fois plus dès l’âge adulte. Comment répondre à ce besoin afin d’éviter des carences qui sont susceptibles de provoquer fatigue, migraines ou encore anémie et les vertiges qui l’accompagnent généralement ?

par Nour Bouhajla

Effectivement, alors que 9 mg suffisent à répondre aux besoins en fer de ces messieurs, il nous en faut 16 mg par jour pour tenir le coup ! Soit presque le double… Et encore deux fois plus quand un bébé est en route.

Un apport sous haute surveillance

Malgré l’augmentation au cours de la grossesse des capacités d’absorption intestinale du fer, qu’il soit d’origine animale ou végétale, les apports alimentaires peuvent être insuffisants, surtout en cas de carence antérieure à la grossesse.
On estime toutefois qu’une alimentation variée apportant plus de 2000 kcal/j, sans exclure les protéines d’origine animale, permet de couvrir les besoins en fer des femmes enceintes, mais pas de corriger une anémie ferriprive.

Le fer est un oligo-élément essentiel au bon fonctionnement de notre système nerveux. Il permet également de lutter efficacement contre les infections.
C’est la raison pour laquelle, en cas de grossesse, le gynécologue prescrit systématiquement des compléments fériques à la femme enceinte et ce, dès les premiers mois, car il devient alors nécessaire de fournir au corps plus de fer, 30 mg dès le deuxième trimestre pour éviter un retard de croissance intra utérin (petit bébé).
Par ailleurs, dès la puberté, avec nos premières règles (surtout si elles sont anormalement longues ou anormalement abondantes), les besoins en fer de notre organisme augmentent. D’autres périodes de la vie génitale des femmes font augmenter la consommation de fer et d’oligoélements, notamment la ménopause du fait des défauts d’absorption. Nous devons ainsi veiller aux apports en fer pour éviter les carences.

Les tannins tuent le fer

Notre petit thé fumant à la menthe ? Nous n’y renoncerions pour rien au monde. Il nous aide à digérer et nous apporte une réelle sensation de bien-être. Plus que cela, il s’agit d’une tradition bien ancrée à laquelle nous ne sommes pas prêtes à renoncer. Et pourtant, les tanins que les feuilles de thé contiennent ont un effet des plus néfastes sur l’absorption du fer. Il en est de même pour le vin avec lequel nous accompagnons parfois notre repas.

Le conseil du spécialiste :

Evitez de boire un verre de vin pour accompagner une viande et patientez pour siroter votre tasse de thé… Ne la buvez pas tout de suite en sortant de table.

Mission énergie

Revenons au fer, cet oligo-élément essentiel au bon fonctionnement de notre système nerveux qui permet également de lutter efficacement contre les infections.
Composée d’une protéine (la globine) et d’un pigment (l’hème) qui donne la couleur rouge au sang, l’hémoglobine renferme 65 % du fer de notre organisme. Ce fer qui a pour mission de transporter l’oxygène des poumons vers nos cellules. L’oxygène lui-même nécessaire à la production d’énergie dans les cellules ce qui permet aux organes d’accomplir leurs fonctions.
L’alimentation normale apporte en moyenne 10 à 20 mg/j dont seulement 10 % sont absorbés, une quantité supplémentaire est nécessaire pendant la grossesse : prélevée sur les réserves (foie, rate et moelle).

Prévention

Voilà pourquoi, mieux vaut prévenir que guérir. En particulier grâce à une alimentation saine et équilibrée qui devrait permettre de combler nos besoins spécifiques. Au menu, viande rouge, volaille, poisson et…
tenez-vous bien, les clovisses (ou palourdes) qui sont naturellement riches en fer. La championne demeurant cette dernière qui représente une source de fer exceptionnelle soit quatre fois plus qu’une même portion de foie de boeuf ou de veau ! Ne vous en privez pas surtout sachant que 100 grammes de palourde couvrent 100% de nos besoins quotidiens.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé,25% de la population mondiale souffre d’anémie. La moitié de ces cas serait attribuable à une carence nutritionnelle en fer. Les femmes qui ont des règles abondantes et les femmes enceintes sont celles qui ont le plus à risque de souffrir d’anémie.

L’anémie, une maladie

Une carence en fer peut provoquer outre les désagréments cités plus haut, une anémie qui se traduit par une diminution du nombre de globules rouges et de la teneur en hémoglobine, qui transporte l’oxygène, de notre sang. Elle est même l’une des causes principales de cette maladie. L’anémie se démasque soit au cours de la grossesse, soit dans le post-partum immédiat, et ce d’autant plus que la femme allaite.
Elle solde par une fatigue générale, la fameuse « fechla », ou de l’essoufflement, qui en sont les premiers signes d’alertes en raison de la sollicitation plus importante du cœur qui doit apporter l’oxygène à l’organisme. Egalement pâleur, maux de tête, érosion des commissures labiales, langue lisse, fragilité des ongles et des phanères, asthénie, dyspnée d’effort ou encore sensation de vertige. Ces signaux doivent être pris au sérieux. Le médecin prescrira toutefois avant de se prononcer un bilan sanguin et, éventuellement un traitement à base de fer en cas d’anémie sachant que nous, les femmes modernes, sans être automatiquement anémiques, souffrons souvent de carences en fer.

En cas d’anémie, le risque de décès des suites d’une maladie, d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral augmente considérablement chez les personnes âgées.