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Hystérique ? Ça se soigne…

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Hystérique ? Ça se soigne…

La névrose hystérique touche essentiellement les jeunes femmes. Elle est la conséquence de la fixation
symbolique de l’angoisse sur des symptômes physiques ou psychiques. Les changements brusques de
comportement, la « manipulation » et la mythomanie, font partie du tableau habituel de l’hystérie. Les
névroses hystériques graves sont assez rebelles, mais elles s’atténuent avec l’âge et peuvent se traiter
efficacement.

par Kamel Bouaouina

➤ Qu’est-ce que la névrose hystérique dite également hystérie ?

On peut dire que l’ hystérie est une névrose caractérisée par l’hyper-expressivité somatique des idées, des images et des affects inconscients. Ses symptômes sont appelés « conversions » et il s’agit essentiellement de manifestations psychomotrices, sensorielles ou végétatives. Ces manifestations ou conversions surviennent généralement sur une personnalité fragile de type hystérique.
La névrose hystérique toucherait près de 1% de la population.
Hippocrate considérait l’hystérie comme un trouble typiquement féminin. Seulement, même si les femmes sont nombreuses à être victimes de l’hystérie, les études psychologiques modernes ont démontré que les hommes ne sont pas du tout immunisés contre ce trouble et que l’hystérie masculine est de plus en plus décrite. Mais chez l’homme, elle adopte un masque de troubles des comportements et des conduites antisociales, notamment l’intolérance à la frustration, l’alcoolisme et la toxicomanie.

➤ Quels sont les signes de la maladie ?

Le noeud central de toute névrose est l’anxiété. Dans le cadre de la névrose hystérique, l’anxiété est « convertie » c’est-à-dire transformée en un symptôme somatique, mais sans lésion organique. Les symptômes apparaissent suite à un facteur de stress (dispute par exemple) sur une personnalité de type hystérique. Ces symptômes ne sont pas durables et n’ont pas de substratum organique. Ils cèdent avec l’amélioration du facteur de stress. Les symptômes touchent essentiellement les organes de la vie de relation à savoir la motricité (la marche ou la parole) la sensibilité et les organes des sens (la vue, le toucher) et se donnent à voir volontiers de manière spectaculaire afin d’attirer l’attention de l’entourage : pseudoparalysies (pseudohémiplégie, pseudoparaplégie), tremblements,
crampes, troubles de la sensibilité, etc. On peut rencontrer des crises de nerfs spectaculaires. Il arrive
également que la personne s’évanouisse à la suite de tensions nerveuses incontrôlables. Parmi les atteintes motrices, on décrit une incapacité de garder la station debout, et de marcher (astasie-abasie). Les atteintes sensitives sont des douleurs fréquentes. Les atteintes sensorielles peuvent être des troubles visuels : brouillard visuel, diplopie ; surdité, pseudo cécité…
On peut également observer des crises syncopales ou tétaniques. Des troubles de la conscience sont possibles ainsi que des troubles de la mémoire, de la sexualité ou une inhibition intellectuelle.

➤ Comment est décrite la personnalité hystérique ?

La personnalité hystérique est caractérisée avant tout par l’apparat ; le « paraître » prend nettement le pas sur l’« être ». La personne est constamment préoccupée par son apparence. Elle veut apparaître sous son meilleur jour afin de capter l’attention de l’autre, quitte à enjoliver la réalité ou même à mentir (mythomanie) et à falsifier la réalité. Les récits biographique sont nettement infiltrés de rajouts et de soustractions, toujours poursuivant le même but de plaire à l’autre. La personne en vient à être maniérée ou théâtrale tellement elle veut convaincre l’autre. Elle est souvent séductrice mais il s’agit d’une séduction quasi systématique, grossière et maladroite. Ceci dénote un autre trait de caractère qui est la dépendance affective à l’autre et la peur de la solitude. Ces personnalités sont aussi caractérisées par l’hyperréactivité émotionnelle avec colères, larmes, désespoir et conduites suicidaires à la moindre frustration.

➤ Comment traite-t-on cette névrose ?

La prévention de l’hystérie passe par le contrôle des émotions et la gestion des angoisses. L’approche
psychothérapique est centrale et essentielle. Plusieurs techniques peuvent être proposées, notamment les techniques cognitives et comportementales. Les psychothérapies à médiation corporelle peuvent également trouver place dans le dispositif de soins. Les traitements chimiothérapiques sont proposés en cas de décompensation franche (dépression, par exemple). L’hospitalisation si elle est nécessaire, doit être la plus brève possible avec isolement pour réduire les effets secondaires.