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J’ai un fibrome… oui et alors?

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J’ai un fibrome… oui et alors?

Vous avez pris rendez-vous avec votre gynéco pour des règles particulièrement douloureuses et là, le verdict tombe : vous avez des fibromes. Reprenez vos esprits et surtout pas de panique ! Sachez que les fibromes sont un souci majeur pour près d’une femme sur deux dans le monde et ne dégénèrent jamais en cancer, au cas où le terme « tumeur bénigne », généralement associé au fibrome, vous donne des sueurs froides.

par Zeineb Guizani

Masse bénigne constituée de tissus fibreux très durs et denses et se développant à partir du muscle utérin, le fibrome peut être de la grosseur d’une bille, tout comme il peut atteindre la grosseur d’une grosse orange.
La survenue d’un ou de plusieurs fibromes, chez une femme, est très fréquent. Un ou des fibromes peuvent apparaître à tout âge, depuis la puberté à la ménopause. Le haut niveau d’œstrogènes à cette période étant plus élevé, celui-ci favorise leur croissance, mais ils tendent à régresser, après la ménopause en raison de la baisse de ce même niveau. La plupart du temps, le fibrome est constaté chez les patientes, lors d’un examen de routine lorsque celles-ci sont affectées par des règles fréquentes et abondantes, des crampes abdominales, des ballonnements et même lors de problèmes de fertilité. Mais il peut aussi se révéler discret et dans ce cas ne nécessiter aucun traitement particulier. Ce qui reste certain c’est que, même si les fibromes sont la cause de symptômes parfois très handicapants, ils demeurent le plus souvent bénins et n’évoluent jamais en cancer, même si médicalement ils sont désignés en tant que « tumeurs bénignes ».

Symptômes et risques liés aux fibromes

Les fibromes n’entraînent aucun symptôme dans la grande majorité des cas et sont principalement découverts, par hasard, lors d’un simple examen de routine. C’est pour cela qu’ils doivent être confirmés par le gynécologue, après un examen. Quand aux symptômes, ils varient selon la taille du fibrome et sa localisation, mais également selon les femmes. Ses manifestations les plus fréquentes consistent en :

Une gêne urinaire, parce qu’un fibrome aura tendance à resserrer la vessie et, par conséquent, à entraver le flot urinaire. À long terme, la non élimination complète de l’urine et de ses impuretés entraîne des infections urinaires à répétition.

Des épisodes de constipation, car un fibrome qui se développe dans la région abdominale exerce une pression sur le côlon, et peut entraver le transit intestinal normal, d’où les difficultés au moment de la défécation.

Des saignements dans le cas d’un ou de plusieurs fibromes sous-muqueux, car ceux-ci modifient la paroi de l’utérus et entraînent donc des hémorragies, au moment des règles. Ces saignements abondants auront pour effet de créer une anémie due à la carence en fer.

Des rapports sexuels douloureux car la masse même du fibrome peut,dans certains cas, déformer le vagin.

L’apparition d’une masse abdominale (augmentation de la taille du ventre).

« Les fibromes (…) ne dégénèrent JAMAIS en cancer, ni en cancer de l’utérus ou de l’ovaire. »

… Et dans des cas extrêmes

La stérilité lorsque les fibromes sont volumineux et accaparent l’utérus, car ils peuvent empêcher le déroulement naturel d’une grossesse.

Ou bien des grossesses à risque, lorsqu’ils sont importants. Ils peuvent être la cause de fausses couches, d’accouchements prématurés ou, simplement, de douleurs pendant cette phase, du fait de la diminution de leur vascularisation.

Il existe trois types de fibromes

Il faut savoir que tous les fibromes ne sont pas les mêmes et qu’ils se différencient selon leur localisation dans l’utérus.

1) Les fibromes intramuraux ou interstitiels sont le type le plus fréquent de fibromes, à raison de deux cas sur trois et se développent au niveau de la couche musculaire entourant l’utérus.

2) Les fibromes sous-séreux se développant du côté de l’abdomen.

3) …Et les fibromes sous-muqueux qui appartiennent au type le moins fréquent et se manifestent par des saignements abondants. Ce type de fibrome se développe à l’intérieur de l’utérus, vu qu’il empêche la nidation de la grossesse.

En gros… plus on fait de bébés, moins on en a !

Parmi les principaux facteurs de risque, on recense:

L’hérédité, comme premier facteur de risque et le plus répandu. En effet, une femme dont la mère a un fibrome est plus susceptible d’en développer un également. En second lieu, vient L’ethnicité.

Étrangement, les femmes à la peau sombre seraient plus susceptibles de développer des fibromes à cause de leur génétique due à l’environnement dans lequel elles vivent. En effet, une constante exposition solaire, donc une forte absorption de vitamine par le métabolisme, jouerait un rôle dans l’apparition de fibromes chez ces femmes.

Également la nulliparité, c’est-à-dire le fait de n’avoir pas connu de grossesses au cours de sa vie, augmente le risque de contracter un ou plusieurs fibromes, comme le fait d’avoir connu une ou plusieurs grossesses réduit le risque d’en avoir.

Et enfin l’obésité, selon certaines études scientifiques.

Fibrome et cancer

Les fibromes sont autrement appelés « tumeurs bénignes », mais ne dégénèrent JAMAIS en cancer, ni en cancer de l’utérus ou de l’ovaire

Docteur, comment réduire ces douleurs ?

Si vos fibromes ne provoquent pas de gêne non organique, il vous est possible de prendre un anti-inflammatoire, afin de réduire les douleurs après, avoir pris l’avis de votre médecin traitant et ne s’en administrer que pendant une courte période, puis de faire un suivi.

Ou bien, méthode encore plus simple, en appliquant une poche de glace au niveau de l’abdomen. Mais si les symptômes se révèlent particulièrement sévères, votre gynécologue pourrait vous diriger vers l’option chirurgicale comme la myomectomie qui est une intervention visant à retirer les fibromes.

Cependant, si cette chirurgie a le mérite de ne pas agir sur la fertilité, elle peut entraîner des grossesses à risque.

L’hystérectomie, quant à elle, est une chirurgie radicale car elle consiste en l’ablation de l’utérus. Alors, si vous êtes à 100 % sûre de ne plus vouloir de bébés et que vous avez plus de 45 ans, ce pourrait être une option efficace.

L’avis du spécialiste : Dr Maher Ftouh, gynécologue

«Lorsqu’il s’installe dans l’utérus, un fibrome lance, en quelque sorte, des signaux d’appels physiologiques en se manifestant soit par des douleurs abdominales, des règles abondantes, soit par des saignements en dehors des règles. Et la douleur qu’il engendre dépend de sa taille, tout comme elle dépend aussi de sa localisation précise. Prenez garde à ne pas trop le prendre à la légère, sous couvert qu’il est assez répandu, de même que de ne pas dramatiser car il faut garder à l’esprit que l’on peut en guérir. »