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La protection solaire : Une question d’étiquettes

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La protection solaire : Une question  d’étiquettes

L’été, la plage, le soleil… Des millions de personnes se pressent vers les destinations ensoleillées pour passer leurs vacances d’été. Et ils sont des millions à se demander quel produit solaire choisir pour bien se protéger des méfaits du soleil. Or, les systèmes actuels d’étiquetage des produits de protection solaire laissent à désirer.

par Jaouida Ben Aouali

Le problème tient essentiellement à l’existence des deux types de rayons ultraviolets dangereux pour l’organisme : d’une part les rayons UVB, responsables des coups de soleil, et d’autre part les UVA, qui provoquent un vieillissement cutané prématuré, perturbent le système immunitaire et constituent un important facteur de risque de cancer de la peau. Le facteur de protection solaire (SPF) n’indiquant que la protection contre le coup de soleil (rayons UVB), améliorer le système d’étiquetage de ces produits et faire en sorte que l’industrie concernée applique des règles simples, compréhensibles et uniformes d’étiquetage des produits solaires était devenu nécessaire.

Conscients des effets nocifs du soleil notamment sur la peau, de son implication dans le vieillissement et face à l’augmentation des cancers cutanés, les consommateurs savent désormais que plusieurs précautions sont à prendre et qu’il est indispensable d’utiliser un produit de protection solaire. A cet effet, l’étiquetage des crèmes solaires n’étant pas homogène et chaque marque possédant sa gamme de produits aux degrés de protection allant de 6 à 60, voire plus, jusqu’à l’écran total, choisir une protection adéquate par rapport au temps d’exposition et au type de peau devient extrêmement difficile puisque chaque laboratoire utilise ses propres critères.

Depuis 2007, une nouvelle réglementation sur l’étiquetage des produits de protection solaire apporte plus de précisions aux consommateurs.

Les rayons solaires et leurs effets

• Les UVA ou rayonnements longs.
Constants et forts tout au long de l’année et à tout moment de la journée, moins puissants que les UVB mais en plus grande proportion, les UVA représentent 95 à 98 % des ultraviolets qui atteignent la surface de la terre. Pénétrant plus profondément dans la peau, 30 % d’entre eux touchent le derme et provoquent la formation des radicaux libres à l’origine de la détérioration des lipides, des protéines et de l’ADN cellulaire et de la destruction des fibres de collagène et d’élastine. Rides, taches brunâtres et même cancer sont autant d’expressions de l’endommagement et du vieillissement prématuré de la peau induits par ces rayonnements. Lente et cumulative, leur nocivité n’est pas toujours ressentie dans l’immédiat, sans compter les allergies solaires et les réactions photo-sensibilisantes. Les UVA sont à l’origine du bronzage rapide.

• Les UVB ou rayonnements moyens.
Représentant 2 à 5 % des rayonnements qui atteignent la surface de la terre, plus courts mais aussi plus puissants que les UVA et s’intensifiant en été, à haute altitude et près de l’équateur, les UVB sont quasi-complètement absorbés par l’atmosphère terrestre. Leur pénétration dans l’organisme étant limitée à l’épiderme, ils agissent essentiellement au niveau des couches externes de la peau et sont la cause principale des coups de soleil, du photo-vieillissement et des cancers cutanés. 10 % seulement d’entre eux pénètrent dans la couche la plus profonde de l’épiderme mais ceux-ci sont capables d’endommager l’ADN cellulaire et de modifier le message génétique. En outre, ils agressent le système immunitaire et peuvent être responsables de la cataracte. C’est dire les multiples dégâts que les UV peuvent engendrer dans l’organisme.

Les produits de protection solaire

Les produits antisolaires doivent présenter une efficacité tant à l’égard des UVB que des UVA. Tous les constituants de la formule ne doivent ni se dégrader ni se modifier sous l’action de ces rayons et ce, afin de ne pas entrainer la chute de l’indice de protection. On parle alors de photostabilité. Par ailleurs, le choix du produit est déterminant pour la résistance à l’eau et à la transpiration. Il faut également éviter d’y incorporer des substances photosensibilisantes comme les parfums pour une bonne tolérance par la peau et les muqueuses. Enfin leur fluidité doit correspondre à l’application, ceux-ci devant former un film continu et homogène sur la peau.

Crèmes, laits, huiles, gels, sticks, sprays, lingettes… se présentant sous différentes formes, les filtres solaires sont capables de réduire les effets délétères des rayons UV par absorption, réflexion ou diffusion.

Ce facteur qui nous veut du bien

Indiquant le taux de protection anti-UVB octroyé par le produit, le facteur de protection solaire (FPS ou SPF) est une mesure de l’efficacité des photoprotecteurs qu’il contient quant aux effets à court terme des rayonnements UV. Il indique aussi la durée pendant laquelle l’exposition au soleil sans brûlure est possible par rapport à celle sans protection. Plus l’indice est élevé, meilleure est la protection.

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour déterminer l’efficacité d’un écran solaire. Ainsi, les caractéristiques de la personne, telles que l’âge, le type de peau, sa teneur en mélanine et le degré de bronzage pré-acquis, sa température, le niveau d’hydratation, la transpiration, la partie exposée du corps et l’épaisseur de la peau, les conditions environnementales comme l’intensité des UV, la température de l’air et son degré d’humidité, le moment de la journée et de l’année, le lieu d’exposition, le degré de couverture nuageuse, le niveau d’ozone ou l’intensité de réflexion de la lumière, la qualité de l’écran solaire, s’il est waterproof ou non, la quantité appliquée, la fréquence d’application ou le spectre de l’écran

A chacun son étiquette

La Commission européenne avait déjà établi une liste de conditions devant être respectées par tout établissement de fabrication de produits cosmétiques, dont les produits de protection solaire, des mentions lisibles, compréhensives et indélébiles concernant leur étiquetage étant désormais obligatoires : nom ou raison sociale et adresse du fabricant, contenu nominal au moment du conditionnement, date de validité minimale, précautions particulières d’emploi, numéro de lot de fabrication, fonction du produit, liste des ingrédients dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur incorporation.

Cependant, face à une prise de conscience de la grave nocivité des rayonnements solaires sur la santé et au manque de clarté de l’étiquetage des produits de protection solaire, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a fait, en janvier 2006, des recommandations, visant à inciter les industriels à améliorer la qualité des produits mis sur le marché en vue d’harmoniser la communication des fabricants, de simplifier la comparaison entre produits et de faciliter le choix du consommateur.

Ainsi, un produit de protection solaire doit garantir un minimum de protection contre les rayons UVB et UVA et tenir compte de la photodégradation, le degré minimum de protection UVB étant de 6 et celui contre les UVA étant le 1/3 du SPF. Il doit aussi comporter un étiquetage en harmonie avec les allégations, les précautions d’emploi et les instructions d’utilisation.