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Les trente douloureuses : reconnaître et surmonter la crise de la trentaine

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Les trente douloureuses : reconnaître et surmonter la crise de la trentaine

Ah trente ans ! L’âge de la maturité, de la construction, une décennie bâtisseuse, l’âge des grands projets et des réalisations : engagement, mariage, famille, premier enfant, premier appartement… Bref, l’adolescence est déjà loin, on a la foi, la force de la jeunesse et la stabilité de l’âge adulte. La vie nous parait plus stable et pourtant, c’est la crise !

par Amel Dhaouadi

Mais comment s’explique ce blues alors que tout va pour le mieux ? Comment expliquer ce flux de questionnements et ce mal-être qui peut conduire à tout changer et recommencer à zéro ?

C’est justement ce chiffre trente, jadis rassurant, est devenu anxiogène aujourd’hui, en couple ou célibataire, éternel étudiant ou bien intégré dans son travail, personne n’échappe à ce passage en « Zone de turbulences ». Ce
cap est délicat à franchir pour plusieurs raisons :
C’est une crise de transition, un passage de l’insouciance des vingt-ans vers un âge responsable. Méconnue, tue ou ignorée, elle est médiatisée par l’émergence d’une nouvelle génération de trentenaires plus à l’écoute d’elle-même,
une génération plus ouverte mais aussi plus fragilisée par les pressions sociales, environnementales et ceci a sensibilisé les spécialistes qui désormais se penchent sur les enjeux de ce tournant. La situer et la comprendre permet de mieux apprivoiser ce passage douleur, sans grandes pertes et fracs.

Reconnaître les symptômes

Les trente terrifiantes : Le premier symptôme certainement est celui qui nous mettra sur la voie de la Trentophobie (la phobie du chiffre 30). Le voir s’approcher, redouter chaque mois à partir de vingt-neuf ans, à peine dépassé le chiffre fatidique, vous vous surprendrez à mentir pour la première fois à propos de votre âge, c’est le premier symptôme d’une crise de la trentaine.
Un sentiment d’échec : On se réveille trente ans au compteur, et la vie ne ressemble pas vraiment au schéma qu’on a tracé ; une impression de retard en tout : par rapport à votre entourage ou vos parents. Or, trente ans n’est qu’un début et en aucun cas une fin. C’est même le moment de cibler les buts car c’est un âge où la visibilité et la lucidité sont bien meilleures qu’à vingt ans.
La remise en cause des acquis : Les réalisation qui étaient autrefois sources de fierté, vos études votre travail, votre famille, vous semblent soudainement dérisoires et mineures. Et ceci est du à une vision déformée par les doutes et les incertitudes et une baisse de l’estime de soi.
La saison des premiers regrets : Ce cap est l’occasion de faire un bilan, un peu sévère de tous ce qui a été manqué, ou raté, en se retournant subitement sur ce qui a été perdu et en regrettant le passé. Ceci est un des signes de la crise de la trentaine.
Un rapport différent avec l’argent : L’insouciance de la vingtaine, et les dépenses sans compter vous retournent subitement en pleine figure. Vous vous réveillez avec l’impression d’avoir un rapport très malsain avec l’argent, en dépensant plus que vous ne gagnez, et ceci est en soi très anxiogène. Car l’indépendance matérielle est un aspect très important de l’âge adulte et c’est aussi l’un des plus inquiétants.
La remise en question professionnelle : l’un des symptômes récurrents de la crise de trente ans c’est la remise en question du cheminement de carrière : où suis-je? Suis-je satisfait de mon rendu? Est ce que j’aime ce que je fais? C’est d ‘ailleurs à ce moment là que de plus en plus de personnes, switchent, migrent, ou changent totalement de plan de carrière ou même de domaine.
Se comparer aux autres en tout et tout le temps : C’est à la fois un symptôme et parfois même un
déclencheur et un générateur de la crise de la trentaine. Cette dite crise se nourrit de ces comparaisons, parfois
motivantes mais souvent malsaines et auto-flagellantes, qui donnent un sentiment d’échec, ou de retard par rapport à ses amis ou à son entourage. Ce sentiment lancinant et pernicieux que votre vie n’en vaut pas la peine, et que vous n’êtes pas aussi bon, aussi riche et aussi accompli que les autres. Ceci implique parfois de scruter discrètement la vie de vos proches sur les réseaux sociaux ce qui approfondit l’isolement social, l’envie et la jalousie.
Devenir Casanier : Si vous vous transformez subitement de « Dance Floor Queen » en reine des soirées télé tisanes, si votre canapé, vos grosses chaussettes et votre pyjama régressifs ont remplacé le parfait kit de clubbeuse, si vous refusez les invitations en soirée et préférez rester isolée, c’est que vous êtes en pleine crise de la trentaine.
Syndrome de l’imposteur : Si vous avez réussi à trente ans à avoir la vie dont vous rêviez : une carrière pleine de succès, mais que subitement vous perdez confiance en vous et en vos capacités, en doutant de vos compétence et en vous considérant comme vide et sans intérêt, ceci est le signe du début de la crise de l’imposteur.
Refuser les dictats de la performance et rechercher le bien-être et l’équilibre : C’est certainement un des signes positifs de la crise de trente ans. Passant d’un extrême à l’autre certains bloquent tout ce qui peut nuire à leur intégrité émotionnelle ou perturber leur équilibre : adieu ambition course à la réussite professionnelle ou financière.
Un sentiment d’insécurité amoureuse : En effet la crise de la trentaine est un moment très délicat à gérer que l’on soit en couple, marié ou célibataire. Ce cap est difficile car c’est un moment ou on remet en cause ses choix, mais c’est aussi un moment où l’on s’inquiété de son célibat et de voir les autres évoluer en famille et c’est certainement un des symptômes les plus durs à vivre pour le trentenaire, entraînant parfois des décisions radicales et déraisonnées.

Passer sereinement le cap, sans sombrer

Ce passage difficile et obligatoire peut être traversé comme toutes les tempêtes de la vie en s’armant de sa propre force et en se faisant aider par les plus proches. Pour ceci, il faudrait :
Renforcer la confiance en soi : Les femmes plus particulièrement sujettes à cette crise perdent facilement confiance en elles, se sous-estimant tout le temps, alors qu’en vérité, la trentaine est un âge magnifique et c’est le moment où l’on devient femme accomplie. Pour retrouver confiance en vous, rétablissez un dialogue intérieur positif, acceptez les compliments, aimez vous et appréciez que l’on vous trouve belle et talentueuse.
Recréez votre image selon ce que vous êtes : Changez de coiffure ou de garde robe, mais sachez que votre capital est votre personnalité, et que vous méritez de vous faire confiance.
Soyez indulgente avec vous-même : Avoir trente ans, ce n’est pas devenir infaillible, c’est juste devenir adulte : un être humain qui a encore droit aux erreurs et qui peut les corriger et les assumer.
Retissez vos liens : Ne vous enfermez pas dans vos doutes et vos angoisses, ouvrez vous à vos amis, vos proches et votre compagnon, rien n’a changé, vous passez un moment dur qui ne détermine en rien vos qualités. Soyez vous-même, on vous aime pour ça !
En couple, retrouvez-vous : Une crise peut être bénéfique pour se rapprocher et retrouver une fusion perdue. La crise appelle un dénouement et le couple est un espace idéal pour surmonter cette épreuve ensemble. L’introspection et la meilleure connaissance de soi, permettent de vous rapprocher de votre partenaire et vous signifier à quel point il peut être indispensable.
Célibataire, c’est le moment d’ouvrir votre coeur : La crise de la trentaine marque le début d’une vie d’adulte mûr. Pour un célibataire, il peut s’agir d’une difficulté à trouver sa place au sein d’une société qui nous vante le bonheur à deux ou en famille, mais d’abord, on n’a que 30 ans et toute la vie pour être
heureux donc pas de panique ! Cette crise permettra de faire le bon choix, peut être même celui d’une vie. Aimez- vous et aimez vos trente ans ! Trente c’est merveilleux, et ce que vous avez accompli jusque là est déjà bien. Fermez la porte à la déprime, et refusez cette crise existentielle.
Arrêtez de vous comparer aux autres : Ceci ne vous avancera en rien ! Chacun a un cheminement propre, un rythme et rien n’est déterminant à un âge donné. On peut fonder une famille à vingt-cinq ans et qui éclate deux ans après comme on peut devenir mère à quarante ans et être totalement épanouie.
Oubliez vos petits défauts : tout le monde en a et c’est ce qui fait votre charme. Ne vous dénigrez pas et aimez vous telle que vous êtes et non telle que le modèle « esthétiquement-correct » l’impose. Trente ans c’est l’âge où vous devez vous dire : « Je suis là où je dois être, comme je veux être et c’est ainsi que je serai encore meilleure ». Abandonnez ce fantasme d’image parfaite imposée par le dictat de la mode ou le Main Stream, vous valez plus que çà vous êtes un être magnifique : une femme de trente ans !
Comme tout passage à niveau (si vous êtes fan de Candy crash vous me comprenez), ce cap sera difficile, mais surmontable, restez confiante, ouverte, demandez l’aide d’un ami. A trente ans le meilleur reste à venir, et
vous laisserez sans regrets votre vie « d’adulescent » pour grandir et fonder un foyer, ou pour cheminer dans la vie
selon vos désirs à vous, sans copier, sans se comparer ni se confronter aux autres. Et n’oubliez pas, cette petite
crise est un vaccin qui vous prépare aux autres passages difficiles de la vie, donc prenez-la avec philosophie.