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Bien manger, ça s’apprend aussi !

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Bien manger, ça s’apprend aussi !

1-Offrir les apports quotidiens nécessaires à l’équilibre de l’enfant.

Des céréales et des féculents à chaque repas: pain, riz, pâtes, pommes de terre. Des légumes frais, crus, cuits à la vapeur, sautés, riches en vitamines, minéraux et fibres, aux deux repas principaux. Viande, poisson, tous les jours, oeufs 2 à 3 fois par semaine. Deux fruits au moins quotidiens, crus, en compote, pressés. 3 ou 4 produits laitiers par jour: lait, yaourt, fromage. Un peu de matière grasse, beurre pour la vitamine A au petit-déjeuner par exemple, et huile pour la vitamine E, plutôt de l’huile d’olive en assaisonnement. Et surtout un minimum de beurre cuit et d’huile frite. Quant aux sucreries, on ne peut éviter les incontournables biscuits et le chocolat, à doses raisonnables.

2-Apprenez à votre enfant à bien manger, c’est-à-dire varié et équilibré.

Entre 3 et 6 ans, il peut manger de tout puisque cette période de sa vie est marquée par le développement et l’affinement du goût. Mais c’est au même âge aussi qu’il passe par des crises de néophobie, à savoir le rejet sans explication, du jour au lendemain, d’un aliment et le refus de goûter quelque chose qu’il ne connaît pas. Charge à nous, parents, de développer toutes les stratégies possibles et de prendre le temps de dispenser une véritable éducation alimentaire, avec ses plaisirs et ses contraintes. En commençant par montrer l’exemple.

3-Définissez en famille le rythme, la durée et les conditions des repas.

Quatre repas par jour avec un goûter indispensable, bien pensé, véritable paradis de l’enfance. Jamais moins de 20 minutes à table. Et dans la mesure du possible, au minimum un repas en famille par jour, convivial, dans le calme et la bonne humeur, sans télévision, pour que ces retrouvailles constituent un rituel de découverte alimentaire et un moment privilégié d’échanges autour de l’assiette.

4-Aiguisez son sens de la découverte.

Multipliez les astuces pour convaincre l’enfant de toucher aux mets qu’il ne connaît pas, aiguisez-lui l’appétit, sollicitez sa curiosité et évacuez impérativement les parasites qui pourraient le détourner de sa concentration sur ce qu’il mange, comme les petits jeux à table ou la «mère cathodique».

5-Rusez comme un indien…

Commencez par exemple par faire les courses ensemble, préparez le repas ensemble en transformant l’enfant en cuisinier en herbe, faites travailler son imagination pour donner des formes originales aux légumes préparés, décorez avec lui son assiette ou les assiettes familiales en les présentant de façon attrayante, jouez ensemble avec les couleurs, les textures, osez les gratins inattendus, les mélanges-prétextes (la chorba à agrémenter de ce qu’on veut faire manger, ou des légumes farcis), multipliez les découvertes gustatives sous forme de petit jeu. On peut jouer au client difficile et au restaurateur, ou au colin-maillard des saveurs …

Selon le Pr Leila Trabelsi Alouane, qui nous apporte un éclairage concret pour accomplir ces tâches qu’il ne faut pas bâcler car elles détermineront le comportement alimentaire de l’enfant toute sa vie, «la barrière principale est le goût instinctif et marqué que les enfants portent à ce qui est facile à manger et rassurant car connu: le mou, le gras, le sucré, le salé, le pétillant.» Autrement dit: les purées, les frites, les pizzas, les pâtes, les beignets, les gâteaux, les crèmes, les glaces, les sodas…< Une alimentation équilibrée dès 3 ans s’inscrit dans la logique d’un comportement réfléchi face à la nutrition pour l’adolescent et l’adulte en devenir. Au coeur de la croissance et au moment de l’affinement du goût, il est primordial que les enfants intègrent des attitudes et des pratiques en famille qui constitueront une référence dans leur vie et préserveront durablement leur capital santé.

6-Vous avez quatre repas pour vous entraîner…

Le petit déjeuner est crucial, élément de vitalité: 1 produit céréalier ou des céréales complètes, du lait ou 1 yaourt, 1 fruit pressé, en quartiers ou en compote, 1 tartine beurrée, un peu de sucre (chocolat ou confiture). S’il n’est pas du matin, glissez dans le cartable: un fruit, un produit laitier type yaourt ou fromage, du pain et du vrai chocolat.

Le déjeuner: des protéines végétales (riz, pâtes) et animales, 1 produit laitier, 1 portion de légumes ou de fruits. Si votre enfant mange à la cantine, n’oubliez pas que les menus sont établis avec des nutritionnistes, donc l’équilibre du repas n’est pas en péril. C’est le contexte qui change et qui peut être intéressant avec l’acquisition des règles de politesse et de partage, la socialisation de la nourriture.

Le goûter: la pause réconfort par excellence qui représente 15% de l’apport énergétique journalier! L’idéal, c’est le pain du boulanger avec du chocolat, ou 1 bol de céréales, ou un fruit et un yaourt. Il faut absolument éviter les viennoiseries et les barres énergétiques qui doivent rester des solutions de dépannage.

Le dîner: complément du déjeuner. Mais inutile de manger de la viande aussi le soir. Par exemple, 100 g de crudités. 200g de féculents cuits (2 pommes de terre ou 4 cuillerées à soupe de semoule), 1 yaourt et 1/8 de baguette.

7-Respecter ses limites mais tenir fermement les vôtres<

Il n’a plus faim? Cherchez à savoir pourquoi. Fatigue, stress, grignotages intempestifs, selon la réponse, prenez la décision adéquate (limite des grignotages, heure du coucher avancée, etc.) et n’insistez pas. Il joue en même temps qu’il mange, il ne lâche pas l’écran de télévision d’un seul oeil, complètement hypnotisé? Éteignez le poste en lui expliquant pourquoi, proposez de discuter avec lui et faites-lui raconter le dernier dessin animé qui l’a fasciné… Il ne verra pas le temps passer en mangeant. Il refuse le repas préparé? Ne cédez pas en remplaçant le plat, au risque d’encourager ses caprices ou sa tyrannie. Il réclame du soda à table? Instaurez une bonne fois pour toutes, et pour toute la famille, l’indispensable eau, en gardant la consommation de sodas pour des moments plus exceptionnels. Et gardez toujours en tête de ne jamais transformer un repas en théâtre de conflit, qu’il soit alimentaire ou familial. L’enfant risquerait inconsciemment d’associer aliments ingérés et éléments… mal digérés.

100 calories par année…

 
Les lipides sont les corps gras qui constituent notre réserve d’énergie, essentiels à la fabrication des cellules nerveuses. On les trouve dans l’huile, le beurre, la margarine, les gâteaux, les fritures.

L’essentiel est de retenir que concernant les apports énergétiques, à 1 an l’enfant a besoin de 1100 calories, et il suffit d’ajouter 100 calories par année: 1200 à 2 ans, 1300 à 3 ans, etc. A 6 ans donc, 1600 calories.
A nous de suivre cette échelle.