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La bronchiolite chez l’enfant

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La bronchiolite chez l’enfant

La bronchiolite est une maladie hivernale qui touche les bronchioles des bébés et des nourrissons. Elle est due à une infection virale aiguë par le virus respiratoire syncytial (VrS). Chaque hiver, le tiers des nourrissons sont infectés.

Quels sont les signes de cette infection virale ? Comment atténuer cette maladie qui se propage avec le temps froid? Et comment se protéger contre la contamination des voies respiratoires basses chez l’enfant ?

Les symptômes de la bronchiolite

La bronchiolite se manifeste par un rhume, un frémissement respiratoire anormal, un sifflement, un chuintement,
parfois une contrainte respiratoire, des écoulements de la fosse nasale, de la fièvre, une toux sèche et une absence d’appétit. Cette infection respiratoire basse affecte près de 200 à 500 milles nourrissons et petits enfants entre un mois et deux ans. En fait, à cet âge, les poumons des enfants sont immatures et se retrouvent fragiles, ainsi ils sont vulnérables à toute infection microbienne. Un creusement du thorax appelé aussi un signe de l’entonnoir et une respiration rapide constituent des signes alarmants pour la bronchiolite.

Les causes de la bronchiolite

La bronchiolite est une infection liée à une atteinte virale par le virus respiratoire syncytial. C’est un virus
très contagieux. Sa transmission se fait soit par voie aérienne, soit par le contact cutané et également par la
toux et la salive, soit des objets souillés ou par un adulte déjà enrhumé. Les bronchiolites sont courantes dans
les milieux de collectivités comme les jardins d’enfants, les écoles et les établissements hospitaliers au cours
des épidémies hivernales.

Le diagnostic

L’examen clinique d’une bronchiolite se fait par un médecin pédiatre ou un pneumologue. L’anamnèse et l’épreuve de la respiration montrant un petit sifflement permettent de confirmer le diagnostic. Un dépistage immunologique peut se faire au moyen d’un prélèvement au niveau des muqueuses des voies aériennes supérieures.

Les complications d’une bronchiolite

Les conséquences graves d’une bronchiolite se manifestent par une détresse respiratoire. Dans un cas sur dix, une bronchiolite s’avère grave, surtout entre l’âge de trois à six mois.
Une insuffisance respiratoire, voire cardiaque peuvent survenir et mettre en péril la vie du petit enfant. Lorsqu’une bronchiolite récidive à plusieurs reprises, l’enfant peut développer un asthme. Par ailleurs, une apnée
respiratoire ou une cyanose peuvent survenir. Dans d’autres cas, une cardiopathie et des troubles digestives sont examinés dans des cas sévères de bronchiolite.

La prise en charge d’une bronchiolite

Le traitement de la bronchiolite se fait selon les signes de l’enfant et son terrain. La prise en charge se base sur des médicaments pour apaiser la symptomatologie, soit des bronchodilatateurs en sprays, des anti-éternuements, des antipyrétiques et des anti-toux. Par ailleurs, un désencombrement bronchique est nécessaire et se fait par des séances de kinésithérapie entre 5 à 10 séances. La phytothérapie peut être utilisée en ayant recours à des plantes
immunostimulantes à titre d’exemple l’échinacée, la propolis, le thym, le plantain ou l’eucalyptus en formes de
gélules ou de suspension.

Les bases de prévention d’une bronchiolite

Plusieurs mesures de prévention doivent être adoptées pour prévenir la bronchiolite, il est important d’adopter un nettoyage fréquent des mains lors de l’occupation du nouveau né et du petit enfant et un masque lorsqu’un parent est enrhumé, l’aération de la chambre de l’enfant au moins une quinzaine de minutes le matin et le maintien d’une température stable de la chambre de 19°C à 22°C. Par ailleurs, la mise en collectivité des bébés à risques est à éviter pour diminuer le risque de contamination par cette affection bronchique. De plus, il est important d’empêcher une exposition à des fumées telles les fumées tabagiques ou encore les particules polluantes. Les milieux clos ne sont pas conseillés pour les enfants fragiles.

Ahmed Messadi

Dr Ahmed Messadi, Médecin spécialiste en pneumologie

Qu’est-ce qu’une bronchiolite aiguë ?

La bronchiolite aiguë est une infection respiratoire virale qui atteint les petites bronches.
Elle touche les jeunes enfants de moins de 2 ans avec un pic de fréquence pour les nourrissons de moins de 6 mois.
Elle est le plus souvent provoquée par le virus respiratoire syncytial (VRS) ou le virus parainfluenza 3, mais d’autres virus sont parfois en cause. L’infection par ces virus provoque une inflammation des voies aériennes à
l’origine des symptômes. La plupart des cas apparaissent entre novembre et avril, avec un pic de fréquence aux mois de janvier et février.

Comment se manifeste une bronchiolite ?

Cette maladie infectieuse démarre en général par un rhume : écoulement nasal, éternuements, légère fièvre et, parfois par une toux. Au bout de quelques jours, l’état progresse vers une gêne respiratoire avec des sifflements surtout expiratoires. La durée de l’épisode de bronchiolite est d’environ une semaine à 10 jours. La grande majorité des cas sont bénins et se soignent à la maison. Chez les nourrissons plus sévèrement touchés, la respiration est rapide, peu profonde et implique un effort intense des muscles respiratoires. Ils sont grincheux et
peuvent se déshydrater à cause de la difficulté à s’alimenter. Les cas sévères et les décès par bronchiolite restent rares.
La bronchiolite étant source d’une grande anxiété pour les parents, ceux-ci ne doivent pas hésiter à demander l’avis d’un médecin dès l’installation des premiers symptômes. Ce dernier saura évaluer l’état de santé de l’enfant, et pourra rassurer les parents, ou dans de rares cas indiquer une hospitalisation.

Quels sont les traitements de la bronchiolite ?

La bronchiolite est une maladie spontanément résolutive et il faut savoir qu’il n’existe pas de traitement spécifique. Il est actuellement admis que l’efficacité des médicaments inhalés (bronchodilatateurs, corticoïdes,
adrénaline) reste discutable, ces derniers ne sont donc pas systématiques. La kinésithérapie respiratoire, selon
plusieurs études, ne permet ni de raccourcir le séjour hospitalier ni la durée des symptômes. Bien que largement prescrite, elle n’est pas recommandée systématiquement.
Les antibiotiques ne sont d’aucune aide, sauf dans les cas où il y a des preuves de surinfection bactérienne.
La plupart des nourrissons ont une maladie légère qui peut être traitée à domicile par l’apport de liquides pour éviter la déshydratation, le fractionnement de l’alimentation et des soins visant à assurer leur confort comme les lavages de nez pour permettre une meilleure respiration et du paracétamol en cas de fièvre.
Pour ceux qui doivent être hospitalisés, des soins incluant une alimentation assistée, l’aspiration nasale et l’oxygénothérapie demeurent les piliers du traitement.

Quels sont les bonnes pratiques pour soulager efficacement un enfant atteint de bronchiolite ?

Vu qu’aucun traitement médicamenteux n’est véritablement spécifique de la bronchiolite, quelques mesures pratiques sont à connaitre et à appliquer:
– veiller à désencombrer plusieurs fois par jour le nez du nourrisson surtout avant la prise du biberon et avant de le coucher.
– Ne pas trop chauffer la chambre de bébé et penser à l’aérer, de préférence tôt le matin.
– Coucher le bébé sur le dos en plaçant un oreiller sous son matelas pour lui permettre de mieux respirer. Ne pas
trop le couvrir.
– Fractionner les repas (c’est-à-dire plus de repas avec moins de quantité)
– Prévenir la déshydratation en lui faisant boire plus de biberons.
– S’abstenir de fumer en sa présence.
– Eviter le contact avec d’autres nourrissons.

Comment prévenir la bronchiolite ?

Pour limiter la propagation de la bronchiolite au sein de la famille et de la collectivité, quelques précautions
sont à prendre :
– Laver les mains à l’eau et au savon fréquemment, et veiller à ce que les autres membres de la famille le fassent
également.
– Eviter d’embrasser l’enfant sur le visage et dissuader les membres de la famille, particulièrement les frères et
soeurs s’ils fréquentent une collectivité en période d’épidémie.
– Ne pas échanger les sucettes et les biberons de bébé et les nettoyer après chaque usage.
– Porter un masque en cas de rhume en cas de contact avec l’enfant.
– Aérer la chambre de l’enfant tous les jours et éviter de la surchauffer. Eviter les lieux publics où l’enfant pourrait être en contact direct avec des personnes enrhumées (transports en commun, centres commerciaux, hôpitaux…).