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Circoncision, du rituel à la thérapie

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Circoncision, du rituel à la thérapie

A l’approche du mois de Ramadan et des fêtes religieuses, les familles tunisiennes commencent à envisager la circoncision de leurs jeunes garçons. C’est de loin l’opération chirurgicale la plus fréquemment pratiquée dans le monde.

par Ghada Zayene

La circoncision consiste en l’ablation partielle ou totale du prépuce, pratiquée à la demande des parents pour des raisons religieuses mais aussi pour motif médical.
Le service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital d’enfants « Béchir Hamza », reçoit chaque année des centaines de parents souhaitant circoncire leurs petits.
Rencontre avec Pr Mohamed Mourad Hamzaoui, chirurgien pédiatrique et chef de service assisté par Dr Fatma Fitouri

Fatma Fitouri

Dr Fatma Fitouri, Assistante en chirurgie pédiatrique à l’hôpital « Béchir Hamza »

Quels sont les soins à pratiquer après une circoncision ?

Pendant la période de cicatrisation (entre une et deux semaines), il est préférable de
• Porter des vêtements amples et confortables ;
• Eviter de poser une compresse. Mieux vaut laisser la plaie cicatriser à l’air libre ;
• Bien se laver les mains avant de toucher la plaie ;
• Utiliser un antiseptique deux à trois fois par jour ;
• Appliquer une pommade dermique MEBO idéale pour ses propriétés cicatrisantes et analgésiques. D’ailleurs, à l’hôpital, nous l’appliquons déjà immédiatement après l’intervention

Mohamed Mourad Hamzaoui

Pr Mohamed Mourad Hamzaoui, chirurgien pédiatrique

Quand doit-on pratiquer une circoncision ?

La circoncision est pratiquée par la majorité des musulmans bien qu’elle ne soit pas mentionnée dans le coran, première source du droit musulman. Les défenseurs de la circoncision recourent alors à la « Sunnah », préférant souvent circoncire leurs petits garçons à la naissance, à la fin de la première semaine ou pour marquer le quarantième jour de la naissance. D’autres choisissent de profiter des occasions religieuses comme le mois de Ramadan. Les circoncisions sont généralement suivies de festins pour célébrer la purification et les bienfaits hygiéniques de cet acte.
En tant que chirurgiens, nous sommes également amenés à pratiquer des circoncisions thérapeutiques, relevant d’une nécessité médicale lors des cas suivants :
• Infection du prépuce caractérisée par une rougeur et des démangeaisons du gland et du prépuce.
• Phimosis soit rétrécissement de l’extrémité du prépuce ou orifice prépucial qui empêche de décalotter complètement et facilement le gland.
• Malformation du pénis qui est le plus souvent diagnostiquée à la naissance et pose des problèmes esthétiques et
parfois fonctionnels nécessitant une prise en charge chirurgicale.
• Infection urinaire

Quels sont les avantages de la circoncision ?

Ils sont multiples, indépendamment des raisons culturelles et religieuses.
L’ablation d’une partie du prépuce diminue les risques :
• D’infection au Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) ;
• Des infections urinaires ou toute autre infection sexuellement transmissible ;
• Certains cancers du pénis (extrêmement rare) ;
• Des problèmes d’éjaculation précoce après la puberté.

Qui est habilité à pratiquer la circoncision ?

Tout d’abord, toute circoncision devrait être prise en charge par la CNAM pour permettre aussi bien aux familles aisées qu’aux familles nécessiteuses de faire circoncire leurs jeunes garçons dans un bloc opératoire et interdire la circoncision rituelle qui est traditionnellement pratiquée sans anesthésie par un « circonciseur ».
La circoncision doit être un acte médicalisé impérativement pratiqué par un urologue, un chirurgien pédiatre ou un chirurgien général, dans un environnement médical sous anesthésie générale ou locale et sous le contrôle d’un anesthésiste réanimateur qui peut demander un bilan pré AG à l’enfant quand cela s’avère nécessaire.
Une circoncision réalisée par un non professionnel pourrait causer des complications graves tels que :
• Une hémorragie : le prépuce contient de multiples vaisseaux sanguins, son ablation peut se compliquer d’un risque hémorragique important.
• Une infection : la cicatrice de la circoncision, le matériel utilisé ou l’environnement non stérilisé peuvent
favoriser la survenue d’infection.
• Accidents chirurgicaux : l’ablation d’une quantité importante de peau peut conduire à des érections douloureuses
dans le futur, ce qui nécessitera une opération corrective par un spécialiste.
Il peut y avoir un risque de fistule urétrale, de blessure ou perte du gland ou de pénis … et bien que cela soit rare, la circoncision faite par un non professionnel peut entraîner la mort !

Quel est l’âge idéal pour circoncire son enfant ?

L’âge idéal pour circoncire son enfant se situe entre 2 et 3 ans, quand celui-ci est mature sur le plan physiologique.
Plus l’enfant est jeune moins il sent la douleur et la mémorise, il est préférable alors de le circoncire à cet âge pour éviter également les risques graves de l’anesthésie. Il est nécessaire de préparer l’enfant psychologiquement une semaine avant la circoncision en lui expliquant que son « zizi » deviendra plus joli et qu’il recevra plein de cadeaux. Il faut absolument lui dire la vérité et le préparer psychologiquement.

Des cadeaux pour les circoncis de Ramadan

creme cicatrisante MEBO
Comme chaque année, à l’occasion du mois de Ramadan, une action de circoncision a lieu à l’hôpital d’enfants « Béchir Hamza » en partenariat avec les laboratoires Julphar. L’objectif est d’offrir des circoncisions gratuites, réalisées en toute sécurité par des spécialistes, toujours dans une bonne ambiance et avec plein de cadeaux pour les petits circoncis. Cette action organisée chaque année ne se limite pas uniquement à la capitale mais apporte aussi le sourire aux familles de Kairouan, Bizerte, Sfax et Sousse.