Crèche ou pas crèche, Telle est la question !

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crèche pas crèche

Votre petit bout commence à bouger dans tous les sens et vous commencez à avoir du mal à suivre. Si bien que vos proches vous répètent sans cesse qu’il serait bien temps de le mettre à la crèche. Mais est-il vraiment prêt ?

par Myriam Bennour Azooz

D’ailleurs l’êtes-vous vous-même ? Crèche ou pas crèche : une sacrée question !

La crèche est devenue aujourd’hui un mode de garde assez généralisé. Si bien que certains parents se sentent coupables de ne pas y avoir déjà intégrer leur enfant. Mais décider de mettre ou non son tout petit à la crèche est une décision individuelle que doivent prendre chaque parent, en prenant en considération le bien-être de leur enfant avant tout, et puis leurs propres disponibilités, car la crèche a pour elles bien des atouts certes, mais des inconvénients aussi. Bref, c’est un choix qui demande réflexion.

La crèche : pourquoi faire ?

Certains diront que la crèche est vitale au bon développement social du petit, elle lui apprend à vivre en communauté, à échanger, à accepter l’autre et à s’intégrer. Mais dans les premiers mois de vie du bébé, ce dernier en est encore à la construction de son individualité. En effet, il n’est pas en mesure de faire attention à l’autre. D’ailleurs, rappelons-le, à la naissance, le bébé n’a même pas conscience qu’il est une personne à part entière, il se confond avec sa mère certes, mais aussi avec son environnement et son entourage. Ce n’est que vers 8 mois qu’il commence à comprendre que sa mère et lui ne sont pas la même personne. C’est d’ailleurs pour cela qu’apparait la peur de la séparation.
Mais la crèche est admise pour les tous petits dès 2 mois. Loin d’être un besoin d’expérimenter la vie en groupe, elle est alors un choix ou une nécessité pour les parents.

Attendre que les liens se tissent

Pour certains spécialistes de la petite enfance, notamment les psychologues, le bébé en début de vie, doit d’abord consolider ses liens avec ses parents avant son entrée en crèche. En effet, il existe beaucoup d’études dans ce sens, dont les théories qui se fondent sur la biologie de l’attachement.
L’idée est que ce sont les liens que l’on tisse, l’affection qui se crée entre le bébé et ses parents qui vont lui
donner confiance en lui et l’aider à se développer de façon optimale tant sur le plan physique qu’intellectuel
et émotionnel. Or, la première année, et principalement les 6 premiers mois sont décisifs dans la création et le renforcement de ce lien, de cet attachement. C’est cet attachement qui va, selon les principes de la biologie de l’attachement, permettre à l’enfant de s’épanouir dans sa vie. Ce n’est qu’une fois que l’enfant est suffisamment nourrit de ce lien, qu’il sera renforcé de l’essence de ses parents en leur absence, ayant construit une vraie relation avec eux. Il pourra alors entrer dans une collectivité comme celle que représente la crèche. Il n’en sera que plus confiant et apte à affronter l’autre. Ce sont là les conclusions auxquelles plusieurs spécialistes se sont mis d’accord au cours de ces dernières années.

Crèche : comment savoir s’il est prêt ?

Là encore les spécialistes ne sont pas avares de conseils. Certains disent qu’il est préférable d’attendre qu’il ait effectué les vaccins principaux, d’autres qu’on ne peut se décider qu’au cas par cas. Ici, c’est donc au pédiatre de donner son avis sur la question, étant plus au fait de l’état de santé du tout petit et de la solidité de son système immunitaire. Ici, c’est la question de la contagion qui se pose ; otites, gastro, rhinites, parfois les crèches peuvent être un véritable nid à microbes, qui peuvent parfois être virulentes pour le tout petit. Enfin, d’autres spécialistes disent encore que c’est lorsque l’enfant arrive à dire « je », c’est-à-dire vers deux ans et demi qu’il sera prêt à faire son entrée en crèche. En effet, par ce mot, l’enfant signifie à ses parents qu’il a désormais vraiment conscience de lui-même, il est donc prêt à passer à l’étape suivante, celle de la rencontre avec l’autre, celle de la sociabilisation.

La crèche : lieu de sociabilisation

Le principal argument qu’entendent les parents dans l’argumentaire pro crèche, c’est justement cette fameuse sociabilisation. Mais qu’est-ce qu’on entend par là ? C’est tout simplement le fait d’entrer dans la société. Pour un tout petit cela se résume à entrer en contact avec d’autres enfants mais aussi d’autres adultes (le personnel de la crèche) en dehors du cercle familial rassurant. C’est une étape primordiale pour le développement de l’enfant, puisqu’il apprendra, entre autres qu’il n’est pas le nombril du monde ! En entrant dans la crèche, on lui dira « non », il devra apprendre à partager, à attendre son tour et à respecter l’autre : autant de principes nécessaires pour qu’il devienne un adulte responsable et équilibré.

La crèche : un environnement propice à l’éveil

L’enfant apprend de son entourage, vous le remarquez certainement chez votre petit. Il veut tapoter sur l’ordinateur comme maman, manipuler la télécommande comme papa, et boire au verre comme les grands qui l’entourent.
Mais il faut bien reconnaître que papa et maman n’arrivent pas toujours à suivre le mouvement de ce petit être si énergique et à le stimuler tout le long de la journée. Là encore, la crèche offre à bébé ce dont il a besoin. D’abord par le personnel qualifié et présent et qui saura le pousser à explorer et à développer tout son potentiel.
Ensuite, comme le premier moteur d’apprentissage de l’être humain est l’imitation, l’enfant entouré de ses semblables sera poussé à faire comme eux. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’on dit que, généralement, les enfants qui sont en crèche acquièrent la parole plus tôt. L’enfant en crèche est donc sollicité en permanence par
d’autres adultes, mais aussi par ses petits camarades. Il apprendra bien des choses tout en s’habituant assez vite à la vie en collectivité.