Mes Gosses

Dis, elle est comment ta maîtresse ?

Publié le
Dis, elle est comment ta maîtresse ?

L’école, on aime ou on déteste mais une chose est certaine elle ne nous laisse pas indifférent. Mais cet amour ou ce désamour tient plus souvent à l’enseignant et à sa personnalité qu’aux résultats obtenus.

par Armelle Lelimouzin

Montaha (6 ans), Wala (8 ans) et Bilal (9 ans) nous expliquent comment ils perçoivent leurs enseignants avec toute la lucidité de leur âge.

Nous avons tous été marqués au cours de notre scolarité par un enseignant : l’enseignant «tyran» dont la simple idée de le retrouver le lundi matin nous terrorisait ou au contraire «la maîtresse la plus gentille du monde» qui nous fascinait par son savoir et nous apportait réconfort et compréhension. Des personnalités qui ont, avouons-le, de quoi rivaliser avec les parents ! Et, c’est bien là que se situe le problème car entre des enseignants qui se prennent pour les parents et des parents qui jouent les enseignants, l’enfant peut avoir du mal à comprendre le rôle de chacun et à construire sa propre identité.

Parent-enseignant : une rivalité

Le parent est le détenteur de l’autorité, notion qui renvoie d’ailleurs à une notion de pouvoir. Il est chargé d’élever son enfant, de lui transmettre des valeurs éducatives liées à un projet parental, culturel, social et économique. Tout ceci constitue un idéal d’éducation auquel vient se greffer l’histoire personnelle des parents.

Or, bien souvent cet idéal éducatif interfère avec le rapport que les parents entretenaient avec l’école à l’âge de leur enfant. Un parent excellent élève acceptera difficilement que sa progéniture rencontre des difficultés et inversement un parent en situation fragile avec l’école ne verra pas l’importance que celle-ci peut avoir pour son enfant et aura du mal à admettre la fascination de son enfant pour son enseignant.

Le rôle de l’enseignant, lui, est régi par des textes officiels et  se limite à la sphère de l’école.  Ses principales missions consistent à transmettre des savoirs, à permettre l’acquisition de connaissances et à développer des compétences intellectuelles, sociales… Mais alors que l’enseignant s’adresse à un enfant-élève, englobé dans un groupe, le parent considère son enfant comme unique.

Face à ces deux représentations, l’enfant doit apprendre à faire la part des choses et est parfois tiraillé entre un enseignant se sentant investi d’un rôle qui dépasse largement les limites de son autorité et des parents qui voient en lui un rival. Par peur de se sentir déposséder de leur pouvoir, il arrive donc que les parents rentrent dans un conflit d’autorité reposant sur un conflit de rivalité et de compétition par rapport à l’enfant.

Mais qu’est ce qui les pousse à cette rivalité si ce n’est une lutte de compétences?

Quoiqu’il en soit, nos années de scolarisation resteront à tout jamais gravées dans nos mémoires, que ce soit nos pires ou nos plus belles années. Elles sont synonymes d’un apprentissage qui va bien au-delà de la simple connaissance : celui de la justice, de la frustration, de l’abandon de l’égocentrisme pour la sociabilité… bref celui où notre enfant bascule de l’imaginaire vers le réel.