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Mon enfant est jaloux de son petit frère. Que faire ?

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Mon enfant est jaloux de son petit frère. Que faire ?

Vous attendez un heureux évènement, pour la seconde ou troisième fois, et vous en êtes ravie ! Mais une chose vous inquiète tout de même : comment va réagir mon aîné ? Va-t-il être jaloux ? Comment alors le gérer ?

par Myriam Bennour Azooz

Pas de panique, la jalousie est un sentiment tout ce qu’il y a de plus normal, d’autant plus lorsqu’on parle d’un enfant ! Le tout est de prendre son temps pour le comprendre et l’aider lui-même à comprendre ce qu’il ressent.

Comment s’exprime la jalousie ?

Sous ce terme unique se décline une infinité d’attitudes et d’agissements d’intensités variables. En effet, nous ne sommes pas tous égaux face à la jalousie, et chacun trouvera des moyens bien personnels de l’exprimer. A la naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur, un enfant pourra commencer à agir en bébé. Ainsi, il se remettra à parler le bébé (les babillages), à sucer son pouce, à avoir des accidents côté propreté, si bien qu’il voudra porter une couche. Il n’est pas rare non plus que l’enfant réclame la nourriture de bébé : lait et purée exclusivement ! Sinon, il est assez courant qu’un enfant jaloux devienne agressif : qu’il casse ses jouets, crie, fasse mal au nouveau-né ou refuse d’obéir. Mais ce qu’il faut avant tout voir dans toutes ces attitudes aussi perturbantes pour la famille qu’elles puissent être, c’est le message que l’enfant cherche à faire parvenir à ses parents « Tu t’occupes trop du bébé, et pas assez de moi ! Moi aussi j’ai encore besoin que tu t’occupes de moi et que tu m’aimes ! »

La jalousie : une question d’âge

Un enfant ne réagira pas de la même manière, ni avec la même intensité selon qu’il aura moins de 3 ans ou plus. En effet, c’est l’enfant de 1 à 3 ans qui risque d’être le plus jaloux du nouveau bébé de la maisonnée. Et il pourra d’ailleurs passer très rapidement d’un état d’excitation ou même de fierté à de la tristesse du ressentiment ou même de la jalousie. Il a aussi de fortes chances d’être agressif, même envers le bébé, et d’avoir des phases de régressions. Cela est dû à l’immaturité de son affect, qui fait qu’il a du mal à comprendre ce qu’il ressent, et à admettre l’idée de devoir partager l’attention de ses parents.
Par contre, un enfant plus vieux aura de plus grandes chances de manifester ses sentiments de jalousie de façon plus subtile. C’est dans ce sens qu’il pourra accuser le bébé de certaines de ses propres bêtises ou le serrer trop fort dans ses bras. Mais la jalousie chez les aînés peut se manifester de différentes manières encore. C’est ainsi que le grand frère, prenant son rôle très au sérieux, aura tendance à être très possessif avec le bébé, ne laissant personne s’en approcher, ou au contraire, en être tellement fière qu’il voudra le montrer à tout le monde !
Enfin, certains enfants réagiront avec enthousiasme à l’idée de devenir grands frères ou grandes soeurs, alors que d’autres sembleront être indifférents à cette nouvelle. Mais le fait est que tous comprennent assez vite que leur quotidien va changer du tout au tout. Et ce bien avant la naissance, lorsqu’ils voient leur maman affairée à préparer la chambre de bébé.

La jalousie : ça se prépare bien avant la naissance

Tous les spécialistes conseillent de préparer un enfant à la venue de son petit frère ou de sa petite soeur bien avant l’accouchement. En effet, en lui parlant avec enthousiasme de ce nouveau membre de la famille, l’enfant est mis dans un contexte positif. Il apprend alors que cette naissance est de fait un évènement positif. Mais il faut tout de même savoir que les enfants de 2 à 4 ans maîtrisent mal, si ce n’est pas du tout le concept de temps long. Il ne comprendra donc pas si vous lui dites qu’il va avoir un petit frère dans 8 mois ! Cela devient utile lorsque l’enfant lui-même commence à pressentir des changements. L’idéal est de lui en parler au début du second trimestre. Pour ce faire, choisissez un moment calme et expliquez-lui les choses simplement « maman a un petit bébé qui grandit dans son ventre, bientôt tu auras un petit frère pour jouer ».
Sinon, au fil de la grossesse, votre enfant va bien sentir que ce bébé, bien que pas encore là, prend de plus en plus de place dans votre vie (vous et le papa) : on discute beaucoup de lui, on lui achète des choses, on prépare sa chambre. Autant de choses qui peuvent angoisser votre enfant quant à l’attention que vous lui porter. Pourquoi alors ne pas l’intégrer dans ces préparatifs ? Lui demander son avis pour les couleurs, les objets à mettre dans la chambre ? Lui donner un rôle à y jouer ? Ainsi, la peur d’être écarté, mis de côté sera remplacée par le sentiment d’appartenance et d’être déjà un grand frère (puisqu’il contribue à préparer sa venue).
Une autre bonne façon de faire comprendre l’aîné ce que cela fait et ce que cela veut dire qu’un nouveau bébé va bientôt arriver c’est de lui lire des histoires sur le sujet, ou alors en côtoyant un bébé de votre entourage puisque les enfants comprennent mieux les choses qu’ils peuvent relier à la réalité.
Il y a aussi une idée que certains trouvent efficaces. C’est d’apporter un cadeau à l’aîné le jour de la rentrée de la maternité, lui disant que c’est le bébé qui le lui a apporté. Après, d’autres parents préféreront expliquer au plus grand que c’est chacun son tour, et que ce n’est pas parce que les proches apportent des cadeaux au plus petit qu’il en a forcément un lui aussi. Ici, c’est aux parents de choisir quelle méthode adopter.

Rassurez son aîné

La meilleure réponse face à une crise de jalousie reste encore de rassurer le plus grand, celle-ci n’étant que l’expression de son angoisse d’être moins aimé de ses parents. Pour se faire, dites-lui que vous l’aimez autant qu’avant, et que votre coeur est assez grand pour toute la fratrie tout en lui expliquant qu’il est tout à fait normal qu’il ne ressente pas toujours que de l’amour vis-à-vis du nouveau-né. Il est même bon de le pousser à exprimer ses sentiments pour qu’il évacue toute culpabilité. Pour autant, il ne faut pas que les parents oublient que leur aîné est encore lui-même un tout jeune enfant. Ce n’est pas parce que c’est l’aîné qu’il faut exiger de lui qu’il agisse comme un grand, cela risquerait de le frustrer.
Il ne faut pas oublier de le laisser vivre comme un enfant de son âge !