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Journée portes ouvertes Autiste…je reste un enfant !

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Journée portes ouvertes Autiste…je reste un enfant !

Autiste, ne veut pas dire déficient ou ignorant. L’autiste est juste un peu différent, mais tellement attachant. Il est capable d’apprendre…A l’école, il a aussi sa place…L’autisme n’est pas contagieux, l’ignorance l’est… Apprenons à vivre ensemble !

par Rihab Jebali

L’Association tunisienne pour la promotion de la santé mentale (ATPSM) a organisé, une journée portes ouvertes « Autiste…je suis un enfant », soutenue par Lions club Mahdia, dans le dessein de sensibiliser la communauté nationale à la spécificité de ce trouble psychique infantile et les différentes techniques de prise en charge adoptées, et afin de soutenir et soulager les parents des enfants autistes.

Autiste, le monde m’appartient aussi 

Dr. Lazhar Zarrouk, psychiatre et président du centre « les Colombes 3 » section Mahdia,  précise que cette association a vu le jour le 5 Septembre 2011, suite à la demande des parents à l’initiative de l’ATPSM section de Mahdia et grâce au soutien des pouvoirs publics. Il s’agit d’un centre socio-éducatif, ayant pour objectif  la prise en charge des enfants autistes, adapté  à la nature de leur déficit. Et ce, à travers l’organisation des activités socio-éducatives selon un projet individuel. « Les Colombes 3 » offre aux enfants autistes des activités variées à l’instar de la musique, l’éducation physique et l’équitation entre autres, avec l’installation d’un mini zoo au sein du centre, afin de faciliter la  sociabilité et favoriser l’accès de l’enfant autiste à une autonomie. Sans oublier, bien sûr, le soutien et l’encadrement permanent des familles des autistes, par des séminaires de sensibilisation et des journées portes ouvertes, à travers lesquels ils ouvrent leur cœur et expriment leurs préoccupations et douleurs.  

Autisme : du dépistage aux techniques de prise en charge

Une journée portes ouvertes a été organisée le 10 Mars 2013 à Mahdia, des synergies s’étaient développées entre pédopsychiatres, éducatrices, orthophoniste et thérapeutes pluridisciplinaires (musicothérapeute, ergothérapeute, zoo-thérapeute), abordant  les différents aspects cliniques de l’autisme, du dépistage aux techniques de prise en charge. Les parents ont interagi, par des interrogations, des témoignages dans un débat fructueux avec les spécialistes qui ont essayé de les soutenir, les soulager et de leur donner une lueur d’espoir.

C’est quoi l’autisme ? 

•L’autisme est défini  par « l’inaptitude à établir des relations normales avec les personnes et à réagir normalement aux situations, depuis le début de leur vie. »  (Léo Kanner-Nervous Child).
•Pour désigner l’autisme, les classifications internationales utilisent le terme «Troubles envahissants du développement » (TED)
•La fréquence du trouble estimée par le recoupement de différentes sources est vraisemblablement de 1 pour 1000 pour l’autisme « au sens large ».
•L’autisme est plus fréquent dans le sexe masculin : 3 à 4 garçons, pour 1fille.

Dr Hela Slama et Dr Rym Bourourou,  pédopsychiatres à l’Hôpital Taher Sfar de Mahdia, ont approché dans un premier temps les différents aspects de l’autisme, par une description clinique récente des  signes et des comportements autistiques (stéréotypies, motricité limitée, maniérisme alimentaire…) et des troubles de communication (verbale et non-verbale). Elles ont exposé les formes cliniques les plus connues comme le syndrome d’Asperger (autiste savant) et le syndrome de RETT. Elles ont défini, enfin, plusieurs méthodes basées sur la communication comme la méthode PECS (Picture Exchange Communication System) et sur le développement comportemental comme la méthode ABA (Applied Behavior Analysis) et TEACHC (Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicapped Children) et les apprentissages reposant sur une structure simplifiée et répétitive de la tâche à accomplir. Les intervenants auprès de l’enfant autiste peuvent être l’orthophoniste, le psychologue, l’ergothérapeute et le musicothérapeute…

Formes cliniques de l’autisme

-Les autistes Asperger : Les autistes de « haut niveau » ou autistes « intelligents ». Certains d’entre eux sont  appelés « autistes savants », à l’instar de  Isaac Newton, Alexandre Graham Bell, Albert Einstein, Thomas Edison, Bill Gates …. Ils développent même des capacités exceptionnelles dans des domaines bien particuliers et restreints comme la mémorisation, les perceptions visuo-spatiales ou musicales comme Mozart et Beethoven, ceux-ci étant eux-mêmes autistes Asperger.
•Le langage est de meilleur niveau (écrit et oral)
•Isolement et incompréhension  des émotions et des intentions de l’autre
•Pas de stéréotypies motrices
•Maladresse  

-Syndrome de RETT : C’est une forme d’autisme qui touche les filles plutôt que les garçons et elle apparaît dès les cinq premiers mois. Elle est connue par :
•L’altération grave du langage expressif et impressif
•Un trouble de la marche
•La perte de la socialisation
•Une perte des compétences manuelles acquises
•Des mouvements stéréotypés des mains (lavage des mains)

Latifa Methamem, ergothérapeute au sein de l’association « les Colombes 3 », a évoqué l’importance de l’ergothérapie auprès des enfants autistes,  afin de préserver et de développer leur indépendance et leur autonomie dans leur environnement. Son rôle est d’évaluer les habilités, les forces et les difficultés liées aux activités de la vie quotidienne de l’enfant au sein de la collectivité.
Commençant par l’amélioration des gestes en lien avec la vie quotidien, ensuite la stimulation des capacités visio-spatiales (repérage visuel, stratégie du regard), et la rééducation des fonctions motrices fines et globales et les fonctions supérieurs (mémoire, attention, organisation, planification), elle a insisté, à la fin sur l’importance du suivi familial et du travail pluridisciplinaire  qu’elle trouve indispensable pour généraliser les apprentissages et donner une cohérence dans la prise en charge de l’enfant autiste. De son côté,  Rihab Jebali, doctorante en musicologie et musicothérapeute au sein de l’association, a insisté sur l’importance de la musicothérapie dans la prise en charge des enfants autistes. Elle a mis en exergue le rôle de la musique dans le développement comportemental et cognitif de l’enfant autiste. La musique  fournit un contexte agréable et significatif pour les répétitions nécessaires à certains apprentissages et représente  un aide-mémoire efficace.  Elle facilite l’interaction, favorise l’expression de soi  et crée un contexte social sûr et structuré pour la communication verbale et non-verbale. Pour cela, elle a présenté quelques résultats obtenus après quelques séances de musicothérapie, auprès des enfants autistes : « J’ai remarqué après 8 séances de musicothérapie, du bien-être, un plaisir extraordinaire pour la musique qui est devenue un pôle d’intérêt nouveau chez les enfants autistes ; ils sont capables de participer au chant et à la production sonore.Une amélioration du comportement socio-affectif  et d’ordre cognitif  est aussi remarquable, avec la diminution du niveau de stress, d’agitation et des comportements auto-agressifs ».

Quelques signes autistiques ?

•Refus ou fuite du contact oculaire et absence d’expression faciale et d’échange mimique
•Absence d’expression et d’échange tonique et absence de jeu de « faire semblant » et de jeu d’imitation sociale •Aucune expression de plaisir, de partage d’intérêt et pas d’intention communicative (pointage, attention conjointe) •Aucune  tentative de communication gestuelle ou mimique, le langage n’apparaît pas à l’âge habituel •Caractère répétitif et stéréotypé des comportements
•Intérêt pour un aspect limité des objets (comportement de flairage, sensation de surface avec un intérêt pour les objets rugueux, des attitudes de grattage, attirance pour la vibration…)
•Intérêt pour des bruits ou sonorités particulières : une musique, une chanson, un froissement de papier…

A l’opposé, il existe une indifférence au monde sonore, en particulier au bruit sociaux (ne répond pas à l’appel).

La zoothérapie a aussi sa place auprès des enfants autistes. Le terme général de zoothérapie s’applique à toute activité faisant interagir des animaux entraînés et soignés, avec des personnes ayant une formation spécifique, dans un but récréatif ou thérapeutique (curatif ou préventif), explique Gabriella Incisa Di Camerana (docteur en chimie et zoo-thérapeute au centre Hippique de Mahdia). Elle affirme, dans sa communication, que la zoothérapie peut aider les gens sur le plan psychologique, physique et affectif. Cette thérapie se divise, selon elle, en deux volets distincts : La THÉRAPIE, assistée par l’animal, où un animal joue le rôle d’intermédiaire, de catalyseur entre un intervenant et un patient et l’ACTIVITÉ, assistée par l’animal pour améliorer la qualité de vie.