Mes Gosses

Maman puis-je goûter à ce que tu manges ?

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Maman puis-je goûter à ce que tu manges ?

Petit à petit, bébé devient moins petit. Il se réveille et s’éveille aux choses de la vie. Parmi les étapes de son initiation, il va apprendre à manger. Ses papilles vont être sollicitées pour découvrir des goûts nouveaux et des saveurs composites. Eh, oui ! Le temps des compotes est arrivé. Beaucoup de mamans qui travaillent n’ont pas forcément le temps de les préparer à la maison et sont obligées d’avoir recours aux fameux petits pots, très pratiques pour les déplacements.
De quoi s’agit-il ?

par Hajer Missaoui

En passant un jour par les rayons puériculture d’un hypermarché, (maintenant que je suis systématiquement obligée de passer par la case couche-culotte, mais de cela, on en reparlera une autre fois), je me suis retrouvée nez à nez avec ces fameuses compotes. En regardant de plus près, je me suis sentie déboussolée.

Comment choisir ? Laquelle prendre ? Quelle compote a meilleur goût ? Quand est ce qu’on peut les donner ?…

Bref, autant de questions que se posent la majorité des nouvelles mamans ; et ce n’est pas les étiquettes collées sur les pots qui leur seront d’un réel secours.

Donc pour vous, nous nous sommes intéressées aux deux marques les plus présentes en grandes surfaces, l’une française et l’autre tunisienne, pour essayer de percer le mystère des petits pots.

La règle de base est très simple : ni conservateurs, ni arômes, ni colorants chimiques, ni sucres, ni gluten, bien sûr.

La présentation des petits pots

Vu de loin, les petits pots des deux marques se ressemblent beaucoup.
Une même contenance de 130 grammes, un récipient en verre, un couvercle vert en métal, des fruits ou des légumes à profusion pour annoncer le goût de la compote et une écriture minuscule, à peine lisible.

Heureusement que, les logos sont quand même là pour les différencier : logo vert pour la marque française et rose pour le label tunisien.

La provenance

Il est important de savoir d’où provient le contenu de la compote.
Nous ne voulons pas donner à nos bambins des fruits et légumes bourrés d’engrais et de pesticides.
Après avoir tourné et retourné les pots, je ne trouve aucune indication de ce genre. Il y a juste une indication du lieu de fabrication de la compote, avec un ‘fabriqué en France’, annoncé dans un petit onglet pour le label français et, tiens, bizarre ! L’Union Européenne citée par le label tunisien en caractères microscopiques.

Tout cela est quand même très flou.

Un ou des fruits ?

Pour apprendre à bébé à reconnaître les saveurs, il ne faut lui faire goûter qu’un seul fruit à la fois. Or,
en cherchant dans ce qui est proposé par les deux labels, nous nous rendons compte que, mis à part les petits pots à la pomme, tous ou presque sont des associations de deux fruits.
Non, diriez-vous ? Détrompez-vous, car si le label tunisien affiche en toute honnêteté la contenance de
ses compotes, le français lui, triche un peu.
Prenez par exemple l’abricot : le premier va annoncer une compote pomme abricot alors que le second inscrit
sur son étiquette abricot tout court. Pourtant en décryptant (avec quelques difficultés) la liste des ingrédients, nous nous apercevons que son pot contient aussi de la pomme. Même chose pour la poire.

Alors, est-ce un oubli intentionnel ou fortuit ?

Alerte au rouge !

« Pas de fraises avant deux ans. » C’est, ce que chaque pédiatre, qui se respecte, conseille aux parents et, c’est
valable pour tous les fruits rouges.
Il est vrai que certaines études récentes ont autorisé leur consommation dès le début de la diversification alimentaire, s’il n’y a pas de terrain favorable au développement d’allergies.
Mais justement, elles sont encore trop fraîches et ne prennent pas en considération le fait que, la fraise est un
histamino-libérateur. Késako ?
C’est l’histamine qui est responsable du développement des manifestations allergiques. En consommant ces fruits,
nous pouvons avoir une réaction inflammatoire grave, sans pour autant y être allergique. Vous suivez ?
Alors, comment se fait-il qu’on propose, à des bouts de chou, la consommation des compotes à la fraise et aux framboises et cela, dès l’âge de quatre mois?

Les ajoutés et les soustraits

La règle de base est très simple : une compote pour bébé ne doit contenir ni conservateurs, ni arômes, ni colorants chimiques à cause de leur toxicité, ni sucres ajoutés pour éviter les risques d’obésité, ni gluten à cause de son pouvoir allergène, bien sûr.
Alors, après avoir tourné plusieurs fois autour du pot, je réussis, tant bien que mal, à trouver les informations dont j’ai besoin et, ce n’est pas encore gagné.
Le label tunisien se montre plus explicite à vrai dire. Il mentionne l’absence du gluten dans un petit médaillon sur la face avant de l’étiquette, alors que pour l’autre marque, il faut revenir jusqu’à la dernière ligne de la liste des ingrédients pour y trouver l’information.
Les autres produits, absents de la composition de la compote, sont eux énoncés dans un petit encadré assez clair.
Le label vert, lui, me fatigue un peu : ‘sans conservateurs’ est annoncé sur la face du pot, de façon qu’il n’ait fait aucune mention explicite de la présence ou non, de colorants ou d’arômes artificiels.
Là encore, il faut revenir à la fameuse liste des ingrédients, mais cette fois, pour noter leur absence.
Autre ambiguïté, le sucre, en ont-ils ajouté à la compote ou non ? Il n’est pas mentionné parmi les ingrédients mais dans la composition nutritionnelle où l’on précise la part des sucres par rapport aux glucides totaux.

Alors, naturel ou additionné ? Attendons de goûter pour savoir.

La question de l’âge

Comment décider de l’âge de la diversification alimentaire chez le bébé. On a longtemps prôné qu’il fallait commencer à quatre mois puis on a préféré attendre l’âge de six mois.
L’actuel consensus préconise que l’introduction de nouveaux aliments est possible dès le cinquième mois s’il n’y a pas d’antécédents d’allergies alimentaires au niveau familial, sinon il faudra attendre le sixième mois.

Ainsi, pour trancher pour ou contre les quatre ou les six mois annoncés par ces marques, il vaudrait mieux vous en référer à l’avis de votre pédiatre.

Maintenant on ‘pop’

Pour bien préserver les compotes, elles sont conditionnées sous vide. La garantie de l’efficacité de cette technique, c’est le fameux ‘pop’ que nous entendons lorsque nous dévissons le couvercle.
Pour les deux marques citées ci-dessus, il n’y a pas de problème. Le ‘pop’ est bien là et m’arrache même un petit sursaut la première fois.
Les couvercles se referment facilement et les pots peuvent être conservés jusqu’à 48 heures au réfrigérateur, même si en réalité, il est préférable de les consommer le jour même de leur ouverture.

Et on goûte enfin

Les papilles gustatives vont enfin travailler.
La texture est douce et fondante pour l’un comme pour l’autre des labels.
Par contre pour le goût, la différence est très prononcée.
Pour le label français, la saveur des fruits est intacte. Nous ressentons réellement le goût annoncé par l’étiquette sans interférences avec celui de la pomme, additionnée comme on l’a expliqué plus haut, sauf dans la compote à la poire car, les deux fruits se rapprochent beaucoup. Par contre, la compote à l’abricot est trop acide. Dans tous les cas, il n’y a pas de sucres ajoutés.
Légère déception avec le label tunisien. Non que ses compotes ne soient pas bonnes, au contraire, elles sont douces et chatouillent délicatement le palais, mais malheureusement, le goût de la pomme est trop prononcé. Le second fruit est ressenti de façon vraiment secondaire et les papilles, encore novices de bébé, auront du mal à les différencier. Mais, les poupons adoreront le goût, naturellement sucré, que donne la forte teneur en pomme aux compotes.

Alors, qui a envie d’une compote ?