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Non, c’est non !

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Non, c’est non !

Quand il a envie de chocolat avant le déjeuner, ou qu’il veut acheter un jouet au supermarché et que vous le lui refusez, votre enfant pique une crise et se met dans tous ses états.
Peut-être capricieux, ou trop gâté, il fait sa crise afin d’obtenir son désir et vous finissez par céder pour ne pas avoir à vous taper la honte à chaque fois en passant pour « la maman qui ne sait pas éduquer son enfant » et qui se sent déstabilisée.

par Saima Ksibi

Pourquoi les caprices ?

L’enfant fait des caprices tout simplement parce qu’il ne peut pas obtenir tout ce qu’il désire: il a envie de chocolat, mais il n’y en a pas dans le frigo ; il insiste pour acheter des bonbons au supermarché, mais vous le lui refusez…
Sa seule façon de résister et de faire une crise de caprices.
Le caprice est aussi la confrontation au désir de l’autre.
Nous avons souvent tendance à trop centrer notre attention sur notre enfant, et il le sent. Mais lorsqu’il grandit, il n’accepte pas facilement le fait que ses parents aient parfois des désirs différents des siens et que tout ne peut pas fonctionner comme il le veut, ce qui risque de provoquer ses crises de caprices.
Par ailleurs, l’enfant a besoin de s’opposer à ses parents de temps en temps pour s’affirmer en tant que sujet et commencer à construire sa personnalité petit à petit.

L’importance du « non» pour un enfant

Même si ça gêne certains parents, la phase du « non » est très constructive pour l’enfant. Cela lui permet de
s’exprimer, d’exprimer son avis et ses désirs …
Un enfant « très sage », « très obéissant » serait plutôt inquiétant, c’est en effet un enfant qui aurait renoncé à son désir propre, qui aurait accepté passivement ce qu’on lui impose, pour se conformer à la volonté de ses parents.
Les enfants disent « non » pour tester la résistance de leurs parents, sentir les limites qu’on leur impose et donc voir jusqu’où ils peuvent aller pour obtenir ce qu’ils désirent.

Ce sont les parents qui font des enfants capricieux

Il faut commencer par savoir ce que c’est qu’un enfant trop gâté.
Les parents qui font constamment des cadeaux à leur progéniture, qui obéissent à tous leurs ordres et leur donnent tout sans fixer de limites, et qui, d’une manière plus générale, cèdent à leurs moindres désirs.
Si à chaque fois vous répondez à toutes les exigences de votre enfant sans conditions sans fixer de limites, il y a de fortes chances que votre enfant devienne trop gâté.
Soyez un bon exemple pour vos enfants !
Comment voulez-vous demander à votre enfant de manger avec enthousiasme des légumes sautés qu’il déteste alors que vous n’en mangez pas ?
Comment le motiver pour aller à l’école si vous partez au bureau de mauvaise humeur tous les matins ? Vos enfants vous admirent dès leur plus jeune âge et c’est à vous qu’ils s’identifient en premier !

Comment réagir dans ce cas?

La première chose que les parents doivent faire c’est d’imposer des limites et des contraintes normales, auxquelles l’enfant doit obéir. Il est important aussi de lui rappeler que ce n’est pas lui qui commande mais plutôt les parents, à qui il doit obéir, sinon il sera puni. Là, les parents doivent être fermes et le sanctionner quand il désobéit.
L’enfant doit savoir qu’un cadeau est une récompense qui doit se mériter, suite à un bon comportement par exemple, ou pour l’encourager à faire une tâche précise.
N’oubliez pas que les récompenses ne doivent pas être démesurées : on ne va pas offrir une console de jeux
dernier cri à un enfant parce qu’il a eu une bonne note ! Choisissez bien vos récompenses, autorisez-le à inviter
ses amis pour une partie de jeux vidéo le weekend par exemple.

Comment faire face à ses caprices ?

Pour que votre enfant ne se transforme pas en un enfant tyran, vous devrez respecter certaines règles primordiales.
– Soyez le plus présent possible pour lui. Ne faites pas l’erreur de confier son éducation à quelqu’un d’autre qui
pourrait anéantir tout votre travail
– Gâtez votre enfant avec modération sans tomber dans les extrêmes.
– Si vous avez eu tendance ces derniers temps à toujours céder, il n’est pas trop tard pour redresser la barre.
Mais avant, il faudra que les deux parents soient d’accord pour que cela fonctionne. A chaque fois qu’il fera un
caprice et que vous refuserez, il vous faudra dialoguer afin de lui expliquer pourquoi ce n’est pas possible.

Si votre enfant a moins de 3 ans, sachez que ses désirs et ses émotions le dominent.
Usez de vos ruses pour le dompter : proposez-lui une activité, ou inventez une histoire afin de désamorcer le caprice naissant (dites-lui, par exemple, que le bonbon veut rester avec ses amis dans le paquet ou que le ballon a envie de dormir au lieu de jouer).
Après l’âge de 3 ans, vous pouvez avoir recours au langage et lui expliquer votre refus.
Restez calme, dites non fermement, soyez cohérent et ne vous laissez pas déstabiliser

L’avis du spécialiste, Mariem Samoud, psychologue

Mariem Samoud
Il y a une différence entre « enfant gâté » et « enfant capricieux ».
Tous les enfants gâtés ne sont pas forcément capricieux. Le problème de la gâterie n’est pas le problème de l’enfant, c’est celui des parents ! Quelques parents font tout le temps des cadeaux à leur progéniture, sans leur
fixer de limites, et cèdent à leurs moindres désirs.
D’autres parents jouent constamment au Géant d’Aladin, et réalisent les désirs de leur enfant, et ce, par culpabilité lorsqu’ils sont divorcés ou trop absents, ou parce que c’est un enfant unique.
Par contre, l’enfant capricieux est un enfant qui formule une demande et qui n’accepte pas que sa demande soit refusée.
Il est important tout de même de savoir que vers l’âge de 3 ans, l’enfant est naturellement « capricieux » : il exige, impose, fait des colères, tyrannise, tape du pied et se roule par terre. Et face à ce petit tyran domestique, les parents sont souvent désemparés, ne sachant pas s’y prendre.
De la manière avec laquelle les parents vont gérer ces crises d’opposition « naturelles » de leur enfant, va dépendre tout le reste. Il est ainsi important de savoir comment s’y prendre.
Quatre mots clés qu’un parent ne doit jamais oublier lors de la gestion des « caprices » de son enfant :
– poser des limites
– être ferme
– ne pas céder
– rassurer l’enfant de l’amour parental inconditionnel et toujours présent, même quand papa et maman sont fâchés contre lui.

Ces quatre attitudes vont permettre à l’enfant de connaître ses limites en toute sécurité.