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Pas à pas vers l’autonomie

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Pas à pas vers l’autonomie

Trois ans, ce n’est rien dans la vie d’un être humain. Mais pour un tout petit bébé, il s’en passe des choses pendant les 3 premières années ! C’est durant cette période qu’il acquiert de plus en plus d’autonomie pour prendre le chemin de l’indépendance !

par Myriam Bennour Azooz

Comment aider son bébé pour le guider au mieux vers son autonomie et notamment à dépasser certaines addictions comme la sucette ?

L’acquisition de l’autonomie : pourquoi est-ce si important ?

Le but de chaque parent est de mener son tout petit vers l’autonomie, mais qu’est-ce que l’autonomie ? Car ce terme englobe en son sein bien plus de significations que simplement devenir grand. Devenir autonome, c’est avant tout arriver à se définir indépendamment des autres. Et cela commence bien avant 3 ans. Le bébé commence petit à petit à vouloir faire tout seul « comme un grand ». Devenir autonome, c’est être capable d’agir et réfléchir par soi-même, cela passe par être en mesure d’avoir assez confiance en soi pour oser poser certains gestes.
Ainsi, l’enfant devenant de plus en plus autonome, se détache de ses parents. C’est ce qui lui permet de développer son estime de lui-même. Une fois devenu grand, c’est ce qui lui donnera la possibilité de se défaire de sa dépendance aux autres et d’éviter l’ennui, s’étant créé une vie intérieure stable et riche.

Le rôle des parents est primordial

Le chemin vers l’autonomie est long et complexe, et le rôle des parents, vous l’aurez compris, y est des plus importants ! En effet, c’est à ces derniers qu’incombe la responsabilité de le guider, et de l’aider à bien vivre chaque étape -que l’enfant vivra forcément comme une séparation-.
La première chose à retenir est que, quel que soit l’âge du bébé, pour bien vivre une séparation, il a besoin de continuité dans ses repères. Ici, les repères sensoriels -tel que le doudou ou un tissu imprégné de l’odeur de maman- peuvent beaucoup faciliter les choses aux parents, quand il s’agira de le faire dormir dans son propre lit ou seul dans sa chambre par exemple.
Le second élément qui pourra venir en aide aux parents dans chaque étape de changement vers l’acquisition de l’autonomie est la discussion. En effet, encore une fois, quel que soit l’âge du bébé, il faut lui parler, lui expliquer les choses. Pas besoin de grands discours pour communiquer avec votre tout petit, puisque c’est avant tout le message émotionnel qu’il comprend.
Des mots simples emplis d’amour et de sentiments suffiront aisément à résumer la situation. Ainsi, même si bébé ne peut pas encore décoder les mots, il s’imbibera de vos émotions et s’en sentira plus fort et plus confiant.
N’oubliez pas, si bébé vous sent rassurée, il le sera à son tour.

Sucette et pouce : du besoin à l’addiction

Tous les professionnels sont d’accord, au-delà de 3 ans, la sucette autant que le pouce risquent de causer des dommages sur la dentition entrainant une mauvaise position des dents. Mais la succion fait partie des premiers instincts du bébé, c’est pour cela d’ailleurs qu’il est difficile pour lui de s’en débarrasser et qu’il est très mauvais de lui retirer sa sucette d’un coup. Au départ, c’est un besoin vital qui lui permettra de boire le lait maternel. Mais le fait de téter contribue aussi à la production de l’endorphine (hormone du bien-être), cela est donc aussi un plaisir qui peut très facilement virer vers la dépendance. Sucer devient alors un repère rassurant, il convient donc d’opérer en douceur en évitant de le rabaisser. Cela se fait en choisissant les mots que l’on utilisera, on choisira ainsi de lui dire « tu es un grand maintenant » au lieu de « tu n’es plus un bébé » qui risquerait de le renfermer et de faire qu’il s’agrippe encore plus à l’objet de succion.

Plus de couches : les premiers piliers vers l’acquisition de l’autonomie

La propreté est une des étapes clés de l’acquisition de cette fameuse autonomie. En abandonnant peu à peu les couches, l’enfant démontre à sa mère qu’il n’a plus besoin d’elle pour satisfaire ses besoins physiologiques.
C’est qu’il a envie de grandir ce petit ! Cette autonomie corporelle est très importante puisqu’elle va lui permettre d’entrer dans un nouveau collectif. N’ayant plus besoin de maman pour le changer, il pourra se sentir plus libre dans le monde des petits, notamment à la maternelle. Ici, il ne s’agit pas de coller à un âge encore moins aux statistiques, l’idée est d’attendre que l’enfant soit prêt, il est donc inutile de faire du forcing. Bien au contraire, la motivation, la valorisation quant à ce qu’il sait déjà faire comme un grand sont les moteurs pour l’aider à se libérer des couches.

Trouver le bon moment

Pour aider son bébé à aller de plus en plus vers son autonomie, en le libérant d’une « dépendance de bébé », ça se prépare ! En effet, il ne suffit pas de jeter sa sucette dans la poubelle, ou de faire assoir bébé sur le pot pour que ça aille de soi. Bien au contraire ! Les bébés par définition n’aimant les changements, votre petit bout risquerait de se braquer ! On choisit donc un moment zen, où la routine est bien en place, on pourra donc à souhait engager le processus de changement dans UN domaine ! En clair, on évite le premier jour d’entrée à la crèche ou la naissance de son petit frère pour lui faire enlever la sucette sous prétexte qu’il n’est plus un bébé !

Petit à petit vers l’autonomie

Vous l’aurez compris, aider bébé à dépasser ses dépendances est un travail de longue haleine et les résultats ne s’obtiennent pas du jour au lendemain. Comme on l’a dit plus haut, la première chose est de parler avec son petit pour lui expliquer les choses. Et ça commence bien avant le jour J ! S’agissant de la sucette par exemple, on peut lui dire que « comme on va l’enlever dans 2 semaines, si tu commençais par ne l’utiliser qu’à la maison (et plus tard que durant la sieste) ? ». L’idée est d’opérer une séparation en douceur.

Qu’en est-il pour les petits gestes du quotidien ?

Assez tôt, bébé a commencé à montrer qu’il voulait faire « comme papa et maman », il est naturellement attiré par les objets du quotidien qu’il vous voit manipuler : il agrippe une casserole et une cuillère et imite le geste de remuer, il prend une serviette et essuie un coin de table. C’est un fait, bébé veut participer à la vie de la maisonnée. Mais il n’en demeure pas moins qu’il existe un réel décalage entre ses désirs d’autonomie et ses capacités réelles. Lorsque bébé s’en rend compte en échouant, c’est la crise ! L’attitude des parents est là encore très importante ! Il faut impérativement rester zen, après tout, ce n’est pas grave si un peu d’eau est renversée ou si la casserole fait du bruit en tombant ! Ce qui compte, c’est que votre petit sente que vous lui faites confiance pour franchir les différents caps qu’il rencontre. Au contraire, vous pouvez l’encourager et même lui proposer de réaliser quelques tâches à sa mesure en le faisant vous-même une première fois et en lui proposant par la suite de le faire à son tour.