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Ramadan : Mon enfant mange mal

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Ramadan : Mon enfant mange mal

Ramadan est là et pour les enfants c’est un changement de taille. Pendant Ramadan, l’enfant est toute la journée en train de grignoter. Ajoutez à cela les quantités effarantes de sodas que les enfants peuvent consommer dans l’indifférence la plus totale des parents. Normal dans ces conditions que l’enfant n’ait plus envie de manger une nourriture saine à la maison, autour d’une table et sans écouteurs aux oreilles.

par Sondes Khribi Khalifa

Comment en finir avec ce fléau du mal-manger pour se réunir autour d’une belle table de Ramadan et manger tous en famille ? Décryptons le phénomène et trouvons des solutions.

Pourquoi mon enfant mange mal durant Ramadan ?

Première cause du mal-manger : les mauvaises influences en matière alimentaire. Aujourd’hui, les enfants sont très mal influencés par tout ce qu’on leur propose dans les linéaires des grandes surfaces : biscuits bourrés de colorants et de sucre, jus de fruits bourrés de conservateurs mais aussi chips et divers pseudo-aliments bourrés de sel. Sans parler de la vague du light et qui fait bien des ravages, car ce light cache la présence d’édulcorants pour la plupart synthétiques et neurotoxiques (l’aspartame par exemple), pourtant ils sont bien en vente en grandes surfaces.

Depuis tout petits, les enfants sont soumis à une pression terrible des publicitaires pour leur donner des envies de sucré et de salé à longueur de journée. Surtout pendant Ramadan ! Il faut savoir que ces aliments industriels trop sucrés, trop salés, bourrés d’additifs synthétiques, ne sont pas anodins pour la santé des enfants. Il s’agit notamment de santé psychologique, car les neurotransmetteurs (et donc les hormones fabriquées et circulant dans le corps de l’enfant) sont intimement liés à ce qu’il y a dans l’estomac. La plupart des neurotransmetteurs sont fabriqués dans la sphère digestive sous l’influence des aliments et leur composition chimique, beaucoup ne le savent pas.

Aussi, personne ne peut ignorer la montée de la violence et du stress chez les enfants. Ce phénomène est parfaitement nouveau et étroitement lié au changement des habitudes alimentaires chez nos enfants. Seulement, les parents ne sont pas toujours très conscients de la gravité de ces petits produits si bien emballés  et présentés comme des cadeaux devant toutes les caisses de     supermarchés. Il est difficile de dire non à son enfant surtout quand on ne fait pas la cuisine à midi pendant Ramadan. L’enfant considère ce produit comme une petite douceur/preuve d’amour.
Il nous faut donc, en tant que parents :
1. Prendre conscience
2. Expliquer à nos enfants
3. Agir.

L’enfant : un rapport conflictuel à la nourriture ?

La deuxième cause du mal-manger est d’ordre psychologique. L’enfant a souvent un rapport conflictuel à la nourriture. Beaucoup de mamans se plaignent que leurs enfants n’aiment pas manger, refusent de manger, en attribuant la responsabilité totale à l’enfant.

Avons-nous oublié que l’enfant est en bonne partie le produit de ses parents ? La responsabilité du parent est immense dans le sens où c’est lui qui donne les premières représentations de la nourriture à son enfant. C’est selon son comportement et son discours qu’il encourage certaines associations dans la tête de l’enfant et pas d’autres. Posez-vous donc la question : est-ce que j’ai associé la nourriture avec le plaisir…dans la tête de mon enfant ? Ou avec la contrainte ?

Etant maman de deux enfants moi-même, je sais que la plupart des mamans, par excès de zèle et malgré elles, associent la nourriture à la contrainte. Elles se préoccupent tellement de la santé de leurs petits qu’elles tiennent vraiment à ce qu’ils mangent des légumes, des protéines, etc. Tout se calcule de façon si précise dans certaines familles, une véritable comptabilité de la nourriture !

Il faut se rendre compte que le rapport à la nourriture est très délicat, il est d’abord d’ordre affectif. Si vous installez une bonne ambiance autour de la nourriture à la maison, soyez certaine que votre enfant n’aura jamais de problèmes avec la nourriture plus tard.

Je me rappelle de ce jour où je suis arrivée en retard avec ma fille à l’école. La maîtresse me demande : « Pourquoi elle est en retard madame ? »

Je lui ai dit « Ah désolée, elle ne voulait pas manger, juste un yaourt ! J’ai dû insister pour qu’elle mange un peu… »

La maîtresse me regarde étonnée et me dit « mais pourquoi insister ? Si elle n’a pas envie… »

J’ai dit « Mais parce que je suis sa mère ! Je suis là pour ça, je ne peux pas la laisser partir le ventre vide ! »

Ma fille s’éloigne un peu dans la cour de l’école et la maîtresse rétorque d’un ton très calme : « Vous madame, vous avez tous les matins envie de manger ? »

-« Je ne sais pas ! Non pas tous les matins, je ne pense pas… »

-«  Vous aimeriez que quelqu’un vous fasse manger de force ? Et si c’est le cas, comment vous vous sentirez ensuite ? Vous vous sentirez mal certainement ! Vous aurez mal à l’estomac…n’est-ce pas? Vous savez ce qu’on appelle l’acte d’introduire un objet de force dans le corps d’un autre ? …ça s’appelle un viol madame ».

Ce jour-là je suis restée debout devant l’école, devant la porte de ma voiture, à réfléchir et me questionner quelques minutes. Ma mère aussi me faisait manger de force. Ça faisait partie de mon programme mental inconscient. Mais depuis ce jour j’ai beaucoup appris, évolué, et changé mon rapport à ma fille et à la nourriture.