maladie de Crohn

La maladie de Crohn

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La maladie de Crohn est une pathologie inflammatoire chronique intestinale. Cette maladie du système digestif peut survenir à tout âge et surtout à l’âge jeune et adulte. Elle est courante en Tunisie également.

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Quels sont les symptômes de cette pathologie inflammatoire ? Quelle est la prévalence de cette affection chronique des intestins ? Quelles sont les différentes causes de la maladie de Crohn ? Comment traiter cette inflammation intestinale ? Et quelles sont les mesures de prévention pour cette atteinte inflammatoire chronique des intestins ?

Les symptômes de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn se manifeste par une pâleur, des douleurs au niveau de la cavité abdominale, une dérégulation du transit intestinal et parfois des nausées et des vomissements. Dans certains cas, les patients souffrant de cette maladie inflammatoire présentent une perte du poids. La maladie inflammatoire se manifeste par des poussées intermittentes. Le patient subi des phases de crises et de rémission. Environ 20% des patients présentent une rémission durable. A l’inverse, des patients peuvent rencontrer des récidives insidieuses variables dans la durée et l’intensité.

Les origines de la maladie de Crohn

Les origines de la maladie de Crohn sont dues à des facteurs multiples. En fait, la réaction de l’inflammation au niveau des intestins induit des lésions et des épaississements engendrant un dysfonctionnement au niveau de l’assimilation digestive des nutriments. Les causes de cette inflammation proviennent de facteurs génétiques, parmi les gènes incriminés dans cette maladie, il y a le gène NOD2/CARD15. En outre, parmi les origines de cette affection chronique, il y a également des origines auto-immunes, une prise médicamenteuse à titre d’exemple des médicaments antibiotiques de la classe des tétracyclines ou encore un déséquilibre de la flore intestinale en rapport avec une maladie infectieuse. Près de 15% à 25% des patients atteints de cette maladie ont des antécédents familiaux.

La prévalence de la maladie de Crohn

La maladie de Crohn présente une incidence de 50 nouveaux cas pour 100 mille habitants par an dans les pays industrialisés. Dans d’autres pays, cette incidence est divisée par deux, voire par trois et atteints environ 15 cas pour 100 mille habitants. Cette maladie de Crohn est généralement diagnostiquée entre l’âge de 12 ans et 35 ans. Cette maladie inflammatoire est rarement diagnostiquée durant l’enfance, elle affecte généralement des jeunes et des jeunes adultes puis des personnes âgées de 35 à 70 ans. Une sous-estimation du nombre de malades pourrait exister en raison d’un risque de confusion de maladie de Crohn avec d’autres maladies intestinales chroniques.

Le diagnostic de la maladie de Crohn

L’examen clinique se fait par un gastro-entérologue. Le diagnostic se fait par une anamnèse relevant la qualité de l’appétit, l’état du transit intestinal et les signes. Le Transit Oeso-gastro-duodénal (TOGD) est un examen radiologique efficace qui permet de réaliser une étude de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum. Il est réalisé par un radiologue, en cabinet de ville ou en milieu hospitalier. Par ailleurs, parmi les examens qui peuvent être effectués, une coloscopie, une endoscopie abdominale, des prélèvements sanguins, des prélèvements de selles afin de confirmer cette atteinte.

Les conséquences sévères de la maladie de Crohn

Parmi les conséquences graves de la maladie de Crohn, il y a l’obstruction intestinale, les fistules intestinales, la déshydratation et les ulcères coliques. Par ailleurs, certains patients atteints de la maladie de Crohn présentent un risque accru du cancer colorectal. Dans certains cas, il se produit une anémie et des hémorragies coliques. Des patients peuvent avoir une apparition de calculs biliaires ou rénaux. Par ailleurs, chez les femmes enceintes, cette maladie peut provoquer un avortement spontané.

Le traitement de la maladie de Crohn

La prise en charge de la maladie de Crohn se fait selon l’âge et les antécédents des patients. Le traitement peut suivre une voie médicamenteuse, une voie chirurgicale et une supplémentation alimentaire et parfois l’association des trois voies. La médication comporte des anti-inflammatoires, des aminosalicylates, des corticoïdes oraux. Dans des cas plus graves des immunomodulateurs comme des immunosuppresseurs, des agents anti-TNF alpha, comme l’infliximab (Remicade) ou l’adalimumab (Humira), Le vedolizumab (Entyvio) qui sont des médicaments récents qui ciblent le facteur de nécrose tumoral. Il est toujours essentiel de suivre un traitement d’entretien pour éviter les poussées fréquentes et diminuer d’une manière significative les crises coliques. La voie chirurgicale est réalisée lorsqu’il y a un échec médicamenteux ou pour éviter une évolution grave de cette pathologie chronique de l’appareil digestif.

La prévention de la maladie de Crohn

La prévention comporte une hygiène de vigueur. Dans ce cadre, les règles de prévention comportent essentiellement le sevrage tabagique, la bonne hydratation, une pratique d’un sport régulier. Le régime alimentaire doit être appauvri en sucres raffinés et enrichi en fibres alimentaires et en compléments comme les omégas 3 et 6.

Témoignages

Zied J., 36 ans, Sidi Bou Said

J’ai la maladie de Crohn depuis 2013. J’ai toujours été traité ensuite par un corticoïde, toujours le paquet de ce médicament est dans la poche de ma veste. En fait, au début des premières poussées, mon médecin m’a prescrit une dose par jour. Cependant, depuis trois ans, je suis sous de deux doses. Actuellement, je n’ai pas eu d’évolution de la maladie. Je fais attention à mon hygiène de vie : pas de cigarette, peu de plats épicés, du sport. Et surtout que la maladie ne doit pas m’empêcher de vivre. Ma dernière poussée en 2015. Je suis suivi par un gastro-entérologue. Les examens médicaux réguliers à chaque trimestre sont des prises de sang et une échographie. Je dois refaire prochainement une coloscopie car j’ai plus de 40 ans, la dernière remonte au mois d’août 2015. Pour faire simple, nous vivons bien à trois : la pathologie, le corticoïde et moi.

Karima B. Y., 39 ans, Sfax

J’ai eu depuis le mois de janvier 2017 des inflammations de l’intestin, les poussées de l’iléite à été à la hauteur d’une fois par an à peu près pendant deux ans et deux fois depuis le début de cette année. J’effectuais un prélèvement de sang après chaque crise associée à chaque fois à de la fièvre et de la diarrhée ou de la constipation. Le scanner a montré l’iléite et la coloscopie faite en début de l’année précédente n’a rien signalé. Un traitement antibiotique me calme à chaque poussée inflammatoire de l’intestin. Il y a deux mois, j’ai eu une crise à la suite de laquelle mon médecin gastro-entérologue m’a préparé à que ce soit la maladie de Crohn. Lors de ma dernière crise je n’ai pas eu de diarrhée et cela été plus une sorte de constipation. Il y a deux semaines l’endoscopie a montré une maladie de Crohn. L’infliximab est un anticorps monoclonal chimérique a été efficace et une bonne solution dans ma prise en charge.

Fatma D., 31 ans, Gafsa

On m’a diagnostiqué de la maladie de Crohn à l’âge de 28 ans à la suite d’une crise inflammatoire des intestins. En fait, depuis toute petite, j’ai eu beaucoup de problèmes digestifs j’ai subi à plusieurs reprises une laparotomie pour m’enlever de l’intestin car j’ai eu beaucoup de sténoses et des adhérences en association à une endométriose. En outre, j’ai pu constater qu’avec les médicaments, une vigilance particulière à la qualité de l’alimentation, à son mode d’hygiène de vie aussi, pouvait stabiliser, voire même diminuer les poussées inflammatoires et calmer les effets indésirables de la maladie.

Rebh B., 24 ans, Béja

Je suis tombée malade par la maladie de Crohn à l’âge de 18 ans, j’ai d’abord essayé de le cacher cette atteinte à mes parents alors que j’allais jusqu’à 30 fois par jour aux toilettes, jusqu’à ce que je constate des pertes de sang. Parler de son problème intestinal, de la fréquence de ses selles et des traitements que le médecin traitant m’a prescrit c’était compliqué jusqu’à l’âge de 25 ans où j’ai pu évoquer la maladie à ma famille et à mes proches.