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La greffe de cheveux au peigne fin

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La greffe de cheveux au peigne fin

« L’herbe ne peut pousser dans les rues actives »… Socrate se consolait ainsi de son important dégarnissement capillaire. Grâce à l’évolution des techniques, il existe désormais des moyens efficaces pour limiter et corriger la chute des cheveux comme les médicaments, les compléments alimentaires ou encore la chirurgie. La transplantation capillaire est une pratique chirurgicale qui a vu le jour il y a plus de 50 ans au Japon.

par Mejri Rana

Notre spécialiste Dr Khaled Meddeb :Spécialiste en vieillissement et esthétique des tissus superficiels

Qu’est-ce qu’une greffe capillaire ?

C’est une intervention qui permet une redistribution du capital chevelu du patient vers les zones clairsemées. Le principe repose sur le fait que les cheveux présents sur les côtés et l’arrière du cuir chevelu (au niveau des tempes, de la couronne et de la nuque), hormonalement « immunisés», sont des cheveux permanents. Cette zone est appelée « zone donneuse ». Une partie des cheveux de cette surface peut être déplacée sur les zones dégarnies et, une fois l’intervention faite, ils restent permanents et continuent de pousser toute la vie. Il existe deux méthodes de greffe capillaire :

– La FUT (Follicular Unit transplantation) : appelée aussi la méthode de la bandelette : Une bandelette horizontale de 1 cm de large est prélevée sur une longueur qui va de 12 jusqu’ à 23 cm c’est-à-dire au maximum d’une oreille à l’autre. Ensuite, la bandelette est micro-coupée pour récupérer les bulbes qui sont réimplantés et donc redistribués sur les zones dégarnies. Elle dure en moyenne 2 à 3 heures.

– La FUE (Follicular Unit Extraction) : C’est une technique qui vient prélever les bulbes à même le scalp arrière du donneur, directement à l’aide d’un petit foret chirurgical de 1 à 0.7 millimètre de diamètre. Les bulbes sont ensuite réimplantés dans les zones à couvrir. Cette technique ne s’adresse pas théoriquement aux grandes calvities.

Dans quels cas peut-on avoir recours à la greffe de cheveux ?

Cette greffe est pour les patients, hommes ou femmes, qui souffrent d’une chute définitive des cheveux (calvitie) pour causes génétiques, dérèglement hormonaux ou suite à un traumatisme ou un accident. Par contre, la greffe capillaire n’est pas pour tout âge. Avant trente ou trente cinq ans, il sera plus qu’hasardeux de combler les golfes qui se creusent. Le risque est que les jeunes patients se retrouvent, quelques années plus tard, avec une ligne frontale en horrible position du fait que la calvitie est évolutive et peut s’aggraver au niveau des régions temporales et de la couronne, les obligeant à recourir à la chirurgie réparatrice ou à se raser la tête.

Doit-on pratiquer une anesthésie générale ?

Pas du tout. La transplantation de cheveux est entièrement réalisée sous anesthésie locale. Quelques minutes avant l’intervention, pour plus de sécurité et de confort, une légère sédation est administrée au patient par voie orale et ce, sous la surveillance de l’anesthésiste.

Combien de greffons peut-on greffer dans une même séance ?

Le nombre de greffons dépend du degré de la calvitie, de la qualité de la couronne et de la densité souhaitée. Pour un seul patient et suivant le degré de calvitie et la quantité de cheveux pouvant être prélevés, on peut pratiquer des interventions jusqu’à 3000 micro-greffons soit 6500 à 7000 cheveux.

Existe-t-il des risques infectieux ?

Heureusement, le cuir chevelu étant très vascularisé, les risques infectieux sont minimes. Mais cela dépend de la qualité de la chirurgie et des précautions en matière de stérilisation. De ce fait, les greffes doivent impérativement être pratiquées par des médecins dans le cadre de cliniques chirurgicales, reconnues comme telles par les autorités sanitaires.

– En Tunisie,
1 homme sur deux souffre d’une calvitie à partir de l’âge de 40 ans.
– Paradoxal
Pour les hommes, la greffe demeure un sujet tabou, difficile à aborder, y compris face au spécialiste, alors même qu’ils semblent assumer mieux leur calvitie.

Après combien de temps, les cheveux greffés recommencent à pousser et existe-t-il un risque qu’ils rechutent?

Généralement, après 3 mois, les cheveux recommencent à pousser normalement. Bien évidement, ils peuvent tomber temporairement mais vont repousser et ensuite rester, grâce à la mémoire de l’endroit où ils sont prélevés.

Est-il possible de réaliser une deuxième greffe sur une zone déjà greffée?

Parfaitement, sans aucun problème. On arrive à placer de nouveaux greffons entre les anciens sans rien abîmer. Ce cas est fréquent lorsque l’on souhaite densifier une zone encore chevelue.

Restent-ils des marques visibles après l’opération?

Bien évidement des petites cicatrices apparaîtront après 2 ou 3 jours et persisteront pendant quelques semaines mais peuvent être cachées éventuellement par les cheveux. Généralement, les cicatrices sont presque inexistantes compte-tenu de la finesse des incisions.

Quand peut-on reprendre une vie normale après l’opération : activités professionnelles, sportives… ?

Généralement, après 2 ou 3 jours le patient peut reprendre sa vie professionnelle mais doit attendre un peu plus longtemps, environ 1 à 2 semaines pour faire du sport. Il est préférable d’éviter les sports violents pendant quelques jours et de se protéger la tête contre le soleil pendant les 3 jours qui suivent l’opération. Mais sinon, rien ne change. Le patient reprend sa vie normalement. Il peut même aller chez le coiffeur et se fait traiter les cheveux comme d’habitude. Les cheveux greffés sont résistants et ont les mêmes caractéristiques que les cheveux normaux.

Combien ça coûte en Tunisie ?

Cela dépend du cas, du type de l’opération et du nombre de greffons souhaités mais ça peut varier entre 2.000 et 12.000 dinars, trois fois moins cher qu’en Europe.