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Impuissance, comment la vaincre ?

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Impuissance, comment la vaincre ?

«L’impuissance sexuelle chez l’homme se traduit par l’incapacité d’avoir une érection en termes de durée et/ou d’importance et donc d’accomplir harmonieusement l’acte sexuel», définit Dr Ahmed Ennaifer, sexologue.

par Walid Salem

«Pour que l’érection soit possible, il faut un bon équilibre psychologique, l’intégrité anatomique du pénis, l’intégrité des centres et des tissus nerveux, l’intégrité de l’appareil vasculaire et un bon équilibre hormonal».

On parle d’impuissance primaire quand les troubles de l’érection n’ont jamais permis d’avoir une vie sexuelle satisfaisante (les cas sont très rares).
L’impuissance est appelée secondaire quand elle survient à un certain moment de l’existence. Elle est totale quand il ne peut pas y avoir pénétration et partielle quand la pénétration est possible mais de façon épisodique et difficile. On parle d’impuissance «situationnelle» quand l’homme n’a de rapports normaux que dans certaines situations particulières.

Pourquoi des troubles de l’érection ?

❶ Quand il n’y a pas d’érection,

cela revient à dire que les stimuli sexuels n’atteignent pas le pénis. Cette absence de transmission peut avoir des raisons mécaniques (organes lésés) ou chimiques (problèmes vasculaires). L’absence de désir est aussi une cause possible. Les causes du dysfonctionnement peuvent être également neurologiques (lésions du système nerveux central ou périphérique) ou dues à une détérioration ou irritation des organes génitaux. N’oublions pas cependant les maladies qui, en déstabilisant l’organisme, peuvent diminuer le désir et inhiber l’érection (maladies pulmonaires rénales, cardiaques, maladies chroniques).

❷ Quand l’érection est partielle.

Dans ce cas, l’afflux sanguin en direction de l’organe est insuffisant. Ceci est dû à un rétrécissement des artères qui amènent le sang au corps caverneux de la verge. Si les muscles du pénis ne sont pas suffisamment relâchés, ils font obstacle à l’afflux sanguin en créant une ouverture insuffisante des corps caverneux. L’origine est liée à une insuffisance artérielle (cholestérol, diabète, hypertension, tabagisme), mais on ne peut exclure des causes psychologiques ou neurologiques.

❸ Quand l’érection ne peut se maintenir pour une durée suffisante.

Ceci est dû à la fermeture incomplète des «valves» qui assurent le maintien du sang à l’intérieur de la verge. Cela arrive quand les organes préposés au «barrage» sont en mauvais état (veines, tissus et muscles érectiles). Mais l’origine peut être également psychologique. Il faut bien se rappeler que les causes du déficit sont rarement uniques. C’est pour cette raison que l’examen du patient doit passer par les recherches systématiques des cinq grandes causes organiques (artérielle, veineuse, neurologique, hormonale, tissu érectile) et par une appréciation psychologique. Les causes psychologiques sont à inscrire dans le registre de la crainte de ne pas être à la hauteur, la dépression, l’anxiété et surtout, les conflits de pouvoir au sein du couple.

Comment soigner les troubles de l’érection?

❶ La psychosexologie

La thérapie psychosexologique (avec un sexologue) s’occupe du couple. L’homme et la femme doivent être prêts à collaborer pour résoudre le problème. Tous les deux doivent se sentir responsables et avoir le désir de continuer leur relation. Cette thérapie peut améliorer la confiance en soi et la qualité générale des rapports à l’intérieur du couple.

❷ Le training sexuel

C’est le fait d’apprendre ou de réapprendre à donner et à recevoir des caresses. Le coït n’étant pas le but de cette étape, le training permet d’atténuer l’angoisse liée à l’acte sexuel. Le couple doit réussir à se rapprocher et à établir un contact très intime par les caresses. C’est seulement quand l’homme à repris une confiance suffisante dans sa capacité érectile qu’on lui autorise le coït.

❸ La thérapeutique médicale

Quand un problème organique, lié à une insuffisance circulatoire, est à l’origine de l’impuissance, on a souvent recours à la thérapeutique médicale avant de passer à des interventions beaucoup plus drastiques. On prescrit des médicaments vasodilatateurs provoquant un relâchement du tissu érectile, ou des hormones si les examens en ont donné l’indication. Avec ce type de traitement, on peut introduire les injections intra caverneuses qui sont des produits inducteurs d’érection. Ces injections consistent à inoculer de toutes petites quantités d’un mélange de plusieurs médicaments dans la face latérale du pénis. L’aiguille utilisée est très fine et très courte. L’injection est donc indolore. Cette thérapeutique n’entraîne pas de dépendance et les érections spontanées ne disparaissent pas mais s’améliorent après les microinjections.

Pour savoir si on est «normal» …

● Il n’y a pas de limite d’âge. L’érection a l’âge de nos artères.

● L’érection matinale n’est pas provoquée par la vessie pleine d’urine, comme on le croit souvent. Il s’agit d’un phénomène naturel qui survient pendant certaines phases du sommeil. Une érection rigide le matin, deux ou trois fois par semaine, est un signe du bon état de la fonction érectile. Au contraire, sa diminution ou sa disparition sont des signes de troubles physiques.

● La masturbation ne nuit pas à l’érection. Elle ne doit pas, cependant, devenir l’activité sexuelle principale ou être un dérivatif du rapport sexuel.

● L’abstinence n’agit pas comme stimulant de l’érection mais favorise l’éjaculation précoce.

● L’harmonie sexuelle nécessite un couple stable: l’équilibre des désirs et des demandes mutuellement satisfaites naît de la complicité.