Mustafa Z

Movie Time : Pop Corn et MUSTFA Z

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On a regardé pour vous le dernier long métrage de Nidhal Chatta Mustfa Z durant les journées cinématographiques de Carthage. On revient dessus vu que le film est actuellement en salles (au centre ville à l’ABC, à El Manar au ciné Amilcar et à Carthage au ciné Mad’art) planifiez et allez le voir, vous jugerez par vous-mêmes.

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Parce qu’un film tunisien vaut toujours la peine d’être vu (si ce n’est qu’il a déjà été vécu pour certains)

A la sortie du film le public et les critiques ont crié bien fort pour que « monsieur poisse » (Mustafa Z) puisse avoir un vrai prix (dans la vraie vie) pour son interprétation (dans le film). Ça faisait d’ailleurs un moment que Abdelmonem Chouayet travaille d’arrache pied, dans une discrétion absolue ; de la scène du théâtre, au cinéma, à l’enseignement… Et ce film, il le porte très bien, du début à la fin. Il l’a d’ailleurs porté bien avant le tournage ; vu qu’il est derrière l’idée du scénario et les dialogues du film en question.
Félicitions encore à l’artiste chevronné Abdelmonem Chouayet, pour son parcours, sa discrétion, son amour pour son travail, qui valent bien son Prix d’Interprétation Masculine lors de la 28ème édition des journées cinématographiques de Carthage JCC 2017. Revenons maintenant à l’histoire de Mustfa Z !
affiche Mustafa Z

Mustfa Z un stéréotype tunisien ou un cas isolé ? A vous d’en déduire !

Tout se passe en une seule journée : c’est la veille des élections de 2014 (la belle époque pour rester dans le style satirique du film). C’est une journée qui commence du pied gauche à vrai dire. Et quand ça commence mal, « le » Mustfa Z s’arrange bien comme il « ne » faut « pas » pour bien toucher le fond.
Il est complètement à côté de sa vie, de sa famille, de ses envies ; le looser par excellence, pour qui rien ne marche : il est passif, mou, et indifférent ! Bref, il n’y a pas plus agaçant que ce personnage dans le film…
Nous n’avons rien à lui envier, sa routine est déprimante, sa vie de couple lui file entre les mains, son côté paternel vieux jeu et prétentieux en plus, son boulot triste et sans ambition, à croire qu’il fait exprès pour être si … Mort.
Ne vous inquiétez pas, vous arriverez à respirer pendant le film. Car la lenteur y est certes, mais en sa faveur. Le film prouve à quel point le tunisien est constamment dans l’autodérision pour vaincre son malheur (bon ça Mustfa par contre ne le savait pas encore), tout nous fait sourire, tout est bon pour être détourné et c’est tant mieux.
Le film est aussi une ode à ces Nobels de la « chmeta », à croire qu’ils sont ceux qui travaillent le plus dans le pays : « chenguela= echanguel= la fourrière », si vous les appréciez déjà un peu, vous allez les adorer !! C’est pour vous dire que l’idée/concept du film est remarquable ! Et le « fallait y penser ? » est tellement marquant ! Plus les vas et viens qui sont dans un tas de décors, pour atterrir dans un huis clos jusqu’à la fin (True story) et cerise sur le gâteau, monsieur Z réagit !!!! Finally !
De Hédi Jouini à la révolution virtuelle. De l’authentique au moderne. Le film est très symbolique, le film est notre quotidien, autant de maux de notre société, aux quels on résiste et résisterons. Courez voir cette œuvre de Nidhal Chatta car elle vaut vraiment le détour ! W « Taba3ni Nébniw édénya Zina ».