Actualités

Rapport moral du Groupe Tawhida Ben Cheikh de Mai 2016-2017

Publié le
Rapport moral du Groupe Tawhida Ben Cheikh de Mai 2016-2017

La Tunisie subit une transition épidémiologique, démographique, politique et culturelle. Cette transition a eu des retombées idéologiques qui ont touché l’exercice de certains droits individuels, y compris les droits sexuels et reproductifs. Depuis les années 2000, le taux de contraception moderne est en diminution et l’indice synthétique de fécondité en hausse (2,02 en 2004 est passé à 2.4 en 2016). Au niveau individuel des témoignages de femmes concernant l’accès à l’information et aux services d’avortement ont été consignés, alors que l’accès aux services d’avortement était facilité depuis le début des années 80 et assuré de façon gratuite dans les institutions publiques et l’avortement du premier trimestre autorisé selon l’Article 214 du code pénal, Loi de 1965, modifiée en 1973. Dès 2001, la Tunisie a introduit l’avortement médicamenteux (par la prise orale de comprimés), méthode très efficace et d’utilisation facile, qui réduit le coût et élimine l’anesthésie générale, par rapport à la procédure chirurgicale.

Actuellement plus de 80% des avortements pratiqués dans les centres de l’ONFP sont réalisés par la méthode médicamenteuse.

Par ailleurs, les hôpitaux régionaux qui devaient offrir l’IVG chirurgicale ont été petit à petit remplacés par les centres de l’ONFP pour la prestation de l’avortement médicamenteux.
Cependant, d’après certaines études l’accès à l’Interruption Volontaire de la Grossesse (IVG) est devenu particulièrement difficile pour les femmes célibataires, qui font face a des difficultés et sont victimes de discrimination au niveau de certains services de santé. Le contexte post révolutionnaire et l’émergence d’idéologies conservatrices entrainant des changements de comportement chez les femmes et certains prestataires du secteur public, d’après certains témoignages, a amené les femmes demandeuses d’IVG d’avoir recours au secteur privé.
Le plaidoyer pour améliorer l’exercice des droits sexuels et reproductifs s’inscrit dans une lutte pour sauvegarder les autres droits de la femme et des libertés individuelles de pensée, d’expression et de conversion dans laquelle la société civile tunisienne est bien engagée.

Le groupe Tawhida Ben Cheikh

Le groupe Tawhida Ben Cheikh (pour la recherche et action en santé des femmes) est un groupe multidisciplinaire (médecins, sage femmes, sociologues, psychologues, …) et intervient en tant que groupe de recherche dans les domaines de la santé. Les activités consistent à encadrer, réaliser et encourager la réalisation d’études de recherches-action portant sur la santé et les droits des femmes, promouvoir et participer à l’organisation de réunions scientifiques portant sur différents thèmes abordant la santé de la femme et la lutte contre la discrimination de genre, organiser, encadrer ou contribuer à la formation des prestataires dans les différents domaines abordant la santé des femmes, la lutte contre les discriminations de genre et la réduction de la mortalité maternelle, développer les argumentaires basés sur l’évidence et contribuer au plaidoyer pour la lutte contre la discrimination de genre et promouvoir les droits des femmes y compris les droits sexuels et reproductifs et participer au développement de la coopération sud-sud et nord-sud entre les associations ouvrant en matière de santé et droits des femmes et des partenariats avec les sociétés scientifiques, les institutions universitaires, de recherche et de formation, et les autres acteurs et intervenants de la société civile.

À la suite de l’assemblée générale du Groupe Tawhida Ben Cheikh, Dr. Hedia Belhadj a été nommée en tant que présidente de cette association.

Pour la période de juin 2017 au mois de mai 2018, l’association a l’intention en matière de recherche de se concentrer sur la recherche en matière de connaissances, attitudes et comportements des jeunes concernant le cadre juridique et les services de contraception et d’avortement. L’enquête, qui est en cours de préparation, sera menée au 4eme trimestre 2017 ou 1er trimestre 2018. Une autre étude sera menée en collaboration avec la Maternité Rabta et la Société de Gynécologie obstétrique sur le Mifekit.
Dans le cadre des formations, formations en clarification des valeurs avec ONFP auront lieu à Tunis (2eme session en Septembre) et dans 3 régions de la Tunisie.
La Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique (STGO) va organiser une session de sensibilisation sur la clarification des valeurs en marge du congrès de Novembre 2017. Le guide sur la clarification des valeurs sera mis à jour pour une expansion des thèmes pour inclure la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles, la SR des Adolescents, et l’accès des populations vulnérables. La transcription des groupes de parole aura lieu grâce à une aide technique d’un partenaire en Suisse. Le contenu sera synthétisé dans une fiche pour une ample dissémination.
Les études menées sur la perception des prestataires vis à vis de l’avortement seront traduites en fiches d’information et présentations à inclure dans les congrès futurs, tels que le Congrès de la Société Tunisienne de Gynécologie Obstétrique en Novembre 2017.
Pour le plaidoyer, le Groupe Tawhida Ben Cheikhva poursuivre sa participation et son alliance avec des coalitions, collectifs et forums nationaux, régionaux et internationaux destinés à faire pression pour le changement en Tunisie et dans le monde de lois obsolètes et la défense des droits individuels y compris les droits sexuels et reproductifs.

(Photo de l’article: Dr. Hedia Belhadj )