Accro au vol ! Comprendre et soigner la cleptomanie

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cleptomanie

« Kleptomanie » également écrit « cleptomanie » est un mot terrible et un peu déroutant, traduit du grec et ayant pour sens « la folie du vol » décrit une «impossibilité répétée de résister à l’envie impulsive de voler des objets ».

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Ces vols sont à distinguer des actes délictueux et leurs causes et leurs traitement sont du domaine de la psychiatrie, mais parfois même de la justice. La kleptomanie (ou cleptomanie) est connue depuis 150 ans en littérature, on en sait encore peu sur cet état. Comment reconnaître la souffrance des cleptomanes et y a t il un moyen d’aider les personnes qui en souffrent ? Focus sur la maladie du vol et sur les moyens de la guérir.

Tout se déroule normalement comme pour une fin d’après-midi ordinaire, du mois d’aout. Il est 19 heures dans une grande surface de banlieue chic de la capitale, les caissières souriaient machinalement aux clients pressés de finir leurs courses ,quand soudain une alarme retentit mettant tout le monde en alerte, et les deux agents de sécurité du magasin avancent pour accompagner le plus discrètement possible le responsable de cet incident : Une élégante jeune femme, la quarantaine, regard fuyant un peu perdu et un look d’icône de la mode, pas vraiment en adéquation avec une voleuse à l ‘étalage, et pourtant,elle venait de sortir , en oubliant de payer trois paquets de chewingum à la réglisse et un savon liquide!
Cela semble d’un absurde kafkaïen et pourtant cette scène est on ne peut plus banale et presque quotidienne: Une scène banale de kleptomanie.

Ce mal mystérieux, qui bien que rare touche surtout les femmes, se caractérise par une impulsion, une obsession qui pousse à voler des objets inutiles et futiles, et surtout des objets accessibles matériellement.
L’intention de départ n’étant ni la vengeance ni la colère ni le besoin, ni même un délire, c’est un acte spontané,non préparé et qui témoigne d’une réelle souffrance psychologique à laquelle il faut ajouter les conséquences de cet acte qui entraîne souvent des problèmes familiaux, socioprofessionnels et légaux.

Portrait : qui sont les cleptomanes ?

En 1820, le peintre Théodore Géricault peint le portrait du cleptomane. Cette oeuvre fait partie d’une série de dix portraits de fous, réalisés selon les observations de son ami médecin Étienne-Jean Georget, Médecin Aliéniste, qui serait surement un ancêtre de la psychiatrie moderne considérant la folie non plus comme plus la folie comme une punition divine, mais comme une maladie ou une déviance à traiter. Les aliénistes croyaient que la physionomie du fou trahit sa déviance.
Le peintre a donc essayé de délimiter les traits et les expressions d’un cleptomane, mais aujourd’hui se sont les caméras de surveillance qui nous le fournissent directement. En effet il s’agit le plus souvent d’une femme (dans les trois quarts des cas), qui a entre 30 et 40 ans, vit dans un milieu social plutôt aisé. Dans 25% des cas la cleptomane est boulimique ou souffre souvent de difficultés psychologiques dans environ 60 % des cas. On retrouve un terrain d’anxiété, ou de dépression, de conduites addictives (toxicomanie, alcool), ou de troubles obsessionnels compulsifs.

Un diagnostic douloureux et compromettant

Le diagnostic n’est pas difficile à faire, en général c’est un flagrant délit de vol à l’étalage, ou des petits vols répétés chez des amis, dans des boutiques ou en milieu professionnel. Malgré le risque encouru, le cleptomane éprouve une excitation et un plaisir à commettre ses vols avec les risques que ce geste comporte, mais une fois le bien approprié, il peut éprouver de la culpabilité c’est pourquoi, dans bien des cas, il est amené à rendre l’objet subtilisé à son propriétaire. En outre le cleptomane, est dans un déni total, il ne reconnaît pas son état et vit dans la souffrance car il refuse en général de consulter un spécialiste.
Pourtant, souvent il fait tout pour se faire surprendre, comme un appel à l’aide lancé inconsciemment aux autres.
Les cleptomanes sont souvent dépressifs et souffrent parfois de boulimie, état que l’on peut raccorder au vol compulsif.

Les causes : Une énigme scientifique, une impasse psychiatrique

Les origines de la cleptomanie restent une énigme pour le corps médical et scientifique. Certains psychologues ont établi un lien avec un état de frustration sexuelle(comme dans le cas de pyromanie par exemple). L’action de
voler compensant un désir non assouvi et s’en suivant d’un orgasme. D’autres spécialistes évoquent une enfance malheureuse dominée par un sentiment d’abandon. Reste que pour mieux comprendre les cause il faut prendre le malade dans sa globalité et son histoire personnelle et familiale. Plusieurs troubles psychologiques précéderont ou accompagneront la cleptomanie. Ainsi, on retrouvera chez la majorité de « ces voleurs malgré eux » ont des problèmes dépressifs. Dans le cas précis de la dépression, l’accès de cleptomanie, ou l’acte de vol est un moyen de résistance et le vol serait la solution trouvée pour diminuer les baisses l’humeur : une sorte de consolation ou de pansement apaisant et transitoire. Dans d’autres cas on retrouve associés à la cleptomanie des troubles du comportement alimentaires :un quart des boulimiques auraient des comportements kleptomaniaques ,mais les liens entre ces deux problèmes n’est pas clair.

Traitement : Peut-on soigner un cleptomane ?

Spontanément et en dehors de l’incitation d’un tiers, la personne kleptomane ne cherchera pas à consulter ni à se soigner. En effet, d’une part, elle ne reconnait pas son mal, et d’autre part, le vol lui procure un plaisir immense et calme son anxiété et sa frustration.
C’est la confrontation à une arrestation qui coïncidera avec une prise de conscience chez l’individu kleptomane que son problème est sérieux. Ces individus ne s’engageront parfois en thérapie qu’à la suite de leur arrestation. L’idée de consulter un spécialiste peut ici devenir une obligation légale ou représenter une opportunité de changement. Les antidépresseurs peuvent avoir une certaine efficacité, associés au traitement des troubles psychiques. Les thérapies comportementales sont les thérapies les plus indiquées pour ce trouble psychique. Les thérapies comportementales viseront à donner les moyens au malade de reprendre le contrôle sur son comportement, mais elles permettent au cleptomane surtout, d’envisager l’idée que son trouble est relié à d’autre chose qu’ils portent en elles…un malaise intérieur, une blessure, un ensemble de souffrances qui pourront être nommées et abordées plus sereinement avec l’aide du psychologue. La méditation en pleine conscience, et l’hypnose font partie des techniques qui se sont avérées les plus efficaces.

Si vous vivez avec un Cleptomane :

Vous devez choisir juste le ton de la conversation pour le persuader de s’adresser au médecin. Les spécialistes proposent une sorte d’algorithme approximatif de la conversation avec la personne cleptomane.
1. Vous pouvez lui parler de votre inquiétude pour lui et pour son avenir.
2. Parlez-lui des risques de ce comportement : l’arrestation, le jugement ou la prison dans les cas extrêmes.
3. Exprimez votre compassion et dites lui que comprenez parfaitement la raison de sa conduite et que c’est la maladie qui ne lui a pas laissé le choix.
4. Assurez le malade que les spécialistes expérimentés peuvent l’aider à vaincre la dépendance et commencer sur la voie juste.

Si vous soupçonnez que votre conjoint ou votre enfant ou n’importe quel proche de cleptomanie vous pouvez consulter préalablement le médecin avant de lui parler. Le spécialiste vous aidera à choisir la juste méthode pour aborder le problème sereinement et l’aider à, s’en sortir.

De ce fait et pour conclure même si ce mal reste mystérieux par son caractère impulsif et addictif, cette pathologie qui pousse certaines personnes à commettre des vols et à s’approprier des objets, en l’absence d’un motif économique ou d’un besoin réel de cet objet est une souffrance réelle et très mal vécue. Elle constitue avec le cortège de maladies qui l’accompagnent en général, un cercle vicieux : La dépression et l ‘anxiété se nourrissent, se calment et réalimentent le trouble cleptomaniaque. Sortir de la cleptomanie est possible, comme
pour beaucoup d’autres addictions. Ceci impliquera une prise en charge psychiatrique médicamenteuse et thérapeutique, psychologique et un soutien solide, bienveillant mais de la part de l’entourage.