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Par amour, Fayçal son mari, se rase aussi le crâne !

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Par amour, Fayçal son mari,  se rase aussi le crâne !

« Les plus belles histoires commencent toujours par des naufrages » (Jack London). Tout a commencé avec l’annonce du diagnostic : « Madame, vous avez le cancer du sein. Mais rassurez-vous, vous pouvez vous en sortir. »

par Rym Benarous

Cela s’est passé dans le bureau du Dr H’chich, à l’Institut Salah Azaiez. La femme qui venait d’apprendre sa maladie s’appelle Awatef Attia. Elle s’apprêtait, à l’instar de sa soeur cadette, Najet Attia, à se lancer dans une carrière artistique quand, soudain, tout s’écroula autour d’elle. Malgré ce triste constat, elle garda la tête haute. Elle voulait s’en sortir, pour elle, mais surtout pour son mari et ses enfants. Et le périlleux combat contre le cancer commença, avec son lot d’angoisses et de craintes.

Vaincra, vaincra pas ? C’est dur, vous savez ! De se dire que l’on partira peut-être bientôt, que l’on n’assistera probablement pas aux succès des enfants, à leur mariage, aux naissances de ses petits-enfants, ce n’est pas évident. Mais le plus dur encore, c’est de se battre contre un ennemi pernicieux qui vit en nous et qui veut notre peau.

Se battre ou se résigner, que choisir ?

Awatef n’avait plus que deux solutions, aussi douloureuse l’une que l’autre : soit baisser les bras et se soumettre, soit se battre et défier le cancer. Ce qui fut fait. Rien ne lui fut épargné : séances de chimiothérapie, perte de cheveux, nausées, fatigue chronique, etc.

Dans sa tourmente, Awatef avait engagé un courageux discours avec son cancer. Chaque jour que Dieu faisait, elle s’adressait à sa maladie et la défiait : « On verra qui va gagner au bout ! Tu n’auras pas ma peau ! Je te vaincrai ! » Elle en est aujourd’hui persuadée, « c »est grâce à Dieu et ma foi que j’ai gagné ma bataille contre le cancer. » La volonté de fer de cette femme, dont le nom veut dire « sentiments », l’a emporté. Eh oui c’est bien connu, il n’y a pas plus fort que les sentiments sur terre. Ils créent le Bien et le Mal, détendent l’atmosphère ou la rendent insoutenable.

Tous ceux qui ont survécu à un cancer vous diront que le soutien moral de leurs proches a été capital dans leur lutte contre la maladie. Awatef, très émue, raconte qu’un jour qu’elle avait perdu tous ses cheveux, son mari est allé chez le coiffeur et s’est rasé le crâne. En rentrant, il lui a tout simplement dit : « Pour que tu ne te sentes pas seule ! ». C’est beau, c’est fort ! Rendons ici hommage à cet homme qui a affronté aussi courageusement la maladie de sa femme et qui l’a inlassablement soutenue. Eh oui, c’est ça le vrai Amour : pour le meilleur et pour le pire.

Pour Awatef, sa guérison fut comme une deuxième naissance, un miracle divin. Au plus profond de son coeur, elle se fit un serment : désormais, elle déploiera tous ses efforts en vue de soutenir les patientes qui, comme elle auparavant, luttent contre le cancer du sein. Donner, donner, donner et ne rien attendre en retour, telle sera désormais sa devise car Awatef est reconnaissante à la Vie mais aussi à tous ceux qui lui sont venus en aide : ses proches, ses amis et sa deuxième famille, composée de médecins traitants et des membres de l’association ATAMCS.

Tarabyet el Amal, les mélodies de l’espoir

Le jeudi 22 juillet 2012, Awatef Attia a animé, au festival de Boukornine, un concert intitulé « Tarabyet El Amal », au profit de l’Association qui l’a soutenue tout au long de sa maladie. Une belle soirée musicale où chants et émotions étaient au rendez-vous. Awatef a époustouflé par sa grâce, mais aussi par le timbre de sa voix. Radieuse, elle a chanté l’amour, l’espoir et la joie de vivre et ce, en présence de plusieurs invités de marque : Najet Attia, Khadiga Ben Arfa, Aziza Boulabyar, Selma Baccar, Sana Souissi et l’ami de toujours, Raouf Ben Amor.