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L’atopie, comment vivre avec ?

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L’atopie, comment vivre avec ?

L’atopie ou dermatite atopique est une pathologie inflammatoire chronique de la peau. Elle se manifeste par des poussées d’eczéma sur des peaux généralement très sèches.

par Houda Gharbi

La dermatite atopique est génétique alors qu’on estime que 80% des enfants qui souffrent d’eczéma ont des antécédents familiaux.

La dermatite atopique : un cercle vicieux

L’atopie se manifeste à travers l’apparition de plaques rouges sur une peau sèche et des crises de démangeaisons.
Agressée, la peau se durcit, s’épaissit et devient plus sensibles aux blessures, aux écorchures, aux suintements et aux infections cutanées.
L’atopie touche les nourrissons, elle apparaît généralement dès le troisième mois. Elle se développe pendant l’enfance et peut même perdurer pendant l’âge adulte. L’évolution de la dermatite atopique se fait en deux temps distincts : la poussée et la rémission de la pathologie. La poussée est accompagnée par des phases d’inflammation, de démangeaisons intenses, de suintements et d’apparition de croûtes. Et entre deux poussées, il y a une phase de rémission qui est marquée par un très fort assèchement de la peau.
Pour des parents, il est généralement difficile de reconnaître les symptômes de la dermatite atopique. Il existe des signes, des indices qui peuvent mettre la puce à l’oreille et qui doivent pousser les parents à aller consulter un dermatologue : une peau épaisse et rugueuse au toucher l’apparition de rougeurs accompagnées de démangeaisons qui laissent ensuite place à des plaques qui suintent et sur lesquelles se forment des croûtes.
Quand ces symptômes se manifestent, les nourrissons et les bébés ont un sommeil très agité.
Lors des premières manifestations de l’atopie, ces rougeurs, plaques et croûtes se forment notamment sur le visage, les joues et le menton. Avec le temps, et au fur et à mesure que le bébé grandit, elles sont plutôt situées au niveau plis des genoux, des poignets et des coudes et sur le cou. Le grattage aggrave les lésions cutanées qui peuvent alors s’infecter et provoquer des complications. C’est pour cela que les dermatologues parlent de cercle vicieux de l’atopie.
Certains phénomènes et situations favorisent le déclenchement des poussées. Ils sont d’ordres environnementaux, nutritionnels et émotionnels. Parmi les facteurs aggravants, on retrouve les allergènes (poussière, acarien, pollen), les produits ménagers (lessive, entretien, savon …), le tabac, la pollution, la transpiration, les changements de température, des vêtements conçus à partir de matière irritante (laine, synthétique …), les baignades en piscine ou en mer, les animaux de compagnie … autant de facteurs auxquels les parents d’enfants atteints de dermatite atopique doivent être vigilants pour réduire, voire éviter, les poussées d’eczéma.

Comment traiter l’atopie ?

La peau atopique est une peau défaillante qui ne joue pas correctement son rôle de barrière protectrice de l’organisme. En s’asséchant, la peau devient plus réactive, irritable et plus sensible aux agressions externes. Avec une fonction barrière altérée, la peau laisse passer des agents extérieurs qui pénètrent dans l’épiderme et provoquent des réactions cutanées : rougeurs, démangeaisons, croûtes …
Et il est bien évidemment impossible pour les parents de protéger leurs enfants contre la poussière, les acariens, le pollen ou la pollution qui les entourent au quotidien. D’ailleurs, de récentes études ont même souligné le fait que surprotéger ses enfants face à ces agents extérieurs augmentait même le risque d’apparition d’eczéma. Pour traiter efficacement l’atopie, les parents doivent se concentrer sur 3 aspects : une toilette douce et adéquate, l’observance du traitement prescrit par le dermatologue et l’utilisation de soins émollients ainsi que le recours à un traitement dermocorticoïde.
Même quand il n’y a pas de poussées d’eczéma, il est important d’appliquer plusieurs fois par jour une crème émolliente pour lutter contre la sécheresse cutanée et ainsi reconstruire la fonction barrière de l’épiderme. Une application régulière plusieurs fois par jour permet de réduire, prévenir et espacer les crises. Même si la peau peut sembler être en bon état, il ne faut pas hésiter à appliquer la crème émolliente. C’est un véritable réflexe que les parents doivent avoir, une routine soin qu’ils doivent instaurer avec leur enfant. Pendant des phases de poussées et de crises d’eczéma, il faut plutôt avoir recours à des crèmes formulées à base de cortisone pour réduire l’apparition et l’aggravation des lésions cutanées. Au fur et à mesure des crises et des poussées, les parents peuvent également identifier les facteurs aggravants afin d’adapter leur mode de vie et de réduire les risques.

Des gestes simples pour une meilleure qualité de vie

Une routine soin adaptée permet de surmonter les poussées et les crises qui laissent bien des parents démunis et désarmés face au mal-être de leurs enfants. Le plus difficile est de faire comprendre à son enfant qu’il ne faut pas se gratter malgré des démangeaisons souvent très intenses. Le grattage est un des rouages du cercle vicieux de l’atopie : plus l’enfant va se gratter, plus les lésions vont s’aggraver et faciliter la pénétration d’agents externes dans les couches de l’épiderme.
En période de crise, certains dermatologues recommandent aux parents de faire porter à leurs enfants des gants ou de recouvrir leurs mains avec du coton. Il est aussi recommandé de veiller à ce que leurs ongles soient coupés courts et de ne pas les laisser dévêtus pour éviter des griffures et des lésions sur le corps. Pour une sensation de fraîcheur et de réconfort, les crèmes peuvent aussi être conservées dans le réfrigérateur pour apporter une sensation de fraîcheur et de réconfort lors de l’application.
Au quotidien, il est préférable que la température ambiante n’excède pas 19° degrés notamment dans la chambre de l’enfant, la nuit, pour éviter les troubles du sommeil qui accompagnent souvent la poussée. Le soin apporté à une peau atopique nécessite une attention particulière, notamment au niveau de l’hygiène, pour éviter des irritations et des lésions cutanées.
Ainsi, il est préférable de privilégier les douches courtes et tièdes aux longs bains chauds. En effet, l’eau chaude a tendance à déclencher des démangeaisons. Un bain ne doit donc pas excéder une dizaine de minutes et doit avoir une température maximale de 35°C. Pour adoucir l’eau calcaire qui agresse la peau atopique, il existe des huiles de bain. Au niveau des produits, il est conseillé d’utiliser un syndet ou un gel surgras sans savon pour nettoyer en douceur du bout des doigts la peau. Après la douche ou le bain, pour le séchage, il suffit juste de tamponner la peau à l’aide d’une serviette. Et pour compléter cette routine soin et hygiène, après chaque douche, il faut bien hydrater la peau en appliquant une crème émolliente sur une peau encore légèrement humidifiée pour une meilleure pénétration de la crème.