Zoom sur le bruxisme

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Le bruxisme

Le bruxisme est un grincement des dents involontaire. Cette parafonction manducatrice, s’effectue soit par un serrement, soit par des mouvements latéraux des dents.

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Le grincement des dents se relie à des facteurs physiopathologiques et d’autres environnementaux. Un bruxisme peut survenir aussi bien au cours de la journée, la nuit ou pendant le sommeil. Quels sont les symptômes du bruxisme ? Quelles sont les causes de cette anomalie bucco-dentaire ? Et quels sont les différents aspects de prise en charge du bruxisme ?

Qu’est ce que le bruxisme ?

Le bruxisme est le serrement inconscient des dents, résultant d’une contraction musculaire involontaire, en dehors d’une situation où les dents sont normalement en contact comme lors de la mastication ou de la déglutition. Il touche 6% de la population mondiale, et peut toucher également les enfants. Il se manifeste le plus souvent pendant la nuit, et est donc indépendant de la volonté de la personne pendant son sommeil, mais peut également être diurne.
Dans ce dernier cas, au cours de la journée, il est soumis à la volonté du patient ce qui permet la décrispation des mâchoires, limitant la pression sur les dents. Le bruxisme peut être statique (serrement des dents sans mouvements et donc sans son émis), ou dynamique (mouvements latéraux ou antéro-postérieurs de la mâchoire inférieure, de faible amplitude et émettant un grincement).
Sa prévalence est de 10% chez les jeunes et de 8% à 12% pour les sujets âgés de 20 ans à 50 ans. On en distingue deux types de bruxisme :
– Le bruxisme dynamique avec le frottement des dents d’une manière latérale ou d’avant en arrière.
– Le bruxisme statique avec un frottement de dents sans son émit.

Quelles en sont les causes ?

Les origines du bruxisme sont diverses.
Elles renferment essentiellement des malformations anatomiques, morphologiques, une malocclusion ou des problèmes psycho-sociaux. Ces causes renferment un trouble de la sécrétion salivaire par les glandes salivaires, des troubles de l’occlusion dentaire, un usage de certains traitements anxiolytiques, une consommation de substances dopantes,
une déglutition atypique à vide, des opérations chirurgicales utilisant des anesthésiants locaux ou régionaux ou un traumatisme entraînant un trouble des lésions de l’articulation temporomandibulaire.
En outre, la stimulation continue du système limbique entraîne une activation des muscles de la mâchoire, ce qui entraîne que le patient va grincer ses dents.

Les séquelles d’un bruxisme

Parmi les conséquences du bruxisme, il y a des anomalies d’articulations tempo-mandibulaires qui fait la liaison du crâne et de la mandibule. Par ailleurs, la brycose des dents est caractérisée par une abrasion des dents. L’évolution d’un bruxisme mène à un affaiblissement des muscles masticateurs et ceux oculomandibulaires.

Comment se fait la prise en charge du bruxisme ?

La prise en charge des patients se fait soit par voie médicamenteuse, soit la réparation de ce dysfonctionnement au niveau de la cavité buccale. Le traitement comprend le polissage des dents, la mise en place d’une plaque occlusale permettant de restituer les mouvements normaux des dents et pallier à un affaiblissement de la densité de l’email. La voie médicamenteuse comprend des médicaments de désensibilisation des maux dentaires en utilisant par exemple un vernis spécifique et des relaxants des muscles masticateurs. Une prise en charge orthodontique assure une correction de la malocclusion. Par ailleurs, dans certains cas, des injections de la toxine botulique assurent un renforcement des muscles masticateurs et un évitement de gestes inappropriés en dehors de la mastication, soit le masséter et/ou le temporal. Dans certains cas, un usage d’une gouttière mandibulaire permet de soulager le patient, éliminer le mouvement involontaire et diminuer les tics. En fait, la prise en charge ne permet pas toujours de réparer cette anomalie mais d’amoindrir les dommages et les lésions aussi bien des dents que des muqueuses buccales.
L’intervention chirurgicale assure un amoindrissement des séquelles graves, une réduction des dégâts ou des douleurs en lien avec les lésions de la dentition, voire la suppression de ce phénomène.

Zeineb Said

Dr Zeineb Said, Médecin dentiste

1) Comment déceler les signes d’un bruxisme ?

Le patient se plaint de fatigue musculaire au niveau des joues et/ou de la nuque au réveil, de maux de tête, de douleur ou craquement des mâchoires. Très souvent le conjoint rapporte un grincement des dents pendant la nuit. A l’examen dentaire on trouve une usure de l’émail, et dans des cas plus sévères l’abrasion peut atteindre la dentine. Ceci peut entraîner une sensibilité dentaire spontanée ou provoquée au chaud et/ou au froid, et parfois même une fracture de la dent.

2) Quelles sont les causes d’un bruxisme ?

Le bruxisme est essentiellement lié à un stress psychologique ou à un syndrome anxieux. Une malocclusion (mauvais
alignement des dents) peut aussi en être la cause.

3) Comment se fait le diagnostic ?

Généralement, le diagnostic est clinique : Le patient rapporte une crispation des mâchoires et une fatigue musculaire au réveil. Le bruit du grincement est rapporté par l’entourage. A l’examen buccal, les dents sont fréquemment abrasées.

4) Quelles sont les différentes modalités de prise en charge ?

La prise en charge du bruxisme repose principalement sur le port de gouttières dites de désocclusion. Une fois le
diagnostic posé, le médecin dentiste prend une empreinte des dents du patient bruxomane afin de confectionner des
gouttières individuelles, qui auront pour rôle de protéger les dents contre l’usure. Si la cause du bruxisme est un mauvais alignement des dents, un traitement orthodontique peut être préconisé. Une prise en charge de l’anxiété peut également être entreprise (sophrologie, psychothérapie, hypnose, etc). On peut parfois avoir recours à des médicaments myorelaxants ou aux anxiolytiques, mais de façon ponctuelles (pendant une phase aigue) afin d’éviter la
dépendance.

5) Quels conseils donneriez-vous aux patients atteints de bruxisme ?

Si vous suspectez un bruxisme n’attendez pas pour consulter votre dentiste afin de favoriser une prise en charge précoce. En ce qui concerne les bruxomanes avérés, je conseille d’éviter tous les stimulants comme le tabac, l’alcool ou la caféine le soir avant le coucher. Aussi, le port régulier des gouttières est primordial car, à long terme, les dégâts sur les dents peuvent être importants et la réhabilitation prothétique compliquée.