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Cybersexe

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Cybersexe

Le cybersexe est une révolution au niveau des mœurs, une révolution sexuelle. Il s’agit d’un phénomène assez récent associé à l’essor de l’internet, un phénomène qui a envahi la toile.
Le cybersexe dépendance est un nouveau mode d’expression sexuel qui a ses propres rituels.

par Rania Klibi

Le cybersexe regroupe toutes les activités ayant un caractère sexuel pratiquées par les internautes lors d’échanges (photographies, vidéos, textes, messages) via le web. L’internet a rénové les stratégies de séduction des surfeurs du web, en dépoussiérant par la même occasion les pratiques sexuelles de l’alcôve de la chambre à coucher.

Il s’agit d’une addiction sans drogue et comme pour les autres formes de dépendance, la dépendance à l’internet a des retentissements sur le plan professionnel (visiter des sites à contenu pornographique ou érotique lors des heures du travail), sur le plan conjugal (des conflits à cause de ce problème, substitution de la sexualité au sein du couple par une autre virtuelle et anormale), sur le plan familial (négligence ou abandon des tâches et des responsabilités au sein de la famille au profit de ce nouveau plaisir) et au niveau de la santé (troubles du sommeil, irritabilité).

Qu’est-ce que le cybersexe ?

Littéralement, c’est de la sexualité cybernétique. Ce qui induit des pratiques sexuelles avec ou par l’intermédiaire d’un dispositif cybernétique.

Contrairement aux idées reçues, les pratiques cyber-sexuelles contemporaines sur les réseaux sociaux ne se limitent pas à la consommation passive de la pornographie. Pour une part de plus en plus importante, elles comprennent également des activités d’échange et de communication multimédia sophistiquées qui peuvent parfois nécessiter de la part des utilisateurs, non seulement un assez haut niveau d’équipement et de technicité informatique, mais aussi une expertise cognitive relativement importante en terme de communication, de culture, de sens artistique, de verbalisation, de rédaction et de sensualité.

Le cybersexe : une drogue dangereuse ?

L’explosion de l’internet au début des années 1990 est un phénomène sans précédent dans le monde des communications et des technologies. Mais comme toute technologie, l’internet a ses avantages et ses inconvénients. Il est à noter que son utilisation quotidienne fait naître de nouvelles problématiques psychologiques.

La grande problématique qui se répand de façon considérable de nos jours c’est le cybersexe qui est une dépendance assez difficile à reconnaître par ses utilisateurs et à traiter vu qu’elle concerne la vie intime de la personne.

On sait qu’une dépendance est une façon de compenser: on remplace une chose manquante par une autre afin de retrouver un certain équilibre. Cette carence, ou cette chose qui manque, peut être l’amour, l’attention, l’affection, ou la confiance en soi.

Il semble que le terme « addiction à l’internet » ait été utilisé pour la première fois en 1996. À cette occasion, la psychologue américaine, Kimberly Young, présentait un article intitulé: « Internet Addiction : The emergence of a New Clinical Disorder ».

Selon le Dr Young, certains individus deviennent dépendants de l’internet de la même façon que d’autres deviennent dépendants des drogues, de l’alcool ou du jeu.

Le psychologue américain, Al Cooper rapportait avoir des problèmes sexuels liés à l’internet.

Une étude réalisée en 1999 (Cooper, Putnam, Planchon & Boies) sur les utilisateurs qui consultent les sites à contenu sexuel explicite a montré qu’il y a trois catégories :

– les utilisateurs pour qui il s’agit d’un divertissement.

– Les utilisateurs à risque.

– Les utilisateurs compulsifs. Ces derniers passent au moins 11 heures par semaine sur des sites à caractère sexuel, ils développement au fur et à mesure un désir sans cesse grandissant envers ce type d’activité, sont dans le déni des conséquences négatives de leur comportement sur eux-mêmes et sur leur entourage, négligent leurs occupations normales et sont incapables de contrôler leur impulsion à répéter un tel comportement (un cercle vicieux).

De plus, Al Cooper rapporte que le fait de consulter des sites pornographiques n’est que la pointe de l’iceberg des problèmes de comportements sexuels obsessionnels et compulsifs.

Ces personnes préfèrent avoir un tel comportement (et elles y retournent toujours, inlassablement) afin d’apaiser la tension interne et pour se libérer du stress au lieu de faire du sport ou d’autres activités. Parmi les conséquences négatives sur la personne elle-même, on note l’isolement chez ces internautes qui s’éloignent de la vie réelle au profit d’une nouvelle vie virtuelle.

Les symptômes du cybersexe

Les principaux symptômes qui accompagnent les périodes de manque vu qu’il s’agit d’une dépendance sont :

– Une extrême émotivité négative.

– Une sensation de vide.

– Une angoisse intense.

– Un sentiment d’être nul, incompétent.

– Un sentiment de culpabilité.

– Une boule dans la gorge.

– Des pleurs.

– Mauvaise image de soi.

– Manque de confiance en soi.

Lors de cette période de sevrage, la personne sent qu’elle ne peut se passer du cybersexe, bien que ça ne lui procure pas du plaisir, mais elle essaie de se convaincre que c’est un moyen pour en avoir alors qu’il s’agit d’un vide affectif, un sentiment de solitude et un manque d’estime de soi.

Pour l’utilisateur, il s’agit d’une drogue qui va apaiser son stress, combler le vide, diminuer la peur et la peine.

Les différents types de cybersexe

• Le cybersexe : c’est le terme générique, induisant l’utilisation d’outils dans les pratiques sexuelles et incluant toutes les pratiques cyber-sexuelles.

• Le cybersexe passif : consommation passive d’œuvres érotiques ou pornographiques véhiculées par des médias (magazines, BD, DVD).

• Le cybersexe interactif : consommation « semi-active » d’œuvres érotiques ou pornographiques ayant des caractéristiques interactives sommaires mais n’établissant pas de relation ni d’interaction avec un autre partenaire humain.

• Le cybersexe connecté : pratiques cyber-sexuelles actives mettant en relation des humains au travers d’un système technique.

Comment traiter la dépendance au cybersexe ?

Il faut savoir que la dépendance au cybersexe et la consommation compulsive de pornographie entraîne seulement une dépendance psychologique et non physique comme les drogues, l’alcool et même le tabac. Il est en effet possible de devenir dépendant psychologiquement de beaucoup de choses dont la pornographie et le cybersexe.

Le cybersexe n’affecte pas seulement la personne qui s’y livre mais aussi son entourage surtout s’il est en couple, cela va se répercuter sur son partenaire.

Il est vrai que la pornographie exploite le fantasme sexuel, alimente et pimente la vie sexuelle de nombreux couples que la pornographie peut stimuler. Toutefois, une consommation compulsive de pornographie de la part d’un des partenaires va forcément entraîner un écart dans les perceptions au sein du couple.

C’est dans cette perspective, qu’il faut une approche thérapeutique intéressante à savoir l’hypnose qui est une thérapie brève qui cible les symptômes afin d’apaiser la souffrance.

En hypnose, il faut identifier la cause du cybersexe, les symptômes et les conséquences de cette dépendance pour les éliminer. Souvent les causes sont retrouvées dans l’enfance de l’individu. Les différentes techniques utilisées en hypnose sont la visualisation, la relaxation, la respiration et la détente, l’hypnotisme, le subliminal, et les suggestions post-hypnotiques.

Il s’agit d’un outil extrêmement puissant pour régler diverses pathologies et symptômes de dépendance au cybersexe.

Il existe également d’autres approches thérapeutiques pour traiter cette dépendance comme la thérapie cognitivo-comportementale qui s’intéresse à la réduction du comportement dépendant, mais aussi à la modification des croyances ou des pensées qui entretiennent cette dépendance.

Il ne faut pas oublier aussi la problématique de la dépendance au cybersexe qui peut être traitée avec les groupes anonymes (comme pour les alcooliques anonymes). Ce sont des groupes d’entraide regroupant des hommes et des femmes qui partagent leurs expériences, leurs forces, leurs faiblesses, leurs espoirs, dans le but de résoudre leur problème commun et d’en aider d’autres à se rétablir.

Ces groupes d’entraide sont ouverts et toute personne avec une problématique d’addiction sexuelle, on peut y participer à condition d’avoir le désir d’arrêter son comportement compulsif.

Le cybersexe en Tunisie

A vrai dire c’est en voulant interdire le sexe sur internet que le gouvernement n’a fait que le rendre plus attractif. Violer un interdit, c’est tellement excitant ! Transgresser les règles est un défi !

Internet a entamé une révolution dans les mœurs. C’est le côté piquant du cybersexe. Le plaisir coupable n’existe pas dans le virtuel. Tout ou presque est permis. Les fantasmes les plus indicibles s’écrivent, se confessent, s’échangent et se réalisent sur demande et acceptation. Mais c’est là aussi que se trouve le versant négatif du cybersexe. On ne sait pas sur qui on peut tomber et même si on est « protégée » par un écran, on n’est pas à l’abri de rencontres disgracieuses…
Pour certains, le cybersexe serait l’expression d’une misère sexuelle, ou pourrait remplacer la sensualité et les pratiques sexuelles réelles. Le cybersexe ne remplace pas la sexualité biologique originelle, c’est un outil puissant, qui, grâce aux outils informatiques et aux réseaux numériques amplifie notre sensualité et sexualité. Le cybersexe s’ajoute à notre sexualité, l’augmente pour utiliser des terminologies à la mode, mais ne la remplace pas.
Il convient de ne pas généraliser et être alarmiste. Chaque fois qu’un partenaire du couple souhaite utiliser de la pornographie, il ne s’agit pas nécessairement de dépendance et de compulsion sexuelle. La consommation de pornographie et de magazines érotiques peut ne pas être problématique. C’est surtout à travers une consommation excessive que des distorsions de la réalité se produisent et que le couple risque de souffrir.