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Fethi Missaoui : Je fabrique des champions et c’est bon pour le moral !

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Fethi Missaoui : Je fabrique des champions et c’est bon pour le moral !

Champion olympique de boxe anglaise aux jeux d’Atlanta en 1996, Fethi Missaoui est aujourd’hui l’entraîneur de l’équipe nationale de boxe junior. Il est notre invité de ce mois dans la rubrique leur santé…ils en parlent.

par Salem Djelassi

Comment continuez-vous à entretenir votre forme ? 

C’est simple ! En entraînant les jeunes boxeurs de l’équipe nationale, je me tiens en forme ! De temps en temps, je fais du jogging, mais la plupart du temps, je suis sur le ring pour leur donner des leçons de techniques de boxe, ce qui me permet de bouger tout le temps. D’autre part, le fait d’entraîner tous les jeunes boxeurs qui seront des futurs champions me permet d’être moralement très satisfait. Je suis satisfait de mon travail et cela est très important pour mon équilibre psychologique.
Je fabrique des champions et c’est bon pour le moral. 

Comment coachez-vous vos athlètes avant les grands combats ? 

Le plus grand défi, c’est de gérer le stress. C’est très important ! Un boxeur peut perdre un combat très important ne serait-ce que parce qu’il n’as pas su gérer son stress. Mon travail, c’est aussi de les soutenir psychologiquement avant ces grands rendez-vous mondiaux. Il y a un peu de travail sur la concentration par exemple. La concentration doit avoir lieu entre 3 et 4 heures avant le combat. Si un boxeur passe la nuit à se concentrer et à réfléchir sur son combat, il va probablement le perdre. C’est facile à dire, mais dans la réalité, c’est très difficile. 

Que conseillez-vous à monsieur tout le monde pour gérer le stress ? 

Le stress est malheureusement notre quotidien du matin au soir. Moi je leur conseille de faire du sport mais pas n’importe comment. Je leur conseille de commencer la journée par l’exercice. Il faut se lever tôt ! Le corps est très réceptif à l’effort entre 6 heures et 8 heures du matin. Il est mieux préparé à gérer le stress de toute la journée. C’est très bon aussi pour le mental. Faire du sport en fin de journée, c’est plutôt du défoulement pour un corps déjà fatigué. C’est pour cela que l’entraînement matinal est très important.

Est-ce que vous êtes un bon cuisinier ?

Je sais faire un menu complet au barbecue ! 

Vos plats préférés ? 

Tout ce qui vient de la mer ! Poissons et fruits de mer avec des salades. Quand je boxais au Canada, je consommais beaucoup d’huîtres ! Je mange très hygiénique !

Que reprochez-vous à l’alimentation actuelle des jeunes ? 

Le côté hyper-gras des aliments ingérés. Il y a énormément de fast-foods qui servent à longueur de journée des frites et de la mayonnaise dans des conditions hygiéniques qui laissent à désirer. Je reproche également aux Tunisiens d’être de grands mangeurs de pains, même ceux qui prétendent être sportifs. Un Tunisien peut consommer trois baguettes par jour sans les sentir passer ! 

Que reprochez-vous à nos sportifs tunisiens ? 

Le manque d’éducation et de culture. C’est avec ça qu’on atteint une mentalité de gagneur ! C’est comme ça qu’on se positionne pour le challenge. J’ai l’impression que le sport n’atteint pas les mentalités … Il y a beaucoup de sportifs indisciplinés dans leur hygiène de vie, dans leur manière de vivre et dans leur comportement … Pour moi, c’est très important. 

Pour vous la vie de famille ça représente quoi ?

C’est très important dans la vie d’un sportif. Je pense que c’est son seul soutien lors des grandes compétitions.

Vous avez une petite fille, rêvez-vous un jour de la voir boxer ?

Si elle aime ça, je ne lui dirai  pas non ! Mais il est très important pour moi qu’elle soit sportive dans le corps et l’esprit. Pour tout le reste, elle est libre de ses choix.