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La noyade c’est pas coule !

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La noyade c’est pas coule !

Bord de mer ou piscine, quand l’été devient caniculaire, quoi de plus naturel que de vouloir piquer une tête pour se rafraîchir ? Il est vrai qu’affronter la vague de chaleur dans les bras de sa mer, bercé par les flots c’est archimèdement bien ! Toujours mieux qu’être en nage à la maison. Seulement voilà, le risque « no-noyade » n’existe pas. Se jeter à l’eau oui, s’y noyer non !

par Samantha Ben-Rehouma

Ajouté à cela, certaines croyances ancrées dans l’esprit depuis qu’on est petit (merci Méméti !), bref, il est grand temps de trouver sa planche de salut dans ce sac de nœuds avant le grand plouf !

Les bons nageurs ne se noient pas

Pas vrai du tout !
Sous prétexte de savoir nager, beaucoup d’entre nous oublient que d’autres facteurs peuvent nous faire perdre pied : boire trop d’alcool, la prise de médicaments, surestimation de notre capacité à nager à contre-courant, trop longue exposition au soleil, choc thermique…Même les adultes les plus expérimentés devraient nager accompagnés !

Quand une personne coule, elle crie

Pas toujours.
La noyade est souvent désignée comme un tueur silencieux. Nous ne pouvons réaliser que nous sommes en danger avant d’aller sous l’eau. Et c’est particulièrement vrai avec les enfants. Les enfants qui se noient ne peuvent pas demander de l’aide – chaque effort est fourni pour rester au-dessus de l’eau- ils ne peuvent pas se battre longtemps et finissent par glisser sous l’eau et se noyer.
Les adultes qui sont de mauvais nageurs, ou qui ne peuvent pas nager, peuvent se comporter de la même façon. A contrario, ceux qui peuvent bien nager pourront battre l’eau avec leurs bras et seront ainsi plus aptes à crier à l’aide.
Autre cas, ceux qui pourraient avoir une crise cardiaque ou une mauvaise circulation sanguine entraînant des crampes. Ces derniers glissent alors silencieusement sous l’eau et se noient. Les personnes diabétiques ou épileptiques doivent aussi être surveillées.

La noyade est toujours fatale

La plupart des gens assimilent la noyade à la mort, mais les experts médicaux voient cela autrement. En effet, l’OMS distingue des pronostics de survie à la noyade par rapport aux 4 éléments suivants:

– Durée de submersion: 7 à 10 minutes pour la noyade proprement dite ou noyade primitive (arrêt 3 à 4 mn après la submersion et lésions nerveuses définitives 3 à 4 mn après l’arrêt circulatoire). Moins 4 minutes en cas d’hydrocution et de 10 à 30 mn en plus, en cas d’eau très froide. Si la température est basse, la victime aura plus de chance d’être réanimée car le froid fait office de protection cérébrale, les risques de conséquences neurologiques sur la victime seront minimisés.
– Rapidité des premiers secours : si la victime est repêchée dans les deux premières minutes.
– Nature de l’eau : surtout son caractère pollué (certains oueds, lits de cours d’eau proches d’une zone industrielle, marina, etc.)
– Les complications évolutives : surinfection broncho-pulmonaire, syndrome de Mendelson ou syndrome d’inhalation bronchique, complications lors de la réanimation.

Les enfants se noient plus souvent que les adultes.

Certes, la probabilité est plus élevée chez les enfants, toutefois d’après la Protection Civile, si l’on se base sur les chiffres réels, il y a plus de noyés chez les adultes, avec une plus grande incidence chez les individus de sexe masculin. Si la noyade est plus élevée en période estivale (environ 90% des noyades en juillet-août), l’accident demeure la cause principale de noyade.

Plus il y a de monde et moins il y a risque de noyade

Faux. Les enfants peuvent être plus à risque de se noyer avec de grands groupes de personnes autour car on ne sait pas qui est le responsable pour les surveiller. L’adulte en charge se doit d’être vigilant : garder les yeux sur l’eau (et pas sur un téléphone cellulaire ou un ordinateur !) et ne pas quitter la zone où les enfants nagent jusqu’à ce qu’un remplaçant arrive.

Les flotteurs, bouées et autres gonflables protègent les enfants qui ne nagent pas bien

Non. Ils sont très dangereux parce qu’ils donnent l’impression qu’un enfant qui ne sait pas nager est en sécurité dans l’eau. Ils procurent un faux sentiment de sécurité.
Un enfant avec une bouée ou des flotteurs, comme tous les enfants, a besoin d’une surveillance constante. Les enfants peuvent également porter des gilets de sauvetage mais toujours sous la surveillance d’un adulte.

Les femmes se noient plus que les hommes

Faux. Près de 80% des décès par noyade sont des hommes. Quand on regarde le comportement des hommes, ils ont tendance à, non seulement prendre plus de risque (se baigner seul ou pratiquer des activités nautiques extrêmes), mais surtout à surestimer leur capacité physique. De plus, le fait qu’ils soient plus amenés à prendre de l’alcool, voire fumer des joints, réduit considérablement leur état d’alerte.

Mieux vaut prévenir que périr !

  • De préférence toujours choisir une baignade surveillée.
  • Respecter toutes les consignes des maîtres-nageurs.
  • Toujours se renseigner sur la couleur des drapeaux.
  • Eviter de se baigner seul, même si l’on est un très bon nageur.
  • Ne jamais surestimer ses forces car à un moment il faudra revenir sur le rivage.
  • Faire attention aux vents et aux courants contraires.
  • Ne pas se baigner en cas de fatigue ou de maux de tête.
  • Ne pas se baigner après un bon repas bien arrosé.
  • Faire attention aux équipements gonflables : matelas, canots, bouées, etc.
  • Toujours utiliser du matériel conforme, testé et certifié.
  • Réguler sa température (bien se mouiller la nuque, le dos, la tête) avant d’entrer dans l’eau.

La noyade vue par Méméti en mode Alerte à Marsabu

• Tôt le matin, les poissons ont faim, donc on reste à la maison et, quitte à avoir les mains dans l’eau, fama la vaisselle qui t’appelle !
• Le midi c’est makrounabatata et puisque dhrabtha six-douze (entendez ton ventre va éclater), va m’apporter le thé et reste à mes côtés.
• Brefkentkoul (manges) tu coules. CQFD.
• A trois heures, « moushou vert le drapeau, sheyy i khawef », « mais, Mémé c’est le maillot rouge du maître-nageur »
• A quatre heures, mouille-toi jusqu’au bassin, c’est plus sain !
• A cinq heures, t’as trop mangé de bambalounis alors tu restes ici !
• A six heures, ne va pas te baigner côté gauche fama les enfants de la voisine qui sont dans l’eau et le dernier a des poux, va du côté droit ahawka ton grand-père, ton oncle et tes cousins y sont.
• A six heures dix « dis à ta sœur qu’elle ne doit pas se baigner car elle est réglée et yezimelbeachkouramteha outebaedmelmei, (elle arrête de jouer au Beach Ball et elle sort de l’eau) les requins ça sent le sang de très loin yeghimachoftoush Les Dents de la Mer ??
• Ijanhotek el chambrellebechmatoghrokesh (viens que je te mette ta bouée comme ça tu ne coules pas).
• Bara okhtosstawatetferhedkaatyesserfel chams (Va te baigner ça va te rafraîchir t’es trop restée au soleil à faire des pâtés).
• Bois beaucoup d’eau comme ça kelshektwalichambrelle ou matoghlokesh (ton ventre se transforme en bouée et donc tu ne peux pas couler) « Behi Mémé, si tu le dis… »
• A sept heures, viens te baigner avec moi et hett el chambrellekbira (apporte la grande bouée) l’eau est devenue chaude y a plus de risque !