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La PMA (Procréation Médicalement Assistée) : c’est extra !

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La PMA (Procréation Médicalement Assistée) : c’est extra !

La procréation médicalement assistée ne fait pas de miracles, elle aide simplement la Nature à suivre son cours lorsque celle-ci n’y parvient pas toute seule. Il s’agit d’une série de techniques qui aboutissent bien souvent sur ce qui semblait impossible: une grossesse.

par Jaouida Ben Aouali

Pour de nombreux couples, le chemin qui mène à la grossesse n’est pas un long fleuve tranquille. Et la solution se résume en trois lettres porteuses d’espoir : AMP ou assistance médicale à la procréation (ou PMA). Les techniques, dans le monde fort complexe des éprouvettes, sont diverses.

L’insémination artificielle (IA)

L’insémination artificielle est utilisée en cas d’infertilité inexpliquée ou bien pour compenser une faiblesse relative du sperme de l’homme ou des problèmes de glaire cervicale chez la femme. Elle se pratique, sans anesthésie, dans un centre d’AMP ou au cabinet du gynécologue, avec le sperme du conjoint (IAC) ou celui d’un donneur (IAD). Il s’agit de déposer directement dans la cavité utérine, au moyen d’une pipette, le sperme préparé en laboratoire (lavé et centrifugé). Avant l’insémination proprement dite, la femme suit un traitement d’inducteurs d’ovulation (hormones qui déclenchent l’ovulation) pour multiplier les chances de réussite. Ce traitement est administré sous forme d’injections quotidiennes.

La fécondation in vitro (FIV)

La FIV s’adresse principalement aux femmes dont les trompes sont absentes ou ne fonctionnent pas, ainsi qu’aux cas inexpliqués de stérilité. C’est la technique d’AMP la plus connue. Dans un premier temps, la femme suit un traitement d’inducteurs d’ovulation afin d’obtenir plusieurs ovocytes (et non un seul comme dans un cycle naturel). Les recherches entreprises dans ce domaine en Tunisie ont permis de mettre en place de nouveaux protocoles basés sur une prescription différente de ces inducteurs. Avant la FIV, le médecin prescrit un traitement inducteur d’ovulation plus léger basé sur l’administration d’un nombre moins élevé d’injections (six ou sept injections maximum avant la FIV) et par conséquent moins coûteux.

Les ovocytes sont ensuite ponctionnés, le plus souvent sous anesthésie générale. Le matin même de la ponction, le conjoint doit donner son sperme recueilli par masturbation. Ovocytes et spermatozoïdes sont réunis dans une éprouvette. S’il y a fécondation et que l’œuf se divise correctement, il est transféré dans l’utérus environ 48 heures plus tard, au stade de deux à quatre cellules (ou un peu plus tard).

Le transfert est indolore et se réalise sans anesthésie. Deux semaines plus tard, on pratique un test de grossesse pour savoir si l’embryon s’est bien implanté dans l’utérus. Plusieurs embryons peuvent être transférés en même temps. Ceux qui « restent » sont congelés, en vue d’une éventuelle tentative de FIV ultérieure.

Les avancées réalisées par la recherche dans ce domaine ont permis de développer de nouvelles techniques pour augmenter les chances de réussite de la FIV. L’une d’elles se rapporte au diagnostic préimplantatoire qui consiste à pratiquer une biopsie au niveau des embryons afin de choisir ceux qui ne comportent aucune anomalie chromosomique, ce qui augmenterait les chances de succès de la FIV. Actuellement, 9.000 tentatives de FIV sont effectuées en Tunisie par an. Une autre grande avancée de la recherche encore au stade expérimental : les cellules souches qui permettront à des femmes stériles de produire de nouveau des ovules.

L’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde

Cette technique permet de prendre en charge des stérilités masculines sévères. Plutôt que de déposer, comme dans une FIV classique, 100.000 spermatozoïdes autour de chaque ovocyte et de « laisser faire », on injecte un seul spermatozoïde directement dans l’ovocyte avec une petite pipette.

Les dons de gamètes

Un homme ne fabriquant pas de spermatozoïdes, une femme ne produisant pas d’ovocytes, un couple risquant de transmettre une maladie génétique grave peuvent bénéficier de dons de gamètes (c’est-à-dire d’un don à la fois de sperme et d’ovocyte). Le déroulement de la FIV ou de l’ICSI sera ensuite tout à fait classique. Jamais les parents ne sauront de qui proviennent les gamètes utilisés, ces dons étant anonymes et gratuits.