Police environnementale : Un pas géant pour une Tunisie propre

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Depuis 2011, la Tunisie vit une crise qui s’est amplifiée ces dernières années, elle est non seulement économique et sécuritaire, mais aussi environnementale : pollution, prolifération des déchets, développement des maladies, dégradation de l’hygiène…

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… c’est dans ce cadre qu’a été lancée la brigade environnementale durant une cérémonie organisée le 13 juin 2017 au Palais des Congrès sous la présidence du chef du gouvernement, du ministre des Affaires locales et de l’Environnement, du ministre de la Jeunesse et des Sports, de la ministre de Tourisme et du ministre de Transport.

La police environnementale

police de l'environnementLa police environnementale a été présentée et expliquée durant la cérémonie, il s’agit 299, oeuvrant sous 47 municipalités. Ces membres ont été choisis, selon Zied rouissi, à travers des candidatures municipales. Les agents de la police environnementale ont non seulement reçu une formation dans le domaine de la santé et de la juridiction, mais aussi une formation dans la communication avec le citoyen. Les policiers sont contrôlés et surveillés par leurs municipalités respectives ainsi que par le ministère des Affaires locales et de l’Environnement. L’objectif de ces équipes policières est la préservation de l’environnement, la préservation de la santé, et la sensibilisation à travers la surveillance et l’application des lois. Riadh Mouakher, ministre des Affaires locales et de l’Environnement, a déclaré que dès le 13 juin 2017, 163 agents dans 34 municipalités débuteront leurs travaux de sensibilisation et de répression dans la zone du Grand-Tunis, il a souligné aussi que le premier mois sera consacré à une mise en place d’une opération blanche afin que le citoyen puisse s’accoutumer à cette nouvelle police, c’est à partir du 15 juillet 2017 que les amendes officielles entreront en vigueur.

Des nouvelles lois environnementales

lois environnementalesUne vidéo diffusée durant la cérémonie du lancement a distingué 3 catégories d’amendes : la première est une amende de 40 dinars qui sanctionnera ceux qui déversent des ordures dans la place publique, qui ne respectent pas l’horaire fixé pour sortir les poubelles, qui se situe entre 18h et 21h, ceux qui déposent les déchets à côté du conteneur, ou encore qui déversent des déchets verts dans la rue. La deuxième amende est une somme de 60 dinars, et pénalisera tout centre commercial ou artisanal qui ne respecte pas l’horaire fixé pour sortir les poubelles, ou qui ne respecte pas les conditions sanitaires liées aux équipements et à la sûreté et la santé des travailleurs au sein des activités commerciales. La troisième amende se situe entre 300 dinars et 1000 dinars avec une peine de prison, elle sanctionnera les délits, tel que brûler les ordures, vandaliser ou détruire les poubelles et les conteneurs sur la voie publique, ne pas clôturer ou nettoyer une terre non construite et qui s’est transformée en décharge, ne pas entretenir et nettoyer les structures sanitaires dans les centres commerciaux, ne pas mettre à disposition des
poubelles dans les restaurants, les cafés, les hôtels et les centres commerciaux, les déversements aléatoires des ordures de la part des organisations, des magasins et des boutiques commerciales et artisanales, déverser les déchets verts et les déchets de chantier sur la voie publique.

Un équipement et une application numérique de pointe

À la fin de la cérémonie les agents de la police environnementale ont effectué une démonstration, les sirènes des 105 véhicules qui seront utilisés, étaient en marche, chaque véhicule est doté d’un GpS qui facilite la surveillance du comportement du conducteur, sa localisation, son identification et la consommation de la voiture à travers le contrôle de son trajet, ainsi les véhicules seront préservés. une application digitale et téléchargeable appelée « Tunisie propre » a aussi été élaborée, il s’agit d’une interface interactive entre la police et la municipalité, entre les agents eux-mêmes, et entre l’agent et le citoyen. En effet chaque citoyen a la possibilité de créer un compte sur cette application. Lorsqu’il veut déposer une plainte contre une infraction, l’application lui permettra de prendre une photo et d’envoyer la plainte aux agents. une fois la plainte déposée, le Smartphone du citoyen sera localisé, la plainte va directement dans la base de données pour notifier la municipalité et les agents, toutefois seul l’agent le plus proche et le moins occupé va agir. Grâce à cette application, le citoyen qui a déposé plainte pourra surveiller l’avancement de l’affaire et être tenu au courant des mesures prises vis-à-vis de l’infraction, il est à motionner que l’accusé jouit de ses droits dans la mesure où il a la possibilité d’objecter et de se défendre tout au long des 15 jours suivant l’amendement, après cela il peut soit être disculpé, soit appelé à payer, tout dépendra des faits. Cette initiative technologique a été conçue dans le but de faire participer le citoyen dans l’application de la loi et d’éveiller en lui le sens de la responsabilité envers l’environnement.
Selon le ministre de l’Environnement, le problème des déchets prendra du temps, mais cette police environnementale est un maillon de la chaîne susceptible d’améliorer l’hygiène et la propreté du pays, en faisant diminuer la pollution visuelle et les crimes environnementaux.
 

équipes de la police de l'environnement