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Quel diabète et pour qui ?

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Quel diabète et pour qui ?

En passe de devenir le fléau du XXIème siècle, le diabète a d’ores et déjà pris des proportions alarmantes en Tunisie avec un taux de prévalence d’environ 10%. Soit le chiffre effarant d’un million de diabétiques. Maladie chronique qui provoque un excès de sucre (glucose) dans le sang, le diabète peut toucher tout le monde, jeunes et moins jeunes.

par Chiraz Bouzaeien

A cette particularité près que les premiers sont plutôt touchés par le diabète de type 1 et les seconds par le diabète de type 2. Avec le diabète gestationnel, qui se manifeste durant la grossesse, ces deux types de diabètes constituent l’essentiel des formes de la maladie, même s’il en existe d’autres beaucoup plus rares que l’on dit d’ailleurs secondaires.

Le diabète juvénile

Également nommé diabète insulino dépendant ou diabète juvénile, le diabète de type 1 atteint, comme l’indique sa deuxième dénomination, surtout les enfants et les jeunes adultes, bien que l’incidence chez les adultes semble être en croissance. Touchant environ 10 % des diabétiques, il se manifeste lorsque le pancréas ne produit plus, ou pas assez, d’insuline. D’origine inconnue, le diabète de type 1 peut être causé par une maladie virale ou toxique et se manifeste par une fabrication d’anticorps par la personne atteinte, lesquels ont la caractéristique d’attaquer les cellules bêta du pancréas, d’où sa considération comme une maladie auto-immune. Le résultat en est la destruction des îlots de Langerhans où se fabrique l’insuline, et quand 90% de ces îlots sont détruits, le diabète apparaît. Toutefois, ce type de diabète a rarement un lien avec l’hérédité, ou disons qu’il est en partie héréditaire en ce sens qu’il n’est que de 5 % quand l’un des parents de premier degré est touché par la maladie et de 30 % si deux parents sont diabétiques, mais il peut atteindre les 50 % lorsqu’on a un jumeau qui présente des problèmes de régulation glycémique. Enfin, et à la différence du diabète de type 2, il ne concerne pas les sujets en surpoids, bien au contraire, l’un de ses signes pouvant être un amaigrissement.

Le diabète de l’adulte

Souvent désigné sous les noms de « diabète non insulinodépendant » ou « diabète de l’adulte », le diabète de type 2 est de loin le plus fréquent et touche près de 90 % des diabétiques. Il survient typiquement durant la deuxième moitié de la vie, à savoir après l’âge de 40 ans, même si aujourd’hui l’on observe un accroissement de l’incidence chez les jeunes. Il survient lorsque l’organisme devient incapable de réguler la glycémie, c’est-à-dire résistant à l’insuline. Ce type de diabète demande un traitement individualisé et une surveillance étroite de la maladie. Il survient surtout chez les personnes en surpoids notamment en cas d’obésité, d’où justement cette incidence chez les jeunes victimes de ce problème de surpoids. Il touche également les personnes sédentaires, celles qui pratiquent peu ou pas d’activités physiques. Le diabète de type 2 a également des liens très étroits avec l’hérédité, les personnes, dont un parent du premier degré est atteint, étant à risque.

Le diabète de la grossesse

Le diabète gestationnel apparaît pour la première fois pendant la grossesse et disparaît en général après l’accouchement. Egalement dénommé diabète de la grossesse, il est révélé ou diagnostiqué au cours du 2e ou 3e trimestre. En effet, pendant la grossesse, les besoins en insuline augmentent et si les quantités fabriquées restent insuffisantes, alors le diabète apparaît. A l’instar de ses homonymes, le diabète gestationnel augmente un peu partout dans le monde, 5 à 6 % des femmes enceintes sont ainsi concernées. Compte tenu des risques encourus, maternels (HTA, infections urinaires), foetaux (macrosomie, détresse respiratoire et complications métaboliques) et infantiles (obésité et diabète non insulinodépendant), il est important de dépister précocement l’apparition du diabète gestationnel chez les femmes présentant ce risque. Soit celles qui ont une présence de diabète dans la famille, un excès de poids, des antécédents au cours d’une grossesse précédente, ou encore celles qui sont âgées de plus de 35 à 40 ans ou qui ont des antécédents de fausses couches et de macrosomie foetale (mensurations du foetus au-dessus des courbes du périmètre crânien et abdominal) au cours d’une grossesse précédente, de malformations du foetus ou de mort du foetus… Avec une attention particulière pour les femmes originaires d’Afrique du Nord, d’Asie ou des Antilles.
Le diabète gestationnel apparaît en l’absence de facteur de risque dans plus de 50% des cas mais, même si le risque de développer un diabète définitif n’est pas négligeable, il disparaît dans 98% des cas après l’accouchement.