Nos Plus

Tout ce qu’il faut savoir sur les huiles essentielles

Publié le
Tout ce qu’il faut savoir sur les huiles essentielles

Ces dernières années, les huiles essentielles ont le vent en poupe ! Alternative aux multiples produits chimiques pour certains, soin plus proche de la nature pour d’autres, ou encore tendance incontournable du moment pour ses plus fervents adeptes, le moins que l’on puisse dire c’est que les H.E ont bel et bien fait leur entrée dans nos vies.

par Myriam Bennour Azooz

Il est temps de nous pencher de plus près sur ces petits liquides bien parfumés !

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

Une huile essentielle, appelée aussi « essence végétale », tire son nom du latin essentia qui signifie la nature d’une chose. Et cela prend tout son sens lorsque l’on sait comment l’huile essentielle est extraite. En effet, elle provient de la distillation à sec d’une plante ou d’une partie de celle-ci (feuille, fruit, tige ou fleur généralement). Cette opération a pour objectif de capter les composés aromatiques, pour la plupart très volatiles. Elles sont utilisées dans l’aromathérapie pour traiter différents maux qu’ils soient physiologique ou psychologique. A ce propos, on dit souvent que l’aromathérapie (courant thérapeutique basé essentiellement sur les H.E.) est le compagnon olfactif du mieux-être, étant utilisée à but préventif, curatif ou de bien-être. Contrairement à son nom, ce n’est pas un corps gras, mais plutôt de molécules aromatiques naturelles.

Leur mode d’extraction

Dans notre beau pays ensoleillé, nous connaissons bien les hydrolats. A chaque début de printemps, nombreuses sont les maisonnées qui ressortent le bon vieil alambic pour distiller la fleur d’oranger amère (zhar), le géranium (3atr’chya) ou encore la rose (ward). Nous utilisons largement ces hydrolats en cuisine ou encore en tonique pour le visage. On a aussi tous connus le bon vieux zhar sur le front pour faire baisser la fièvre. Mais ce que l’on sait peut-être moins, c’est que l’on a été en contact avec de l’huile essentielle, et ce, à chaque fois que l’on a
distillé de l’hydrolat. Comment ? Lors de l’opération de distillation, il y a parfois un fin filet d’huile qui flotte au-dessus de l’hydrolat, généralement lorsque le mélange est encore concentré. Eh bien, c’est cela, l’huile essentielle ! C’est par la suite, dans un essencier, que l’on récupère la si précieuse huile essentielle. Pour ce qui est des agrumes, ce n’est pas la distillation qui est utilisée, mais la pression à froid de l’écorce, puisque c’est celle-ci qui contient le plus d’arôme et de concentrés actifs.

Comment obtenir de l’huile essentielle ?

Si vous voulez tenter l’expérience chez vous, on vous livre ici quelques mesures. Si vous voulez extraire un 1 kilo d’huile essentielle, il vous faut distiller en plante fraîche l’équivalent d’environ 6000 kg de pétales de roses, 600kg de géranium ou si c’est la lavande qui vous intéresse, dans les 150 kg. C’est du travail !

Différence entre huile essentielle et huile végétale

Il arrive qu’on les confonde, peut-être du fait des similarités dans leurs noms, mais en fait, elles sont très différentes ! Les huiles végétales sont obtenues par pression (à froid ou à chaud), contrairement aux H.E. D’ailleurs, le plus souvent, pour utiliser des H.E. il est conseillé de les diluer dans une huile végétale. Celle- ci n’étant pas abrasive. De plus, il n’y a pas ou peu de cas où l’utilisation des huiles végétales est proscrite, comme pendant la grossesse (alors qu’elle est interdite pour les H.E., l’utilisation des huiles végétales durant la grossesse est conseillée, comme l’huile d’amande douce contre l’apparition des vergetures). Bref, ce sont là deux composés extraits de plantes, qui portent en eux bien des bienfaits pour le corps. Au-delà de cela, ce sont deux entités différentes, à ne pas confondre.

Les vertus des huiles essentielles

Les huiles essentielles ont été de tout temps été utilisées pour bien des usages (dès 3000 ans Avant J-C.), cela va du cosmétique aux soins, en passant par l’hygiène de son intérieur. Et pour cause, elles sont reconnues pour leur grand pouvoir antiseptique, elles sont ainsi efficaces aussi bien contre les virus, les bactéries que contre les champignons et les parasites. En plus de tout cela, elles sont largement utilisées pour leurs bienfaits sur le plan psychologique. C’est d’ailleurs ce qui leur a valu, ces dernières années un retour phénoménal sur le devant de la scène.

Comment s’utilisent-elles ?

Les H.E peuvent s’utiliser de différentes manières. Cela dépend généralement du but recherché, mais surtout du type d’H.E utilisée. En effet, certaines, considérées comme irritantes, doivent se manipuler avec le plus grand soin. Mais en général, les H.E, peuvent être avalées (dans un support neutre comme le miel, jamais seules), étalées sur la peau (mélangée à une huile végétale ou sur une compresse), inhalées, diffusées (par le biais d’un diffuseur d’ambiance). Par contre, il est bon de savoir qu’une huile essentielle ne doit jamais être cuite.

Huile essentielle et peau

L’application locale et extérieure est considérée comme la moins risquée. Mais cela n’empêche pas de prendre un certain nombre de précautions. En effet, la connaissance de la nature de l’H.E. choisie demeure la clé ! Dans ce sens, sachez que l’H.E. de cannelle, de clou de girofle, de thym d’origan mais aussi celle de sarriette, sont considérées comme irritantes et extrêmement abrasives. Pour cela vous pouvez choisir d’utiliser de l’alcool 95° ou de l’huile végétale, comme par exemple celle d’amande douce ou d’avocat pour la diluer. Comme pour le reste, le dosage dépend du type d’H.E. choisie, mais dans le doute, n’hésitez pas à avoir la main lourde côté dilution. Comptez donc une dose d’H.E. pour 10 d’huile végétale.

Des huiles essentielles à boire

Les huiles essentielles peuvent également se consommer par voie orale. Une fois dans les voies digestives, elles rejoignent la circulation sanguine pour se propager dans les différents organes. Mais il faut, là encore, observer la plus grande prudence. Généralement une ou deux gouttes dans un morceau de sucre (ou du miel) ou dans une tisane
(pas trop chaude pour ne pas perdre en efficacité) suffisent. A noter que les H.E. se diluent difficilement dans l’eau étant moins denses que celle-ci.

huiles essentielles H.E.

Des huiles essentielles qui embaument

L’utilisation des H.E. en parfum d’ambiance est assez prisée. Qui ne voudrait pas d’un intérieur qui sent bon la fleur ou la nature tout en étant débarrassé des germes ?! Personne ! Mais il est bon de s’assurer d’avoir le bon diffuseur prévu à cet effet (spécial huiles essentielles) et la bonne H.E. En effet, certaines, comme l’H.E. de thym de sarriette de girofle d’origan ou de cannelle ne sont pas prévus pour cet usage. Même diffusées dans l’air ambiant, les H.E. restent des produits puissants, et les intoxications restent possibles ! L’idéal est de privilégier un diffuseur à chaleur douce sur une durée limitée (une à deux heure par jour sans oublier d’aérer).

Les huiles essentielles pour un bain relaxant

Nous avons évoqué plus haut les vertus des H.E. sur le plan psychologique. Certaines sont anti-stress ou relaxantes. Quoi de mieux alors que d’en profiter pour un bon bain ?! L’H.E. peut ainsi pénétrer par les pores sur tout le corps. Vous pouvez même la choisir pour ses vertus pour le système respiratoire. L’effet n’en sera que meilleur. Comment faire? Il suffit de diluer d’abord quelques gouttes d’H.E. dans un peu de lait ou d’huile végétale ou même de shampoing de sorte d’obtenir un ratio total d’une quinzaine de gouttes par 180 litres d’eau.

Huiles essentielles et rhume

Les H.E. sont très efficaces pour les petits bobos du quotidien, c’est le cas du rhume ou même de sinusite. Le mieux c’est quelques gouttes d’H.E. d’eucalyptus dans un bol d’eau un peu chaude à inhaler.

Les huiles essentielles pour un bon sommeil

Parmi les vertus des H.E. on note leur pouvoir apaisant et anti-nervosité. Elles peuvent donc être un très bon allié pour les personnes souffrant d’insomnies ou qui ont du mal à s’endormir du fait de nervosité. La meilleure serait certainement l’H.E. de lavande. Cette plante étant bien connue pour ses vertus apaisantes. En tisane, dans l’eau du bain, ou même en diffusion, elle agit comme un léger anxiolytique. Dans le même champ d’action, il y a aussi la camomille, qui peut même être utilisée pour les bébés (avec approbation du pédiatre bien entendu) pour soulager les douleurs liées aux poussées dentaires et favoriser un bon sommeil.

Ce ne sont pas des médicaments

Ces dernières décennies, avec l’engouement du retour au naturel et du vivre vert, la cote des huiles essentielles a littéralement explosé ! Bien des personnes y trouvent une réponse bien plus adaptée à leurs besoins que ce soit en cosmétique et en usage domestique, certes, mais en médication aussi. Il faut bien reconnaître que, contrairement
à un antibiotique, par exemple, qui va s’attaquer à un type bien particulier de bactéries, les H.E, elles, vont cibler toutes les « mauvaises bactéries » tout en laissant intacte la flore autochtone (c’est-à-dire naturelle) du corps. On peut donc dire qu’elles sont moins invasives qu’un médicament au sens classique. Mais ici, la prudence est plus que jamais de mise ! En effet, dans un cadre thérapeutique, seul un spécialiste est en mesure de vous indiquer si une huile essentielle peut être utilisée, et dans quelles mesures.

Huiles essentielles et soleil

Certaines huiles essentielles ont un effet photo sensibilisant. C’est-à-dire qu’elles rendent la peau très sensible aux rayons du soleil, pouvant provoquer des démangeaisons, des irritations, des rougeurs voire des tâches. Certaines H.E. sont carrément à proscrire avant toute exposition au soleil, citons les H.E. d’agrumes (orange, citron, bergamote, mandarine, pamplemousse…), celle de verveine et d’angélique. Le mieux étant toujours de se référer à la notice d’utilisation ou à l’avis d’un professionnel, sinon, carrément de n’utiliser les H.E. que le soir, du moins pour les novices et les frileuses !

Que faire en cas de surdosage?

La meilleure réaction en cas de surdosage, comme avec les médicaments, est de consulter au plus vite un professionnel de la santé. Mais il n’en demeure pas moins qu’il existe des petits gestes que l’on peut faire pour limiter les dégâts sur le chemin, en attendant l’avis du spécialiste. Si on a, par mégarde verser trop d’H.E. sur la peau, on éponge de suite avec un tissu pour retirer le surplus et on s’étale de l’huile végétale en abondance. Celle-ci aura un double effet, elle diluera le reste d’H.E. restée sur la peau (elle ne se dilue pas dans l’eau, c’est pour cela que l’on choisit de l’huile) et elle hydratera la peau en profondeur pour l’aider à réparer les dégâts. Si le surdosage est survenu en ingestion, on court vers un spécialiste (il s’agit là d’un empoisonnement).
N.B. : ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent en aucun cas l’avis d’un spécialiste.

Pour aller plus loin : Lecture
– Ma bible des huiles essentielles
Guide complet d’aromathérapie par Danièle Festy, Paru en septembre 2008

La précaution s’impose

Les huiles essentielles ont des vertus indéniables, et ce tant relaxantes qu’antimicrobiennes et même cosmétiques. Elles sont pourtant loin d’être des produits anodins et la prudence s’impose concernant leur utilisation. En effet, mal utilisées, elles risquent de causer des dommages dermatologiques, respiratoire et même digestifs. Des effets indésirables peuvent survenir à la suite d’une mauvaise utilisation (par le type d’H.E. choisie ou un mode inapproprié) ou d’un surdosage. Il est donc impératif de respecter les indications inscrites sur l’emballage ou indiquée par votre spécialiste de santé en termes de nombre de gouttes à utiliser.

A noter que les huiles essentielles ne conviennent pas à tout le monde et sont fortement déconseillées aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes, aux personnes présentant des difficultés respiratoires (comme l’asthme) ou souffrant d’épilepsie.
Pour les enfants, l’Agence française de sécurité sanitaire sur les produits de santé (Afssaps) met particulièrement en garde contre trois huiles essentielles : le camphre, le menthol et l’eucalyptol.