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Rhume des foins ? réflexe homéo !

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Rhume des foins ? réflexe homéo !

Comme chaque année, le printemps montre le bout de son nez et apporte avec lui son lot de maux au nôtre ! Le rhume des foins ou, plus scientifiquement, rhinite allergique est un mal périodique qui touche de plus en plus de personnes. La solution se trouve dans les traitements homéopathiques. Sans effets secondaires et sans danger, ils nous aident à passer cette période tant attendue et pourtant si redoutée par certains.

par Jaouida Ben Aouali

Terme médical décrivant l’irritation et l’inflammation de la muqueuse des fosses nasales, la rhinite allergique peut être aiguë ou chronique, qualifiée, dans le second cas et dans le langage courant, de rhume des foins. L’une comme l’autre sont en forte augmentation à travers le monde. Lorsqu’elle est chronique, de source allergique, la rhinite affecte considérablement la qualité de vie des personnes qui en sont victimes, au point que l’OMS a publié une nouvelle classification de la maladie en 2001, avec d’autres maladies allergiques, la plaçant au 4ème rang.

Allô maman rhino

La rhinite allergique est fréquente et touche 5 à 50 % de la population générale selon la tranche d’âge, le pays considéré, voire selon les régions pour un même pays. Sa fréquence est plus grande chez les adolescents et les jeunes adultes. Elle double tous les 10 ans, sans que l’on sache précisément pourquoi. La rhinite allergique saisonnière se manifeste essentiellement sous l’influence du pollen et plus particulièrement de celle des graminées.

Elle constitue un problème de santé publique car, bien que non mortelle, elle peut altérer la qualité de vie des patients qui en sont atteints en réduisant notamment les capacités d’apprentissage des enfants et des adolescents ou les performances au travail des adultes. Les coûts qui lui sont directement et indirectement attribués sont importants.

L’association des symptômes écoulement nasal (rhinorrhée) clair, éternuements, obstruction nasale et prurit nasal est variable et non spécifique du point de vue étiologique (causes et facteurs de la maladie).
Cette symptomatologie peut dépasser la sphère nasale (conjonctivite, rhinosinusite, asthme) et altérer la qualité de vie (fatigue, sommeil, activités quotidiennes, professionnelles et/ou scolaires…).
On peut aussi observer des troubles transitoires de l’odorat et des symptômes oculaires en cas de conjonctivite associée (prurit, larmoiement), on parle alors de rhino-conjonctivite allergique. Le retentissement professionnel et scolaire peut être important avec perte de journées de travail, baisse des performances et retard scolaire. Il est soit directement lié à la rhinite allergique pendant le travail et l’école soit indirectement par la fatigue journalière, conséquence des troubles du sommeil liés à la rhinite.

Il faut donc traiter ce mal qui nous gâche la vie mais comment ? Quand corticoïdes et antihistaminiques provoquent irritations et somnolence… La solution est toute trouvée avec l’homéopathie !

L’homéopathie, une alternative à la chimie

Découverte et initialisée par un médecin allemand en 1796, Samuel Hahnemann, l’homéopathie continue à se développer partout dans le monde et le nombre d’utilisateurs est sans cesse croissant. S’adressant aussi bien aux nourrissons, aux enfants, aux adultes, qu’aux personnes âgées, l’homéopathie est, par excellence, la médecine des personnes en activité : efficace, rapide dans son action, sans effet secondaire, elle permet de se soigner avec le minimum de contraintes. En outre, peu onéreux et d’un usage facile, les médicaments homéopathiques sont remboursés par la Sécurité sociale.

Deux grandes familles de médicaments homéopathiques existent : les médicaments unitaires sans mention d’indication thérapeutique ni notice, souvent sous forme de granules, dont seul un médecin homéopathe peut en préciser les indications et la posologie, et les médicaments adaptés à un usage familial de première intention et disponibles sous différentes formes (granules, sirop, collyres…) avec indications thérapeutiques.

Rhinite allergique, à tous les maux leur homéo

Si l’homéopathie ne prétend nullement guérir, de façon définitive, la rhinite allergique, elle permet néanmoins d’en atténuer les symptômes et d’apporter un soulagement significatif à ceux qui en souffrent. Dénuée d’effets secondaires, elle s’avère en outre beaucoup plus douce que les traitements classiques qui peuvent parfois entraîner de la somnolence et d’autres effets indésirables. De plus, sachant que pour traiter certaines formes de rhinites allergiques la médecine classique préconise des traitements de désensibilisation visant à diminuer la réaction allergique en augmentant la tolérance de l’organisme face aux allergènes, certaines recherches indiquent qu’il est désormais possible d’obtenir des résultats similaires grâce à l’homéopathie.

1. Quand printemps rime avec tourments

Afin d’atténuer le gonflement de la muqueuse des fosses nasales et la sensation d’inconfort liée à l’écoulement, il conviendra de prendre 5 granules d’Apis mellifica 15 CH ainsi que 5 granules d’Allium cepa 9 CH ou d’Arsenicum album 9 CH trois fois par jour dès l’apparition des premiers éternuements et écoulements.

Si la congestion nasale et les écoulements s’accompagnent de démangeaisons au niveau du palais, il faudra alors prendre 5 granules de Sabadilla 15 CH trois fois par jour, dès le début de la crise. Si, éventuellement, le prurit est associé à d’autres démangeaisons au niveau des oreilles, il conviendra de prendre plutôt 5 granules d’Arundo donax 15 CH trois fois par jour et ce, dès l’apparition des premiers symptômes. S’il y a atteinte oculaire associée avec larmoiement et sensation de sable dans les yeux, il est conseillé de prendre 5 granules de Euphrasia 5 CH trois fois par jour.

En cas de rhinite allergique saisonnière, il sera possible de prendre 5 granules d’Histaminum 15 CH ou 5 granules de Poumon Histamine 15 CH deux fois par jour dès le début de la saison de la survenue de l’allergie. Dans certains cas, il est recommandé de prendre 5 granules de Pollens 30 CH par jour tant que durera la saison propice à la réaction allergique, sachant qu’il est néanmoins préférable, dans de telles circonstances, de consulter un médecin homéopathe qui saura établir le traitement et la posologie appropriés en fonction des symptômes.

2. De récidives moins tu auras

Etant extrêmement difficiles à guérir de manière définitive les rhinites allergiques saisonnières une fois qu’elles se sont manifestées, il est malgré tout possible, grâce à l’homéopathie, de diminuer significativement l’intensité des symptômes qu’elles provoquent ainsi que les récidives. Par conséquent, les médicaments de terrain ou préventifs qui conviennent alors sont le plus souvent le Lycopodium clavatum, le Natrum muriaticum, le Nux vomica, le Psorinum, la Pulsatilla, le Sulfur, le Sulfur iodatum ou le Tuberculinum. Mais il faut toujours garder en tête qu’un médecin spécialiste en homéopathie est mieux à même de prescrire le traitement adéquat en fonction des symptômes et de la fréquence d’apparition de la maladie.

Interview Dr Anis Bamri, Médecin homéopathe, Secrétaire général de la Société Tunisienne d’Homéopathie

1. Quels sont les domaines d’application de l’homéopathie ?

Les médicaments homéopathiques permettent d’apporter des solutions à plusieurs plaintes exprimées par le patient à toutes les étapes de la vie : coliques du nourrisson, poussées dentaires, bronchiolites, rhinopharyngite, allergies respiratoires et cutanées, gastro-entérites, colopathies fonctionnelles, constipation, lombosciatalgies, migraines, herpès, syndrome prémenstruel, troubles liés à la grossesse, préparation à l’accouchement, bouffées de chaleur de la ménopause, maladie d’Alzheimer, manifestations du stress, troubles du sommeil…

2. Peut-on associer les médicaments homéopathiques aux autres médicaments ?

L’association de l’homéopathie aux médicaments conventionnels n’est pas contre-indiquée. Elle est souhaitable, voire même recommandée, pour une meilleure prise en charge de certaines maladies. Je citerais, comme exemple, le cancer où l’homéopathie va venir compléter le traitement conventionnel, bien codifié, pour un meilleur confort du patient.

3. Quelles sont les spécificités de la prise en charge homéopathique de la rhinite allergique ?

L’homéopathie permet de soulager rapidement le patient, au moment de la poussée, à l’aide de médicaments qui agissent sur le phénomène allergique, comme Apis et Poumon histamine, ainsi que des médicaments symptomatiques dont le choix va dépendre de la prédominance des signes exprimés par le patient : éternuements, écoulement nasal, obstruction, démangeaisons, rougeur conjonctivale, larmoiement…

Pour espacer les crises et diminuer leur intensité le médecin homéopathe prescrira à son patient un traitement de fond en se basant sur les pathologies associées, les antécédents du patient, sa morphologie et son comportement.

Quand l’allergène responsable des crises est connu, le cas du pollen au printemps, un médicament homéopathique préparé à partir des dilutions du pollen permettra d’atténuer la sensibilité de la personne à l’allergène en question.

4. Doit-on cesser de prendre les médicaments conventionnels pendant un traitement homéopathique de la rhinite allergique ?

Cela peut être envisagé progressivement s’il y a amélioration des symptômes et diminution des récidives sous traitement homéopathique. Chez certains patients, dont la rhinite allergique s’associe à un asthme, la diminution des doses de corticoïdes et/ou de bronchodilatateurs ne se fera qu’après concertation avec le médecin spécialiste.