Sida le vrai du faux !

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Vrai-faux sur le Sida

Le sida atteint près de 37 millions de patients dans le monde, dont un peu moins que la moitié sont des femmes et environ 2,1 millions sont des enfants âgés de moins de 15 ans. La Tunisie compte plus de 2200 patients atteints du Sida.

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Environ la moitié des patients atteints du sida vivent dans le grand Tunis. Près de 122 cas de transmission ont été recensés dans notre pays en 2015. Même si les moyens de prise en charge et de prévention existent dans les milieux de soins et sont souvent connus, des idées reçues persistent.
Voici le vrai du faux sur le sida en 10 points.

Une personne séropositive peut ne tomber malade qu’après un certain temps

Vrai. Lorsqu’un patient porte le virus du sida, il peut ne pas tomber malade. En effet, le virus peut rester latent
et s’exprimer après un intervalle de temps. Le virus VIH peut altérer le système immunitaire du patient et le rendre immunodéprimé. La maladie se manifeste quand l’immunité du patient s’affaiblit. Un individu peut être porteur du rétrovirus et asymptomatique.

Une personne séropositive peut redevenir un jour séronégative

Faux. Malgré les grandes avancées scientifiques en matière de recherche sur le sida, une personne séropositive ne peut pas redevenir séronégative, les molécules actives actuelles ne tuent pas le virus. Actuellement, il existe de nombreux traitements qui permettent de ralentir la progression de la maladie mais ils ne permettent pas de guérir la maladie. Les antirétroviraux permettent d’empêcher le virus d’entrer dans la cellule en bloquant le récepteur du lymphocyte. Même si les médicaments sont nombreux et qu’ils sont plus efficients qu’il y a une vingtaine d’années, l’épidémie est toujours là et il est de plus nécessaire de s’en prémunir.

La transmission du virus de la mère à l’enfant peut être évitée

Vrai. En effet, il est possible que la transmission virale de la mère à l’enfant soit empêchée.
Il est possible dans de nombreux cas de femmes porteuses du virus du sida de donner une naissance à un enfant sain. En effet, un contrôle régulier de la grossesse et après l’accouchement et un traitement adapté contre le VIH moyenne un risque d’environ 1% pour la transmission mère-enfant du virus.

Les traitements anti-VIH ne sont pas efficients sans une observance thérapeutique

Vrai. Les traitements anti VIH ne sont efficients que s’il y a un respect à 95% des horaires de prise du traitement
sans aucune interruption médicamenteuse. Ce respect de l’observance thérapeutique constitue pour certains patients une contrainte, surtout pour ceux qui ont une vie sociale chargée. C’est une contrainte à laquelle le patient doit s’astreindre tout en menant une hygiène de vie adaptée à la prise médicamenteuse.

Les animaux domestiques sont des vecteurs du Sida ?

Faux. Toucher ou caresser un animal domestique comme un chat ou un chien ne peut en cas entraîner une contamination par le virus VIH.

Serrer la main d’une personne séropositive, est un geste à risque de transmission de la maladie ?

Faux. Le contact physique en dehors d’une relation sexuelle ou d’un contact par une plaie ou une transfusion sanguine ou un échange d’une seringue contaminée n’est pas dangereux.

Partager la nourriture avec une personne séropositive est dangereux

Faux. La nourriture ne transporte par l’entité virale. Il est donc naturel de partager et de cuisiner avec une personne séropositive sans aucun risque de transmission virale.

Les autotests de dépistage sont difficiles à réaliser chez soi

Faux. Bien au contraire, les autotests de dépistage sont simples d’utilisation.
Le résultat est obtenu au bout d’une quinzaine de minutes, c’est le temps nécessaire de déceler la présence ou l’absence d’anticorps du VIH.
Si le test est positif, deux choses à faire : faire confirmer le résultat de l’autotest par un test de dépistage en laboratoire et contacter immédiatement son médecin.

Le meilleur moyen d’échapper au sida est la prévention

Vrai. Quelque soit l’âge, la prévention demeure la meilleure protection contre une contamination par le virus de l’immunodéficience humaine. Les relations sexuelles doivent être protégées. En plus de la version masculine, le préservatif, il existe également un préservatif féminin. Il est doté d’un anneau souple à chaque extrémité et s’introduit dans le vagin pour en tapisser les parois.

Les traitements contre les maladies engendrent souvent des effets secondaires

Vrai. On observe fréquemment des effets non souhaités comme les diarrhées, les nausées, les neuropathies et les lipodystrophies. En outre, des effets psychiques comme les vertiges, les troubles d’humeur et une dépression
peuvent être détectés chez les patients. Ces effets indésirables doivent être signalés au médecin et pris en considération dans le suivi thérapeutique du patient.

Le sida en chiffres en Tunisie

– En Tunisie, 122 nouveaux cas ont été enregistrés en 2015 et 25 centres de conseil et de dépistage anonymes et
gratuits (CDAG) ont été mis en place par le ministère de la Santé, depuis 2009, répartis sur 20 gouvernorats.
– Depuis 1985 jusqu’au mois d’octobre 2010, le nombre de cas de personnes contaminés par le VIH cumulés est de
1610 et 52 nouveaux cas en 2010. Le nombre de décès par cette affection à VIH est moins de 700 cas depuis
l’apparition du premier cas dans notre pays en 1985.
– Plus de 2200 patients contaminés sont recensés dans le pays. Ces chiffres sont sous-estimés puisque de nombreux
patients ne sont pas diagnostiqués et ignorent leur statut.
– La transmission suite à une relation sexuelle non protégée est de 54%.
– La prise en charge des patients est gratuite dans les centres de soins après diagnostic de la maladie.
– En 2015, 8365 tests de dépistages ont été réalisés dans le pays menant à 48 cas de séropositivité.

En savoir plus : Interview du Dr Hayet Hamdouni, Coordinatrice du programme national de lutte contre le sida et IST