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Soins palliatifs et soins de support en cancérologie

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Soins palliatifs et soins de support en cancérologie

Apaiser la souffrance liée à la maladie et au traitement

Cette spécialité reste, malgré tous les efforts et les progrès enregistrés dans les grands pôles de cancérologie de notre pays, peu connue par le grand public.
C’est une discipline dont la définition même est souvent associée avec fin de vie, aussi bien pour l’entourage du patient que pour certains professionnels de la santé. La gestion de la fin de vie ou l’accompagnement ne constitue en réalité que la dernière phase, très courte, de la prise en charge en soins palliatifs. Elle concerne uniquement les patients en échec de tout traitement curateur ou de maintien et dont l’espérance de vie est de quelques heures à quelques jours.

Les soins palliatifs constituent quant à eux une approche globale du patient cancéreux qui, dès le diagnostic et durant toutes les phases de l’évolution de sa maladie, a besoin d’une prise en charge adaptée et continue pour apaiser sa souffrance physique et psychologique.

Ces soins, pratiqués par une équipe qualifiée (médecins algologues et spécialistes des soins palliatifs, psychologues, kinésithérapeutes, infirmiers spécialisés…), permettent au patient de faire face aux différents symptômes liés à sa maladie ainsi qu’aux effets secondaires du traitement curateur proposé (soins de support). Ces soins sont donnés au début de la maladie, en concertation avec les équipes d’oncologie, dans les institutions publiques ou privées spécialisées dans la prise en charge du patient cancéreux. Ils se poursuivent en cas d’échec du traitement curateur et peuvent selon l’état du patient et de ses besoins se poursuivre dans la même institution, dans un centre de soins palliatifs ou à domicile.
La collaboration avec l’oncologue référent du patient reste primordiale, surtout qu’on peut dans certaines situations poursuivre ou reprendre une chimiothérapie ou une radiothérapie à visée palliative. Au-delà des soins, cette démarche privilégie l’écoute, la communication et l’instauration d’un climat de vérité avec le patient et l’entourage. Elle vise à les préparer à un éventuel changement de priorité dans la prise en charge de la maladie cancéreuse, pour pouvoir surmonter le passage souvent brusque de la phase de traitement curateur à la phase de traitement purement symptomatique.

Une prise en charge globale

Le mot palliatif vient du latin ‘palliare’ qui signifie littéralement couvrir d’un manteau et par extension couvrir un mal qui ne trouve pas de véritable remède.
On comprend alors que les soins palliatifs étaient jadis opposés à soins curateurs. Aujourd’hui, il y a une prise en charge globale de la personne atteinte de cancer à tous les stades de la maladie. L’équipe de soins palliatifs et de support travaille main dans la main avec les oncologues pour qu’au-delà du traitement spécifique de la maladie soit mis en place, pour chaque patient, un projet de soins continus et actifs.
Ce projet vise à soulager non seulement la souffrance physique (douleurs, vomissements, troubles nutritionnels et hydriques…) mais aussi la souffrance psychologique du patient.

Où l’étudier

La formation aux soins palliatifs est assurée dans le cadre des études relatives aux soins généraux aux personnes âgées. Pour suivre cette formation, le candidat doit avoir un baccalauréat en Lettres, Mathématiques ou en Sciences expérimentales.
En Tunisie, cette formation est assurée dans les Ecoles supérieures des sciences et techniques de la santé, qui délivrent un diplôme de technicien supérieur de la santé (bac +3). Les détenteurs de ce diplôme peuvent exercer dans les hôpitaux ou les cliniques privées.

J’ai essayé

Âgé de 25 ans, mon frère est atteint d’un cancer dont le diagnostic a été porté en France. Après deux tentatives de chimiothérapie, son oncologue nous a conseillé de le ramener en Tunisie pour ‘finir ses jours’ avec sa famille. A son arrivée, il était dans un état lamentable, dénutri, pâle, démoralisé. Il s’est tout de suite réfugié dans sa chambre, allongé sur un matelas, refusant tout contact avec sa famille. Tordu par les douleurs, il refusait de se nourrir et même de prendre ses médicaments qui, selon lui, ne servaient à rien. Plusieurs infirmiers ont essayé de le perfuser sans succès. Nous avons enfin réussi à l’amener à la consultation d’un cancérologue qui l’a confié à une équipe de soins palliatifs. J’ai tout de suite remarqué leur savoir-faire. Ils ont mis en place une perfusion, une alimentation parentérale et un traitement antalgique. Ils ont réussi, jour après jour, à installer un climat de confiance et ont su répondre à ses questions avec des termes plus acceptables et plus tendres. Trois jours après, soulagé, serein, il a commencé par s’asseoir à nouveau avec sa famille, puis est sorti faire un petit tour avec ses cousins. Il a assisté, à sa demande, au mariage de sa soeur, qui devait d’abord être reporté. Il a appris à accepter l’inacceptable, sa propre mort qui approchait. Cela a fait du bien à toute la famille
Camilia F.