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Les squatteurs de vacances

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Les squatteurs de vacances

Cette année, vous avez décidé de louer une maison les pieds dans l’eau, dans un coin idyllique comme en recèle tant la Tunisie. Vous avez tout prévu pour que ces vacances soient un moment de pur bonheur. Ni trop près, ni trop loin de la maison, au cas où, vous pensez avoir eu l’idée du siècle. C’était sans compter sur les squatteurs de vacances, proches ou amis, qui eux, ont flairé la bonne affaire et qui ne voient aucune objection à venir s’incruster.

par Kmar Ghazeli

Neveux et nièces

Toute contente vous, vous avez annoncé fièrement à votre frère et votre soeur que vous avez loué un endroit de rêve pour les vacances. N’ayant pas les mêmes congés qu’eux, chacun se fera son programme, pensiez-vous innocemment.

Eh bien non ! Dès le premier week-end, à peine installée, vous avez un coup de fil : «  Coucou, on est au rond point devant la plage, t’es où exactement ? ». Et là, vous sentez le sol se dérober sous vos pieds, car vous savez pertinemment qu’ils vont débarquer avec les gosses et peut-être même avec les amis des gosses. Ni une, ni deux, ils débarquent.

Au début, il faut l’avouer tout se passe bien, c’est toujours agréable de profiter d’un week-end en famille mais quand arrive la fin du week-end, c’est la douche froide. En effet, votre frère et votre sœur vous prennent par les sentiments allant même jusqu’à vous faire culpabiliser en vous expliquant que malheureusement, ils sont obligés de partir car ils travaillent le lendemain à 8h00 et que leurs enfants vont rester enfermés dans l’appartement pendant que leurs cousins pourront s’en donner à cœur joie. Vous tentez de résister sachant très bien que vous allez le regretter dans la minute qui suivra le départ de leurs parents mais c’est plus fort que vous : « Vous n’avez qu’à laisser les enfants 3 ou 4 jours avec leurs cousins, ils ne me dérangent pas ».

Et bam ! Trop tard pour vous, parce ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Aussitôt dit, aussitôt fait ! A peine votre phrase terminée, les adultes ont sauté dans la voiture, vous collant vos cinq neveux et nièces sur le dos en disant « on s’appelle ».

A vous de gérer cette mini colonie de vacances qui a constamment faim, qui veut expérimenter les nuits blanches, sans compter la lessive. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, vous devez les surveiller constamment car ils sont sous votre responsabilité. Oui, les parents repasseront le week-end prochain, histoire de ramener du linge propre et de se détendre après une dure semaine de travail. Et vous,  une fois les vacances finies,reprendrez le chemin du boulot sur les rotules.

Pour éviter cela, La Rédaction vous conseille de bien faire attention lorsque vous choisissez votre lieu de villégiature.Veillez à ce que cela soit trop loin pour y venir le week-end ou dans un endroit isolé de toute civilisation, sans réseau (en général, ça calme les ardeurs) afin de vous reposer réellement.

Belle-mère et compagnie

Cette année, comme vous avez loué une grande maison, vous avez proposé à votre belle-mère ou votre vielle tante de se joindre à vous, histoire qu’elle arrête de se plaindre qu’elle ne verra pas ses petits-enfants de tout l’été ou qu’elle reste toujours seule pendant que tout le monde s’amuse. C’est tout à votre honneur ! Mais êtes-vous sûre de savoir à quoi vous vous exposez ?

Quoi qu’on dise, la sagesse grandissante, les habitudes sont des repères qui permettent de rester en phase avec la vie. A fortiori, si vous avez une belle-mère ou une tante qui a l’habitude de tout régenter, telle une reine douairière. A peine arrivée, Asna – nous l’appelleront ainsi -se plaint de la chaleur, de la longueur du trajet,fait le tour de la location tel un agent immobilier cherchant un mandat exclusif pour choisir immanquablement la plus grande chambre ou celle qui a vue sur mer. Puis, elle souhaitera s’installer tout de suite sans attendre que vous ayez fini de décharger la voiture. En bonne matriarche de la famille, elle ira inspecter la cuisine. Il faudra aller ensuite faire les courses car il n’est nullement question de manger des sandwichs ou des plats pris dehors. Et si vous osez braver l’interdit, gare à vous,si vous tombez malade, Asna vous le fera bien remarquer. Vous partez donc pour faire les courses car ce n’est pas parce que vous n’êtes pas à la maison que certaines choses doivent changer. D’ailleurs, Asna ne se sépare jamais de sa zazoua et de son couscoussier.

Et là, sous prétexte de manger sainement, vous vous retrouvez à passer quatre heures par jour dans la cuisine à assister Asna dans ses œuvres. Pendant ce temps, le reste de votre famille fait la grasse matinée, se prélasse à la plage et se demande et pour quelles raisons vous faites la tête. En parlant de plage, Asna peut accepter de suivre le reste de la famille quoique la chaleur la dérange entre autre chose. En effet, il faudra déjà arriver à lever le camp car pour Asna, il faut préparer le déjeuner, le goûter, le thé, l’encas de 15h00, de 16h00, etc. Donc, vous ne partirez pas avant 11h30 (en commençant les préparatifs la veille). Une fois tous arrivés à la plage, qui est à 50 mètres de votre lieu de résidence, vous ne pourrez pas planter votre parasol dans la ligne de mire de la maison. Non, Asna vous fera faire des dizaines de mètres, voire des centaines, pour trouver l’endroit parfait pour s’installer. Et pendant ce temps, qui est-ce qui se traîne la glacière, les mômes, le parasol, les serviettes et tutti quanti ? Ne cherchez pas, c’est Bibi. Une fois l’emplacement validé par Asna, le « gorbej » déballé et installé, Asna ne va apprécier les voisins, trouver l’eau trop froide ou trop chaude, le soleil mal orienté et n’arrêtera pas de se plaindre jusqu’à temps que vous lui proposiez de rentrer. De retour, elle dira devant tout le monde qu’elle serait bien restée plus longtemps. Allez comprendre. Pour que vos vacances ne tournent pas au pugilat, emmenez votre belle-mère et votre tante (si elles s’apprécient). Prenez une « assistante » pour les tâches ménagères. Faites-leur les courses et laissez-les faire à leur guise. Profitez de vos vacances et quand vous rentrerez de la plage, vous n’aurez plus qu’à vous mettre les pieds sous la table. Elles adoreront et cela évitera les prises de bec inutiles. De plus, nous savons très bien que les bons petits plats sont très souvent leur façon de faire plaisir.

Les copains « All inclusive »

S’il en a qui n’ont aucun scrupule à s’incruster, ce sont une certaine catégorie de copains que nous appelleront les « All inclusive ». En effet, ils savent que vous avez décroché un endroit de rêve pour les vacances, qui plus est, pas trop loin et n’hésiteront pas à débarquer le vendredi soir, la bouche en cœur, avec le fameux : « On était dans le coin… ». C’est ça, oui, super bien calculé surtout. Car s’il y a un concept qu’ils ont bien intégré, c’est le « All inclusive », poussé à son paroxysme. En effet, ils arrivent avec leur petit bagage pour le week-end et immédiatement se mettent dans l’ambiance. En mode vacances, grasse matinée, plage, sorties, toujours prêts à se mettre à table. Mais pour donner un petit coup de main, il faut oublier. Ils sont en vacances, donc, ils n’ont pas l’intention de lever le petit doigt. Toujours à donner des conseils ou des idées de sortie, ils auront un succès fou auprès des autres membres de la famille. Et si vous osez faire une petite remarque, entre deux portes, on vous taxera de « jamais contente », pour rester poli. Mais c’est vrai, qu’avec leur bonne humeur, leurs histoires et leur esprit « no soucy », on les adore. Mais attention, les « all inclusive », on pourrait vous faire le même coup quand vous serez en vacances.

On n’oublie pas les voisins

Si vous louez un appartement, les règles de vie en communauté sont les mêmes que dans toutes les résidences. On se doit de respecter les autres locataires et si on a un peu débordé en faisant trop de bruit ou en secouant sa serviette de sable sur le linge du voisin, on s’excuse.Cependant, méfiez-vous, certaines personnes pourront en profiter pour empiéter sur votre territoire et s’incruster dans vos vacances. Attention au squatteur de trop !