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Le vitiligo, on en parle

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Le vitiligo, on en parle

Le vitiligo est une maladie dermique qui entraîne des anomalies de pigmentation et qui survient à n’importe quel âge.

par Ema Farès

Des marques blanchâtres diffuses de différentes formes et tailles, selon les cas, apparaissent à la surface de la peau. Cette affection de la peau touche environ 0.5% à 1% de la population générale. Qui est concerné ? Peut-on en guérir ?

Réponses avec notre spécialiste le Dr Kamel Bouslama, Professeur de médecine interne Hôpital Mongi Slim – La Marsa.

Quels sont les signes du vitiligo ?

Le vitiligo est une achromie ou une leucodermie qui se traduit par des manifestations dépigmentantes au niveau de la peau, soit des taches blanches, soit d’autres signes en rapport avec les troubles de la pigmentation cutanée. Il peut s’étaler progressivement sous un certain angle, être localisé ou bien régresser d’une manière spontanée. L’évolution du vitiligo est souvent imprévisible. Celle-ci est variable selon les patients, on distingue tous les stades intermédiaires, entre des formes localisées qui sont peu gênantes et des formes généralisées où l’ensemble de la peau est décoloré. C’est une dermatose qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Quelles sont les différentes formes du vitiligo et quels facteurs de risques pour cette anomalie auto-immune ?

Il existe deux formes principales. On distingue la forme « généralisée » qui se caractérise par des plaques plus ou moins symétriques par rapport à l’axe médian du corps, du visage, des membres supérieurs et inférieurs et des zones de frictions. C’est la forme qui existe dans la plupart des atteintes.
Il y a aussi la forme « localisée » ou segmentaire, qui est peu courante. On la trouve chez l’enfant, surtout au niveau du visage, avec une évolution rapide. Le vitiligo peut être primitif ou associé à d’autres affections auto-immunes comme la maladie de Biermer, la maladie d’Addisson, la pemphigoïde bulleuse ou la cirrhose biliaire primitive, c’est-à-dire la traduction d’une maladie auto-immune sous-jacente comme le lupus érythémateux, la polyarthrite rhumatoïde ou la thyroïdite d’Hashimoto.
Le vitiligo se déclenche souvent pendant la période estivale sur des zones exposées à la lumière, après un coup de soleil, un traumatisme ou un stress intense.

Quelle est la modalité de la prise en charge du vitiligo?

Dans l’état actuel de nos connaissances, il n’y a pas un traitement qui a fait réellement preuve d’efficacité.
En revanche, on peut utiliser une multitude de moyens thérapeutiques pour traiter le vitiligo traduisant une certaine efficience. Parfois, un seul traitement donne des résultats et donc on n’a pas besoin d’y associer d’autres médicaments. Le traitement peut renfermer une puvathérapie associée ou non à une prise de psoralènes (substance végétale), une supplémentation vitaminique (vitamines B et D), une corticothérapie, des greffes de peau, une pommade dermique à base de tacrolimus ou protaglandines E2. Les traitements actuels sont basés sur une repigmentation ou une dépigmentation de la peau. Par ailleurs, de petits moyens et une protection solaire sont conseillés.

Quelle est la prévention de la maladie du vitiligo ?

Malheureusement, il n’y a pas de prévention ni primaire, ni secondaire pour le vitiligo. Par ailleurs, on peut préconiser une forme de prévention pour éviter une extension de son vitiligo (protection solaire à large spectre, port de vêtements aérés, évitement des émotions intenses). Cependant, il est à noter que même si un patient est sous traitement pour une pathologie associée au vitiligo, il ne sera pas forcément à l’abri d’une évolution de sa dermatose.