poule antibiotique

Les résidus d’antibiotiques de l’élevage animal à nos assiettes

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Nous détectons à travers un article intitulé « antibiotiques : la résistance des bactéries » que les antibiotiques possèdent une propriété étonnante qui accélère la croissance. Ces antibiotiques sont utilisés massivement dans l’élevage.

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Mais il est primordial de prendre conscience de la gravité que peuvent avoir les résidus de ces antibiotiques sur la santé, ceux qui pourront être retrouvés à travers la viande et le lait de différentes espèces animales.

Usage des antibiotiques en élevage:

Ces antibiotiques ont trois usages : curatif, préventif et additif. Ils servent tout d’abord à soigner les animaux malades. Ainsi, une vache souffrant d’une mammite infection du pis doit être traitée avec un antibiotique, prescrit par un vétérinaire.
D’autre part, les antibiotiques sont utilisés de façon préventive. En effet, lorsque dans un élevage quelques individus meurent d’une infection bactérienne contagieuse, le vétérinaire traite tous les autres animaux aux antibiotiques.
Enfin, et c’est là le nœud du problème, des antibiotiques sont ajoutés en doses très faibles aux aliments des animaux sains. Ce sont des additifs alimentaires utilisés comme facteurs de croissance.
Seuls les élevages répondant aux critères de l’agriculture biologique et les productions sous label n’utilisent pas d’additifs. Ces additifs sont des produits étonnants : les animaux qui en reçoivent ont besoin de manger moins pour produire autant : l’indice de consommation s’améliore de 3 à 12 %. Cette économie d’aliment représente à peu près le revenu de l’éleveur.
Cependant les bactéries des animaux, comme celles des hommes, apprennent à résister aux antibiotiques. Du coup, dans toute la communauté européenne, il a été décidé d’interdire aux élevages les antibiotiques utilisés chez l’homme.

Risque d’infection chez l’homme :

Des bactéries présentes dans la viande ou les œufs peuvent survivre à la cuisson surtout si celle-ci est incomplète, et parvenir jusqu’à notre tube digestif. Elles y survivront éventuellement quelque temps, voire s’y développeront c’est l’origine des infections alimentaires, comme les gastro-entérites par exemple.

Le passage des résidus d’antibiotiques à nos assiettes !?

D’après Patrick Trieu-Cuot, même si le phénomène est rare, il existe un risque non négligeable à l’échelle de la population. Une fois en contact avec les autres bactéries du tube digestif, elles peuvent leur transmettre le gène de résistance.
Un autre facteur d’apparition de résistance chez l’homme est lié aux antibiotiques eux-mêmes, et non plus aux bactéries. Ils peuvent en effet laisser des résidus dans la viande ou le lait : une petite partie du produit donné à l’animal passe alors dans l’assiette du consommateur. Les résidus, s’ils conservaient au moins une partie de leur activité, pourraient exercer une pression de sélection et favoriser l’émergence de résistances.
Habituellement, la quantité de résidus dans la viande est quasi nulle, car l’additif est en dose très faible dans l’aliment des animaux, et il est très peu absorbé. Toutefois, lors d’un traitement vétérinaire, la dose thérapeutique est plus élevée et l’antibiotique est davantage absorbé. Il existe donc dans ce cas un délai d’attente légal avant abattage. Si celui-ci n’est pas respecté, il reste des résidus dans la viande.
D’après la Direction générale de l’alimentation, c’est un événement rare : moins d’un prélèvement « positif » sur deux cents, mais à l’échelle du cheptel national, ce n’est pas négligeable.
Pour le lait, les coopératives surveillent de très près les résidus d’antibiotiques ou « inhibiteurs ». En effet, la présence de résidus dans le lait d’une seule vache traitée pour mammite peut faire rater la fabrication de fromage ou de yogourt de toute une journée. Ces résidus antibiotiques, même rares, pourraient-ils favoriser les bactéries résistantes dans notre intestin ? Ce risque est évalué, pour chaque antibiotique, avant son autorisation et conduit à fixer des « limites maximales résiduelles ».
Dans ce contexte, une résolution a été prise le 15 mai 1998, le Parlement européen estime aussi qu’il faut « limiter l’utilisation des antibiotiques à des fins purement thérapeutiques ».