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La schizophrénie : des idées reçues erronées

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Par abus de langage ou par ignorance de cause, on désigne les gens ayant une double face, une double personnalité ou des attitudes contradictoires par le terme « schizophrènes ». Une image n’ayant aucun lien avec la réalité, mais qui plait à certains scénaristes qui s’en servent souvent pour avoir des histoires attirantes. Le résultat étant des idées erronées concernant la schizophrénie gravées dans l’esprit de tout un chacun…

1. Si on l’ignore elle doit être rare ?

Pas du tout ! La schizophrénie touche environ 1 % de la population mondiale. Cependant, dans notre société, il est difficile d’accepter que des gens aillent mal. On cherche ainsi à trouver des noms et des explications à leurs souffrances sans savoir qu’on participe à leur mal de cette manière.
Nous croisons chaque jour sans le savoir des gens dont la structure psychique est schizophrénique, mais qui, n’ayant jamais été confrontés à des situations traumatisantes, n’ont jamais déclenché la maladie.
En effet même si la cause exacte de la maladie n’est pas identifiée, la prédisposition génétique est confirmée. Chez les patients schizophrènes, les facteurs génétiques modifient la structure du cerveau. Des anomalies dans les substances blanches et grises de l’encéphale, qui en résultent, répercutent notamment sur l’anatomie du cerveau et sur l’influx nerveux.

2. Un trouble qui concerne que les adultes ?

La schizophrénie est une psychose chronique qui débute généralement entre 15 et 25 ans, le plus souvent autour de 18 ans. Parce que c’est normalement à l’ l’adolescence qu’un processus neurobiologique se met en place pour permettre au cerveau d’acquérir la structure et l’organisation cérébrale d’un cerveau adulte. Ce processus serait sur-actif dans le cerveau des personnes schizophrènes.
Mal identifiée au début par l’entourage en raison de la ressemblance entre certains symptômes de la schizophrénie et ceux d’une crise d’adolescence tel le repli sur soi, les difficultés de communication et les troubles de l’humeur, certains symptômes sont fidèles à la schizo.

3. Une double personnalité ?

Le syndrome dissociatif est le point commun des psychoses schizophréniques. Le patient a l’impression de ne plus connaître les limites de son corps, et de ne plus discerner ses sentiments. Ainsi, le schizophrène ne parvient pas à organiser ses idées ou ses comportements. Des propos divagants, parfois même incohérents, des comportements bizarres, et un esprit pouvant rester longtemps fixé sur une idée, sont les principaux symptômes. Aux quels s’ajoute l’ambivalence, un sentiment oscillant entre deux pôles opposés, tantôt l’amour tantôt la haine, se traduisant par des mouvements affectifs paradoxaux.

Si le schizophrène est obligatoirement délirant et adhérant totalement à son délire, ce dernier peut s’élaborer autour de différents thèmes (persécution, mégalomanie, mysticisme, etc.) sans qu’il y ait forcément de lien entre les diverses idées délirantes. Les hallucinations surtout auditives en est le principal moyen. Par ailleurs, elles peuvent concerner tous les sens, visuelles, olfactives ou encore cénesthésiques.

Les symptômes négatifs reflètent le déclin des fonctions normales et se traduisent par une altération des fonctions cognitives complexes d’intégration. On parle de troubles mnésiques, d’indifférence, d’altération de la vie en relation, d’abrasement des affects et de la motivation…

4. Des fous qui menacent les autres ?

D’une part, il faut admettre que la personne schizophrène est généralement victime de la société. Bien que la prédisposition génétique y soit, c’est souvent à l’occasion d’un choc psychoaffectif énorme que la maladie devient patente. Aussi, contrairement aux idées reçues, ces personnes sont nettement plus dangereuses pour elles-mêmes que pour les autres.
D’une autre part on doit comprendre que les schizophrènes ne sont pas fous, ils sont malades. Ils parviennent à détecter le refus de la société et le regard de mépris des autres. Le plus souvent, ils peuvent apprendre à connaître leur maladie, même s’ils ne peuvent la contrôler totalement.

5. Une pathologie guérissable ?

Il est impossible de prévenir la schizophrénie puisque sa cause demeure inconnue. En outre, cette maladie ne se guérit pas, mais l’emploi de médicaments antipsychotiques, la psychothérapie, la réadaptation et l’appui familial et des amis permettent de traiter les symptômes. D’ailleurs, 25 % des personnes diagnostiquées schizophrènes finissent par se stabiliser.
Les antipsychotiques permettent de maîtriser les délires et les hallucinations, ainsi que la pensée désorganisée. La psychothérapie associée apprend à s’adapter au stress de la vie quotidienne, puisque le stress peut aggraver les symptômes ou provoquer une rechute.